gradient blue
gradient blue
A la une Economie

Afrique : un marché de 1,2 milliard de consommateurs à la portée de la Tunisie

Avatar photo
  • 26 mai 2026
  • 3 min de lecture
Afrique : un marché de 1,2 milliard de consommateurs à la portée de la Tunisie

Le directeur général des relations bilatérales avec les pays africains au ministère des Affaires étrangères, Khmaies Mestiri, a affirmé mardi 26 mai 2026 que l’Afrique constitue un prolongement naturel et stratégique pour la Tunisie, représentant une opportunité économique majeure encore largement sous-exploitée.

Intervenant sur Express Fm, il a souligné que, malgré les avantages offerts par des accords tels que le COMESA et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la Tunisie ne valorise qu’une part limitée de son potentiel sur le continent, tant pour ses entreprises que pour les investisseurs étrangers souhaitant accéder aux marchés africains via le territoire tunisien.

Selon lui, l’appartenance de la Tunisie au Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) lui confère un avantage compétitif important, permettant aux investisseurs installés en Tunisie d’accéder à un vaste marché africain grâce à des facilités douanières et commerciales significatives.

Khmaies Mestiri a également indiqué que le forum économique « Africa Forward », organisé pour la première fois dans l’espace francophone africain, a constitué une opportunité importante pour attirer des investisseurs européens, notamment français, intéressés par l’expansion vers l’Afrique.

Un marché africain à fort potentiel

Le responsable a rappelé que le continent africain compte plus de 1,2 milliard de consommateurs et représente l’un des plus grands marchés mondiaux en termes de potentiel économique et commercial.

Les exportations tunisiennes vers l’Afrique subsaharienne ont atteint environ 1,5 milliard de dinars en 2025, enregistrant une croissance de 3,4 %, supérieure à celle observée vers d’autres marchés internationaux.

Cependant, la Tunisie n’exploite actuellement que 22,7 % de son potentiel commercial en Afrique, ce qui laisse, selon lui, une marge importante de progression susceptible de générer des centaines de millions de dollars supplémentaires dans les échanges futurs.

Khmaies Mestiri a identifié plusieurs secteurs à forte compétitivité pour la Tunisie, notamment les industries électroniques, les produits métalliques, le textile et l’habillement, ainsi que les services de santé, d’éducation et les technologies.

Il a toutefois souligné que le principal obstacle à l’expansion tunisienne en Afrique reste l’absence de liaisons de transport directes, notamment maritimes, ce qui réduit la compétitivité des produits tunisiens face à ceux de concurrents mieux connectés.

Le responsable a également mis en avant la question du financement, estimant qu’elle constitue un frein majeur pour les entreprises tunisiennes souhaitant investir ou remporter des marchés en Afrique. Il a appelé à la création de structures bancaires et financières tunisiennes sur le continent afin de faciliter l’accès aux garanties et aux financements.

Une implication du secteur privé jugée indispensable

En conclusion, Khmaies Mestiri a estimé que la réussite de la stratégie africaine de la Tunisie ne peut reposer uniquement sur l’État, mais nécessite une implication accrue du secteur privé, notamment dans les domaines du transport, de la logistique et des services financiers.

Il a appelé les entreprises tunisiennes à s’engager davantage dans la dynamique économique africaine, considérée comme un levier de croissance majeur pour les années à venir.

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page