gradient blue
gradient blue
Société

Tunisie : plus d’un million de non-scolarisés, l’État accélère les “écoles de la deuxième chance”

Avatar photo
  • 24 avril 2026
  • 6 min de lecture
Tunisie : plus d’un million de non-scolarisés, l’État accélère les “écoles de la deuxième chance”

Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle oeuvre pour généraliser les écoles de la « deuxième chance » et de la « nouvelle chance » afin d’accompagner les jeunes en décrochage scolaire et de leur offrir davantage d’opportunités d’emploi, a indiqué le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoud, lors d’une séance plénière ce vendredi au Conseil national des régions et des districts .

Chaoud a annoncé, à cette occasion, l’ouverture de trois nouvelles écoles de la « deuxième chance » relevant du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle à Sidi Fathallah (Tunis), Siliana et Tozeur.

Il a rappelé que les dernières statistiques de l’Institut national de la statistique (INS) ont révélé que plus d’un million de Tunisiens se trouvent en situation de « non-scolarisation », ce qui a incité le ministère à s’orienter vers la valorisation et la généralisation du programme de la deuxième chance, supervisé par le ministère de l’Emploi en collaboration avec les ministères des Affaires sociales et de l’Éducation et qui cible les jeunes en décrochage scolaire âgés de 14 à 18 ans afin de leur offrir une seconde chance de reprendre leurs études dans des établissements scolaires, de s’orienter vers la formation professionnelle ou de les préparer à intégrer le marché du travail grâce à divers programmes actifs pour l’emploi et à des mécanismes d’initiative privée.

Quant à l’école « Nouvelle Chance », qui cible les jeunes de la tranche d’âge 18-30 ans implantée dans les gouvernorats de Kairouan et de Sousse, le ministre a indiqué que le département aspire actuellement à offrir des bourses aux bénéficiaires ainsi que des contrats de travail, tout en assurant un accompagnement psychologique et une formation professionnelle. Le programme cible actuellement 1 000 jeunes, et le ministère devrait conclure un accord avec un bailleur de fonds étranger afin d’étudier la possibilité de l’étendre.

Chaoud a indiqué que le taux actuel d’insertion des diplômés de la formation professionnelle s’éleve à 70 %, soulignant que le secteur de la formation professionnelle est devenu un pilier essentiel nécessitant une adaptation constante aux besoins du marché du travail et aux évolutions technologiques.

Il a également souligné l’importance d’investir dans la formation à distance, en mettant en place des programmes et des plateformes spécialement conçus au profit des personnes souhaitant suivre une formation professionnelle, et en proposant des spécialisations variées adaptées aux besoins du marché du travail, sans oublier la numérisation des agences pour l’emploi afin de permettre aux demandeurs d’emploi d’accéder à leurs services.

En ce qui concerne l’infrastructure des centres de formation, le ministre a affirmé que le département a investi dans la modernisation et le renforcement de ces centres en équipements, précisant que des projets de rénovation de certains centres ont été programmés mais n’avaient pas abouti en raison de l’absence de définition des spécialisations et de l’absence d’étude de faisabilité et de rentabilité pour la région, ainsi que de l’intégration économique et sociale.

Chaoud a précisé que la vision actuelle de l’État repose essentiellement sur l’élaboration d’une carte régionale des centres de formation professionnelle, qui ont toujours été concentrés dans la capitale et les zones côtières, dans le but de renforcer la proximité et d’attirer les investissements, estimant que des ressources humaines compétentes constituent l’élément le plus important pour attirer les projets d’investissement.

Le ministre a affirmé que le ministère s’emploie à généraliser les centres de formation pour les jeunes filles rurales situés dans les régions de l’intérieur, en les concentrant dans un premier temps à Balta Bouaouane, Bousalem à Jendouba, Sers au Kef et Meknassi dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, et à ne pas se limiter à la formation mais à inclure également l’accompagnement et le financement pour la création de projets privés.

Il a indiqué que le ministère se penche actuellement sur l’élaboration d’accords de coopération et d’emploi avec des agences étrangères, à l’instar de l’agence italienne pour l’emploi, pour le recrutement des Tunisiens avec des contrats de travail à durée indéterminée dans différents domaines de compétence.

Il a annoncé que le ministère signera, le 29 avril 2026, un accord avec la Libye visant à créer des opportunités d’emploi et à tirer parti de l’expertise tunisienne, ainsi qu’à ouvrir des perspectives de migration régulière grâce à de nouveaux accords de coopération avec d’autres pays tels que l’Arabie saoudite et l’Autriche.

Évoquant le développement du système d’emploi en Tunisie, il a souligné que le Code tunisienes métiers et des compétences, récemment mis à jour, constitue une référence et un outil stratégique important pour actualiser et adapter les programmes d’enseignement supérieur ou de formation professionnelle aux besoins du marché du travail et améliorer l’employabilité des chômeurs.

L’importance de ce code réside dans le réseautage des établissements d’enseignement supérieur, des organismes de formation professionnelle, des entreprises et de tous les acteurs liés au marché du travail, afin de fournir une référence unifiée facilitant l’accès à un emploi répondant aux exigences des entreprises, ce qui garantit la pérennité des contrats de travail, selon Chaoud.

Il a souligné que la création de centres de formation professionnelle et d’agences pour l’emploi s’inscrit dans une approche rigoureuse fondée sur des études de faisabilité et les besoins du marché du travail, annonçant une nouvelle orientation dans le cadre du Plan régional de développement de l’emploi 2026-2030 qui confère aux conseils locaux et régionaux un rôle actif dans la proposition de projets de développement.

Il a précisé que le ministère encourage l’investissement privé et la création d’entreprises, ce que illustre l’orientation de l’État à travers la mise à disposition de lignes de financement sans intérêt pour soutenir l’inclusion financière et économique.

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page