Archives nationales : 3,6 millions de documents ont été numérisés
Le patrimoine documentaire tunisien entame sa mue numérique. Intervenant ce mercredi 22 avril 2026 sur les ondes de la Radio Nationale, Hedi Jellab, Directeur général des Archives Nationales, a dressé un bilan d’envergure : sur un fonds colossal de 5,2 millions de boîtes d’archives, près de 3,6 millions de documents ont déjà été numérisés. Pour le responsable, la numérisation n’est plus une option mais une nécessité stratégique pour garantir à la fois la protection des originaux et la fluidité de leur exploitation.
Une plongée dans l’histoire et le sauvetage de l’image
Le travail de mémoire progresse à grands pas. Hedi Jellab a révélé que l’institution a réussi à numériser un demi-million de boîtes d’archives, incluant environ 400 000 documents et dossiers datant de l’époque beylicale, avant l’occupation française.
L’un des chantiers majeurs concerne désormais l’audiovisuel. Un recensement national a mis en lumière un gisement impressionnant de plus de 2,3 millions de documents audiovisuels, 2 millions de photographies et 43 000 enregistrements sonores. Face au constat alarmant de la dégradation de nombreux films parmi les 286 000 recensés, les Archives Nationales préparent activement le lancement d’un laboratoire de pointe dédié à la restauration et à la numérisation cinématographique.
Des trésors du XVIe siècle sous haute surveillance
Véritable gardienne du temps, l’institution continue de recevoir quotidiennement les flux documentaires des organismes publics. Les collections abritent des pièces rares remontant jusqu’au XVIe siècle. Le rythme s’intensifie : si l’année 2024 a vu le transfert de 9 000 boîtes d’archives, ce sont au total plus de 231 000 boîtes qui ont été intégrées entre 2000 et 2024.
Rigueur légale et devoir de conservation
Hedi Jellab a profité de cette tribune pour rappeler les obligations strictes des administrations. L’institution ne se contente pas de stocker ; elle accompagne les établissements publics par des conseils techniques et des inspections régulières.
Le message est clair : la loi protège le document administratif. Tout agent ou responsable reconnu coupable de destruction délibérée ou de mauvaise gestion des archives s’expose à des sanctions pénales fermes. Pour veiller au grain, les Archives Nationales déploient des programmes d’inspection au sein des ministères et des services publics, assortis de recommandations contraignantes pour assurer l’intégrité de la mémoire de l’État.



