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Economie Société

De l’aiguille à l’entreprise : le Centre de Bir El Kassaa au cœur de la révolution textile tunisienne

  • 20 avril 2026
  • 5 min de lecture
De l’aiguille à l’entreprise : le Centre de Bir El Kassaa au cœur de la révolution textile tunisienne

Reçue sur les ondes de la Radio Nationale tunisienne le 20 avril 2026, Ines Mhadhbi, représentante du centre sectoriel de formation en habillement et textile de Bir El Kassaa (gouvernorat de Ben Arous), a dressé un tableau complet de l’offre de son établissement. Filières diversifiées, alternance, entrepreneuriat, upcycling : le centre s’impose comme un acteur structurant du secteur.

Ines Mhadhbi a rappelé que le Grand Tunis compte quatre centres sectoriels spécialisés dans l’habillement : Bir El Kassaa à Ben Arous, Soukra à l’Ariana, Ras Tabia à Tunis, et un quatrième à Monastir. Chacun possède ses propres caractéristiques, tout en partageant la même spécialité. La représentante du centre a souligné l’importance stratégique de ce secteur, qualifié de « porteur », en raison de sa forte capacité d’absorption de main-d’œuvre à tous les niveaux de qualification.

Sept spécialités, des portes d’entrée dès la neuvième année

L’intervenante a précisé que le centre propose sept spécialités. Dans l’habillement, les formations s’échelonnent de la neuvième année de l’enseignement de base jusqu’au niveau baccalauréat. Le Certificat de compétences professionnelles en confection de vêtements, accessible dès la neuvième année, s’étale sur un an et demi. Vient ensuite le Brevet de technicien en techniques et confection de vêtements, couvrant le stylisme et le modélisme, d’une durée de deux ans. Le parcours peut se poursuivre jusqu’au Brevet de technicien supérieur en innovation en confection de vêtements, accessible aux titulaires du baccalauréat ou aux candidats ayant réussi le concours de la formation professionnelle supérieure.

Le centre propose également des filières techniques ouvertes aux jeunes femmes comme aux jeunes hommes, à savoir l’électricité mécanique, l’électricité du bâtiment, et l’installation-réparation en climatisation, assortie d’un Brevet de technicien supérieur en réfrigération commerciale et climatisation. Ines Mhadhbi a précisé que ces deux dernières filières ne sont pas toutes dispensées directement à Bir El Kassaa, mais que les candidats peuvent participer aux concours correspondants organisés dans d’autres établissements.

La représentante du centre a mis en avant la valeur ajoutée du modèle pédagogique en alternance, qui partage le temps du stagiaire entre l’établissement et l’entreprise. Cette immersion précoce permet de découvrir les réalités du monde du travail, son cadre, ses règles et ses exigences, bien avant l’obtention du diplôme, constituant ainsi un gain de temps significatif par rapport à d’autres parcours. L’intervenante a qualifié cette expérience d’opportunité réelle et précieuse pour les jeunes en formation professionnelle.

L’entrepreneuriat, une vocation cultivée dès l’inscription

L’intervenante a relevé que de nombreuses stagiaires arrivent animées d’une passion pour la mode, la couture et le design, parfois déjà influencées par les réseaux sociaux, et expriment dès leur inscription le souhait de créer leur propre entreprise. Le centre accueille également des diplômés de l’enseignement supérieur souhaitant se reconvertir ou consolider leur parcours par une expérience pratique.

Dans ce cadre, un programme d’entrepreneuriat piloté par le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi est actuellement en cours. Une plateforme numérique a permis à de nombreux jeunes de soumettre leurs idées de projets, et les candidats sélectionnés suivent un cycle de dix jours couvrant l’ensemble des aspects de la création d’entreprise, de l’étude de projet au financement en passant par l’implantation. À Bir El Kassaa, 25 participants sont engagés dans ce dispositif. Chaque établissement présentera trois projets retenus en vue de sélections régionale puis nationale, au terme desquelles vingt projets lauréats seront récompensés et accompagnés.

La représentante du centre a illustré ces ambitions entrepreneuriales en évoquant des stagiaires qui, au fil de leur parcours, ont créé leur propre marque, ouvert des comptes professionnels sur les réseaux sociaux et réussi à commercialiser leurs créations grâce au marketing digital.

Les quatre centres sectoriels de l’habillement participent également à une compétition d’upcycling, soit le réemploi créatif de vêtements usagés, phénomène mondial qui permet de valoriser des matières premières parfois de grande qualité tout en réduisant les déchets. Chaque établissement sélectionne ses stagiaires, leur soumet un défi créatif et doit présenter trente modèles issus de cette démarche.

Une ambition : hisser le savoir-faire tunisien sur la scène internationale

Ines Mhadhbi a conclu en formulant une ambition partagée avec l’ensemble des centres du secteur : voir la production locale en habillement et en textile s’imposer, y compris sur le marché international. Elle a rappelé que la Tunisie dispose déjà d’unités de production exportatrices performantes et que la couture est ancrée dans la culture tunisienne, tout en soulignant la nécessité d’en développer la consommation locale.

La représentante du centre a informé les auditeurs de l’ouverture d’une session débutant le lundi 27 avril pour se terminer le 27 juin, avant une reprise en septembre. À Bir El Kassaa, les spécialités concernées sont l’électricité mécanique et l’électricité du bâtiment. Elle a insisté sur l’intérêt de cette session pour les jeunes ayant manqué celles de septembre et de février : y accéder permet de gagner plusieurs mois par rapport à une attente jusqu’à la prochaine rentrée.

Auteur

S. M.

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