A propos de l’enfant de 11 ans qui a succombé à la rage à Kairouan : Faut-il continuer à défendre ces chiens errants ?!
Le cas de l’enfant de 11 ans, originaire de Bouhajla, à Kairouan, qui a, dernièrement, succombé à la rage, aurait dû interpeller, dans l’urgence, toute la société pour mettre un terme à la prolifération des chiens errants. Le phénomène gagne du terrain, envahissant nos quartiers si pollués, sévissant même dans les cités les plus huppées. En plein centre-ville de Tunis et les rues avoisinantes, on n’en parle pas.
La Presse — Certes, les tas d’ordures ménagères et de déchets assimilés entassés, çà et là, et les conteneurs poubelles éventrés ont aggravé la situation. Mais aussi l’absence des municipalités et l’inertie des autorités locales ont fait que ces animaux investissent l’espace et marquent ainsi leur propre territoire. Ce alors, personne n’ose y passer, en toute sécurité. Egalement, des enfants et des femmes ne sont plus épargnés. L’été 2024 fut l’un des plus meurtriers, où les cas de morsure et de griffure étaient légion, causant une dizaine de décès.
D’autres avaient eu le même sort..
Depuis bien des années, silence radio ! On s’est contenté de recenser les cas de contagion et compter les victimes en découlant, sur fond d’images-choc et des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, sans suite aucune. Sauf que l’on voit, toujours, d’illustres inconnus sortir de leur gîte, s’autoproclamant protecteurs de ces chiens errants, martelant le même message anti-abattage, alors qu’on ne les a jamais vus défendre la cause humaine. D’ailleurs, on ne sait rien de leurs vocations, et encore moins de leurs idéologies.
Certes, le décès de l’enfant de Kairouan, des suites des complications liées à une infection par la rage, n’est pas le seul. D’autres avaient eu le même sort, dans le silence assourdissant des autorités concernées. Celles-ci n’ont même pas daigné répondre aux appels citoyens, sollicitant leurs interventions à temps. Et les chiens continuent à aboyer dans tous les coins. A la Cité El Ghazala, à l’Ariana, à titre d’exemple, on en compte bon nombre qui investissent les rues, jour et nuit. En solo ou en groupes, on les voit, tantôt montrer leurs canines, tantôt passer à l’offensive.
Il y a deux ans ou presque, le ministère de la Santé avait donné l’impression d’avoir pris les choses en main, à titre préventif, renforçant les campagnes de sensibilisation quant à l’obligation de vacciner les chiens et chats domestiques. Bien que gratuite, l’opération n’a pas, semble-t-il, réussi, d’autant plus qu’elle n’a pas pu éradiquer le problème à la racine. Même la cellule de crise qu’il avait, alors, déclenchée et les numéros verts mis à disposition pour tout soutien psychologique nécessaire n’ont pas porté leurs fruits.
Un débat stérile
Ce fut, alors, un état d’alerte sanitaire largement décrété, sans être, néanmoins, assorti d’un plan d’action propre à chaque commune. Et pour cause! La question des chiens errants fait encore du surplace, dont l’abattage n’en finit pas de susciter un débat stérile et une polémique vide de sens.
En l’absence de décision tranchée, on continue de voir des hordes de chiens errer dans les dédales des quartiers, présentant ainsi un danger bien réel. Qu’ils soient vaccinés ou stérilisés, leur caractère offensif provoque, à tout moment, un état de panique. Soit, la vaccination ne suffit pas à elle seule ! D’ailleurs, on n’y croit pas fort. La multiplication exponentielle des chiens n’est qu’un signe révélateur d’irrésolution et d’hésitation à faire le bon choix.
Certains pensent que l’abattage demeure, comme ce fut le cas autrefois, une solution radicale.
D’autres, bien que n’étant pas forcément partisans, reconnaissent la gravité du phénomène et son impact sur la sécurité des personnes dont particulièrement les enfants, souvent pris pour cible. Par ailleurs, les prétendus protecteurs campent toujours sur leur position, se tenant aux côtés des animaux, sans pour autant proposer de solutions. Leur propos prête à controverse.
Que faire avec ces multiples campagnes si la sécurité des gens pose encore problème? Autrement dit, il s’avère, ainsi, inutile de vacciner des chiens errants, du fait que cela n’exclut pas le risque de nouvelles contagions. Idem pour la castration. Dans les deux cas, leurs attaques pourraient causer blessures et choc psychologique.
Devant l’incapacité à gérer un tel nombre accru de chiens errants, il est donc dérisoire de se limiter à la sensibilisation. D’où il serait question de passer à la «solution finale» en recourant à l’abattage en tant que choix incontournable.



