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Pollution : la Tunisie classée 37ème à l’échelle mondiale

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  • 25 mai 2026
  • 3 min de lecture
Pollution : la Tunisie classée 37ème à l’échelle mondiale

La Tunisie fait face à une crise environnementale critique, marquée par un indice de pollution mondial alarmant et une qualité de l’air bien en deçà des normes de santé publique. Intervenant à la radio, l’expert en environnement Mehdi El Abdelli a tiré la sonnette d’alarme : la situation actuelle est le résultat de décennies de négligence, touchant désormais l’air, le littoral, la biodiversité et la gestion des déchets. Les indicateurs internationaux confirment la gravité de la situation. Avec un indice de pollution dépassant les 70 points, la Tunisie se hisse à la 37e place mondiale.Le constat est particulièrement lourd concernant la qualité de l’air. L’expert a révélé que le taux de particules fines en Tunisie atteint une moyenne d’environ 24 microgrammes par mètre cube ($\mu g/m^3$). Une réalité en total déphasage avec les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui préconise un seuil annuel maximal de seulement 5 $\mu g/m^.

Au-delà de la propreté urbaine, c’est tout le système de gestion des déchets qui est structurellement dépassé. Mehdi El Abdelli a rappelé que la Tunisie repose encore quasi exclusivement sur l’enfouissement traditionnel, alors même que plusieurs décharges publiques ont d’ores et déjà atteint leur capacité maximale.« Continuer à dépendre des décharges classiques n’est plus une solution durable. La Tunisie doit impérativement opérer une transition vers un système moderne basé sur le tri à la source, la valorisation et le traitement. »

À l’approche de l’Aïd el-Adha, l’expert a insisté sur l’urgence de changer nos comportements vis-à-vis des restes des sacrifices. Il a fermement mis en garde contre l’incinération des peaux de moutons en plein air, une pratique qui aggrave la pollution atmosphérique et menace directement la santé publique. Pourtant, ces résidus représentent une mine d’or inexploitée pour l’économie verte.  Les peaux peuvent être injectées dans l’industrie du cuir et l’artisanat tandis que les déchets organiques peuvent être transformés en compost. Cette valorisation permettrait, par ailleurs, de réduire les importations et de créer des emplois saisonniers. Pour que cette transition réussisse, la mise en place d’une infrastructure de tri sélectif efficace et le renforcement des partenariats public-privé (PPP) sont indispensables. En conclusion, Mehdi El Abdelli a rappelé que la protection de l’environnement est une responsabilité partagée entre l’État et les citoyens, soulignant que le droit à un environnement sain est à la fois constitutionnel et humain. Il appelle ainsi à soutenir massivement les initiatives de la jeunesse et les startups spécialisées dans l’économie verte et la gestion intelligente des déchets pour transformer ce fardeau écologique en source de richesse et d’énergie.

Lire aussi:  La municipalité de Sfax passe en mode urgence sanitaire et environnementale à l'approche de l'Aïd al-Adha.
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Auteur

La Presse

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