Sfax : la SONEDE réussit son pari et divise par deux le gaspillage d’eau

La Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) vient de franchir une étape décisive dans la gestion du stress hydrique en Tunisie. En collaboration avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), le projet de réduction des pertes d’eau dans le Grand Sfax affiche des résultats qui dépassent les espérances les plus optimistes, marquant un tournant dans la stratégie nationale de préservation des ressources.
Alors que la Tunisie fait face à une sécheresse persistante, les chiffres présentés lors de la conférence de clôture du projet sonnent comme une victoire technique majeure. En l’espace d’un an, les équipes engagées sur le terrain ont réussi à inspecter plus de 180 kilomètres de conduites, pulvérisant l’objectif initial qui tablait sur une centaine de kilomètres pour l’année 2025. Cette accélération du calendrier témoigne de la mobilisation sans précédent des ingénieurs et techniciens autour de l’urgence climatique.
L’impact le plus spectaculaire se mesure au cœur même de la zone pilote de Sfax ville. Dans ce périmètre urbain, le taux de perte d’eau potable a été quasiment divisé par deux, chutant de 50 % à seulement 26 %. Cette réussite ne doit rien au hasard : elle résulte d’une montée en compétence fulgurante des brigades de la SONEDE, désormais rompues aux dernières techniques de détection acoustique et de gestion de pression. En optimisant ainsi le rendement du réseau, la société transforme chaque intervention technique en une économie vitale pour la région.
Ce succès s’inscrit dans un partenariat bilatéral de haut niveau, comme l’ont souligné l’ambassadeur du Japon, Saito Mitsuhiro, et le PDG de la SONEDE, Abdelhamid Mongi. L’ambition est désormais d’atteindre un taux de perte inférieur à 20 %, en s’inspirant du modèle de Fukuoka, véritable référence mondiale où le gaspillage d’eau a été réduit à moins de 5 %. Cette quête d’excellence japonaise devient le nouveau standard que la Tunisie souhaite importer pour moderniser ses infrastructures.
L’enjeu est d’autant plus crucial que Sfax dépend désormais largement de sa station de dessalement d’eau de mer, entrée en exploitation en octobre 2024. Puisque la production d’eau non conventionnelle représente un investissement coûteux et stratégique, éviter les fuites devient une nécessité économique absolue. Pour les autorités présentes, il s’agit de valoriser chaque goutte produite afin de garantir la pérennité de l’approvisionnement.
Au-delà des prouesses techniques, les intervenants ont rappelé que la protection de l’eau demeure une responsabilité collective. La réussite du projet sfaxien devrait maintenant servir de laboratoire pour le reste du pays. L’objectif à terme est clair : généraliser ces méthodes de détection et de réparation chirurgicales à l’ensemble du territoire tunisien pour bâtir un réseau résilient, capable de résister aux défis hydriques de demain.





