Fourrière en Tunisie : vers la fin du remorquage des véhicules ?
La remise en question du système de mise en fourrière des véhicules gagne du terrain en Tunisie. Le député au Conseil national des régions et des districts, Marouane Zayen, a proposé de remplacer le remorquage des voitures en infraction par un dispositif modernisé basé sur des contraventions numériques, jugé plus adapté aux évolutions technologiques et moins préjudiciable pour les automobilistes.
S’exprimant récemment sur les ondes d’une radio privée, le parlementaire a estimé que le système actuel n’est plus en phase avec les caractéristiques des véhicules modernes, notamment ceux équipés de transmissions automatiques. Il a averti que les opérations de remorquage peuvent engendrer des dommages mécaniques importants, dont les réparations peuvent coûter plusieurs dizaines de milliers de dinars, un fardeau financier lourd pour les citoyens dans un contexte de hausse des prix des véhicules et de recours accru au crédit.
Une alternative numérique pour limiter les abus
Face à ces constats, Marouane Zayen a indiqué avoir soumis une proposition au ministère de l’Intérieur visant à instaurer un système de contraventions matérialisées par des vignettes apposées sur les véhicules en infraction. Ce dispositif intégrerait des informations détaillées, telles que le numéro d’immatriculation, la date et le lieu de l’infraction, accompagnées de preuves photographiques collectées via des outils numériques.
Les données seraient centralisées dans une base informatique, permettant aux contrevenants de consulter et de régler leurs amendes en ligne. Un délai de 24 heures serait accordé pour régulariser la situation, avant transmission du dossier aux services du ministère des Finances et l’éventuel déclenchement de poursuites.
Selon le député, cette approche permettrait d’assurer une application plus efficace de la loi tout en réduisant les tensions entre citoyens et autorités, souvent exacerbées par la diffusion de vidéos montrant des abus ou des dégâts lors des opérations d’enlèvement.
Réorganiser le secteur et améliorer l’offre de stationnement
Au-delà de la réforme du système de sanction, le député plaide pour une refonte globale de la gestion du stationnement. Il propose notamment la création d’un fonds spécial dédié au stationnement, ainsi qu’un engagement accru des municipalités dans le développement d’infrastructures adaptées, à travers la création de parkings et la valorisation des espaces existants en parkings payants.
Par ailleurs, il appelle à une révision du cahier des charges des sociétés de remorquage, en réorientant leurs missions vers la constatation des infractions et la gestion des contraventions, avec un système de rémunération basé sur un pourcentage des amendes recouvrées.
Cette proposition, selon lui, permettrait de concilier modernisation des pratiques, protection des citoyens et maintien de l’activité économique du secteur, dans un contexte où la gestion du stationnement constitue un défi croissant dans les zones urbaines.



