Les solutions à Carthage
FINALEMENT, le Parlement a reçu un exemplaire du projet d’amendement du décret-loi portant organisation des associations en date du 28 septembre 2011. Et une journée d’étude a été organisée au siège de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) afin d’examiner les rajouts proposés par les concepteurs de l’initiative et y déceler d’éventuels manquements, avant que le texte proposé ne soit adopté par la commission parlementaire concernée et ne passe devant la séance plénière pour adoption, avant aussi qu’il ne soit promulgué au Journal officiel de la République tunisienne (Jort) par le Chef de l’Etat.
Et ceux qui ont accédé au contenu des amendements soumis aux députés ont découvert la complexité des articles à rajouter, les détails à l’infini, comme s’il s’agissait d’une thèse de doctorat en sciences physiques ou nucléaires, et de prendre connaissance de l’impossibilité pour le citoyen lambda de comprendre comment la Banque centrale de Tunisie (BCT) pourrait dire que l’argent étranger reçu par une association quelconque est d’origine douteuse.
Plus encore, les juristes les plus chevronnés auront toutes les difficultés du monde pour arriver à demander et à obtenir l’abolition ou au moins le gel des activités d’une association parmi les milliers qui essaiment à travers l’ensemble du pays à un rythme plus que soutenu et dont les patrons, qu’ils soient tunisiens ou étrangers, refusent de publier la moindre petite phrase sur les bénéficiaires des sommes d’argent qu’ils perçoivent et aussi la nature des projets qu’ils prétendent gérer.
Et quand on sait l’attachement du Président Kaïs Saïed à ce qu’un dollar ou un euro sales n’atterrissent en Tunisie et qu’aucune organisation, quelle que soit sa vocation, n’a le droit d’accepter des financements d’origine inconnue, donc louche, on est en droit de dire que la justice a beaucoup de travail à faire pour remettre les pendules à l’heure de la transparence et de la clarté.
Les députés porteurs du projet d’amendement gagneraient à approfondir leur maîtrise des dossiers et à présenter des initiatives législatives rédigées avec clarté et rigueur. Une telle démarche permettrait d’éviter les pertes de temps et d’énergie, et de répondre aux attentes d’un peuple convaincu que les solutions à ses crises doivent s’inscrire dans la vision stratégique définie par le Président de la République, au service du décollage civilisationnel du pays.



