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Drogues en Tunisie : les pharmaciens plaident pour une réforme axée sur les soins plutôt que la prison

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  • 8 mai 2026
  • 2 min de lecture
Drogues en Tunisie : les pharmaciens plaident pour une réforme axée sur les soins plutôt que la prison

La Commission de la législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a écouté jeudi les représentants des pharmaciens sur une proposition de loi portant révision de la loi n° 1992-52 relative à la lutte contre les infractions en matière de stupéfiants, en préconisant une approche combinant prévention, soins et répression ciblée.

Les présidents du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) et du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) ont affirmé que les peines d’emprisonnement seules ne constituent pas une réponse suffisante, appelant à un allègement des sanctions privatives de liberté à l’égard des consommateurs souhaitant se soigner, en contrepartie d’un durcissement des peines contre les trafiquants et les réseaux criminels organisés.

Les deux organisations professionnelles ont par ailleurs tiré la sonnette d’alarme sur l’évolution rapide des drogues de synthèse, difficiles à détecter par des analyses conventionnelles, et sur le détournement de certains médicaments à propriétés addictives, appelant à un renforcement du contrôle sur leur distribution et à une mise à jour des tableaux des psychotropes.

Elles ont également fait état de l’inadéquation de la loi n° 1969-54 relative aux substances toxiques avec les réalités actuelles, déplorant le manque de protection juridique qu’elle offre aux professionnels de la pharmacie.

Les représentants des pharmaciens ont par ailleurs proposé d’autoriser le recours à un traitement volontaire à plusieurs reprises, en raison du faible taux de guérison.

Lors du débat, plusieurs députés ont plaidé pour maintenir, voire durcir, les peines contre les consommateurs afin de protéger les écoles et les quartiers résidentiels. D’autres ont défendu une approche thérapeutique, considérant le consommateur comme un malade, et ont réclamé la création de centres régionaux spécialisés dans la prise en charge psychologique et sociale.

Il a été unanimement souligné que la lutte contre ce phénomène requiert une coordination étroite entre les secteurs sécuritaire, sanitaire, éducatif, social et culturel, dans le cadre d’une stratégie nationale cohérente et multidimensionnelle.

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Auteur

La Presse

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