À quelques jours de la fête du sacrifice, le marché aux bestiaux de Menzel Temime, dans le gouvernorat de Nabeul, affiche une animation inhabituelle. Citoyens et éleveurs s’y croisent dans une ambiance tendue, entre engouement pour l’achat du mouton de l’Aïd et plaintes persistantes face à une hausse des prix jugée insupportable.
Ces derniers jours, les prix oscillent entre 1 000 et 1 800 dinars pour un mouton standard, certaines bêtes dépassant allègrement la barre des 2 000 dinars selon la taille et la race. Un agriculteur interrogé à la radio a nuancé le tableau, estimant que les prix restent « abordables pour toutes les catégories sociales », avec une fourchette allant de 1 000 à 1 500 dinars selon le gabarit de l’animal.
Mais sur le terrain, les citoyens racontent une tout autre réalité. Plusieurs d’entre eux ont exprimé leur mécontentement face à cette flambée continue, affirmant que le coût du sacrifice dépasse largement leur pouvoir d’achat dans un contexte de hausse généralisée du coût de la vie.
Un habitant a précisé que les prix à Menzel Temime sont particulièrement élevés par rapport aux autres régions, oscillant plutôt entre 1 500 et 2 700 dinars. Il pointe du doigt les intermédiaires — communément appelés « gachara » — comme principaux responsables de cette spéculation, soulignant que le prix du mouton sur pied dépasse parfois celui de la viande chez le boucher.
Un comble qui illustre l’ampleur de la dérive. Les classes moyennes, conclut-il, se retrouvent désormais dans l’incapacité d’honorer ce rite religieux fondamental.



