Economie tunisienne : Aram Belhaj évoque un « triple choc » en 2026
L’économiste Aram Belhaj a estimé, mardi 26 mai 2026, que l’économie tunisienne demeure confrontée à de profondes fragilités structurelles, dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques internationales et une croissance jugée insuffisante pour répondre aux défis sociaux et démographiques.
Intervenant sur Express Fm, il a commenté la note analytique publiée récemment par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), intitulée “La reprise économique dans un contexte d’incertitude en Tunisie”.
Selon lui, cette étude s’est concentrée essentiellement sur les effets des tensions géopolitiques mondiales sans intégrer d’autres facteurs majeurs, notamment les changements climatiques et les mutations démographiques, qui devraient pourtant avoir des répercussions directes et indirectes sur l’économie tunisienne.
Aram Belhaj a expliqué que ces facteurs risquent d’accentuer les pressions inflationnistes, d’aggraver le déficit commercial et le déficit budgétaire et de peser davantage sur les équilibres financiers du pays.
La note de l’IACE met en garde contre un “triple choc” auquel serait confrontée la Tunisie, à savoir la guerre en Iran, la guerre commerciale américaine et le ralentissement de l’économie européenne. Selon cette analyse, ces facteurs pourraient ramener la croissance économique tunisienne à seulement 1 % en 2026.
Un niveau de croissance que l’économiste juge insuffisant pour absorber l’augmentation démographique et répondre aux besoins du marché de l’emploi.
Un modèle économique jugé peu performant
Aram Belhaj a aussi estimé que, indépendamment des facteurs externes, le modèle économique tunisien actuel manque du dynamisme nécessaire pour générer une croissance forte et durable.
Il a considéré que ce modèle reste “faible en matière de création de richesse” et ne parvient pas à améliorer sensiblement les indicateurs liés au chômage, aux déficits publics et à la pauvreté.
L’économiste a, en outre, souligné l’absence d’une vision économique claire définissant les relations entre les secteurs public et privé ainsi que le rôle de l’État dans l’économie.
Selon lui, les discours portant sur le rôle social de l’État ne se traduisent pas encore par des politiques concrètes capables de soutenir l’investissement et de stimuler la croissance.
Sur un autre plan, Aram Belhaj a indiqué que la majorité des institutions financières internationales demeurent prudentes quant aux perspectives économiques de la Tunisie, en raison notamment de l’absence de réformes structurelles ambitieuses, du manque de diversification des partenariats économiques et d’une ouverture limitée sur les marchés financiers internationaux.
Dans ce contexte, il estime que la croissance tunisienne ne dépasserait pas 1,8 % dans le meilleur des cas.
À l’inverse, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) prévoit une croissance du PIB tunisien de 2,1 % en 2026 et de 2,8 % en 2027, selon son rapport « Perspectives économiques en Afrique 2026 », présenté à Brazzaville lors des Assemblées annuelles de l’institution panafricaine.



