Ils ont dit
Dounia Ferjani, responsable du pôle innovation du projet « Croissance qualitative pour l’emploi »
La Presse — « Le projet d’innovation collaborative, levier d’accélération pour les petites et moyennes entreprises industrielles, s’inscrit dans le cadre du projet « Croissance qualitative pour l’emploi », mis en œuvre par la GIZ en partenariat avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, avec le soutien financier de l’Union européenne et du ministère allemand de la Coopération économique et du Développement. Ce projet vise à appuyer la stratégie industrielle nationale à l’horizon 2035 et à accompagner le ministère dans sa mise en œuvre. Dans ce cadre, le programme « Qawinnov » se positionne comme un instrument dédié à la promotion de l’innovation. Concrètement, il s’agit d’un fonds de recherche, développement et innovation, spécialisé dans le financement de projets innovants au profit des petites et moyennes entreprises tunisiennes. Ces entreprises font face à plusieurs défis, notamment en matière de coûts et de risques liés à la recherche et au développement. C’est précisément là qu’intervient « Qawinnov » : le programme accompagne les entreprises en partageant les risques et en les aidant à concrétiser leurs projets innovants. Ce fonds opère en collaboration avec « Smart Capital » et la technopole « El Ghazala » afin de soutenir les projets technologiques. L’un de ses principaux atouts réside dans son approche partenariale et favorise la synergie entre les différents acteurs de l’écosystème ».
Wafa Laamiri, CEO de « Crit Tunisie »
« Le projet «Marque employer» repose notamment sur plusieurs piliers essentiels : la motivation, l’engagement, l’identification des points d’amélioration et la valorisation des initiatives. Aujourd’hui, nous revenons à une problématique centrale : celle de l’emploi. Nous entendons souvent parler de transitions, de transformations du marché du travail, et pourtant, le taux de chômage reste élevé, notamment chez les jeunes diplômés. Nous sommes face à un paradoxe : d’un côté, il y a une demande d’emploi importante, et de l’autre, des entreprises qui peinent à recruter certains profils. Pour comprendre ce décalage, il faut revenir à la racine du problème : qui sont les demandeurs d’emploi et quelles difficultés rencontrent-ils réellement ? Beaucoup font face à des problèmes d’emplois notamment liés à l’inadéquation entre les compétences acquises et les besoins du marché. Il existe un décalage entre les formations proposées et les évolutions rapides, en particulier dans le domaine technologique. Un autre facteur important est le poids de l’économie informelle, qui représente plus de 40 % de l’économie tunisienne. Cette situation complique davantage l’intégration professionnelle et limite les opportunités d’emploi structurées. Par ailleurs, une certaine mentalité persiste encore chez certains jeunes: celle qui consiste à considérer que le diplôme suffit pour accéder à un emploi. Or, aujourd’hui, cela ne suffit plus. Il est nécessaire de développer ses compétences en continu et de s’adapter aux exigences du marché. Dans ce contexte, il est essentiel d’adopter un nouvel état d’esprit, ce que l’on appelle le « growth mindset », concept développé par la psychologue Carol Dweck dans son ouvrage « Mindset : The New Psychology of Success ». Cette approche consiste à passer d’un état d’esprit fixe à un état d’esprit évolutif, basé sur l’apprentissage continu et le développement personnel. L’idée n’est plus de se demander « quel métier vais-je exercer dans cinq ans », mais plutôt « quelles compétences vais-je développer ». L’accent doit être mis sur les compétences humaines (soft skills), le développement personnel et l’adaptabilité. Pour faire face à la complexité du marché du travail, il est donc nécessaire de passer à l’action. Cela passe notamment par le développement des compétences (reskilling et upskilling), l’apprentissage des langues, le renforcement des compétences techniquaes et numériques et l’ouverture vers de nouveaux domaines. Aujourd’hui, les parcours ne sont plus linéaires. Il est possible de se réorienter, d’explorer de nouvelles voies et de construire progressivement son propre parcours professionnel. Enfin, il est également essentiel que les institutions et les acteurs publics mettent en place des solutions concrètes pour rapprocher les entreprises des candidats et réduire ce décalage structurel sur le marché du travail.



