Premier logement : qui peut vraiment en bénéficier et comment obtenir jusqu’à 80 % de financement ?
La Société nationale immobilière de Tunisie (SNIT) a apporté des précisions sur les mécanismes juridiques et financiers du programme “Premier logement”, mis en place dans le cadre du décret gouvernemental n°39 du 11 janvier 2019. Ce dispositif vise à faciliter l’accès à la propriété pour les ménages des classes moyennes et les travailleurs ne disposant pas de logement, en réduisant les contraintes liées à l’autofinancement et en améliorant l’accès aux crédits bancaires à conditions préférentielles.
Le programme encadre strictement les conditions d’éligibilité, les caractéristiques des logements concernés ainsi que les modalités de financement, afin de cibler les ménages disposant de revenus intermédiaires tout en soutenant la promotion immobilière nationale.
Des critères d’éligibilité strictement encadrés selon les revenus
Le dispositif est réservé à deux catégories principales de bénéficiaires souhaitant acquérir leur premier logement.
La première catégorie concerne les familles ne disposant pas de logement. Le bénéficiaire ou son conjoint doit être salarié, avec un revenu mensuel brut compris entre 2 659,500 dinars et 7 092,000 dinars.
La deuxième catégorie concerne les personnes sans logement, notamment les travailleurs indépendants ou les personnes non mariées. Leur revenu mensuel brut doit se situer entre 2 659,500 dinars et 5 910,000 dinars.
Ces seuils de revenus visent à cibler les ménages solvables mais insuffisamment équipés pour accéder à la propriété dans des conditions classiques de financement bancaire.
Un dispositif de financement structuré et des logements plafonnés
Le programme “Premier logement” repose sur une formule de financement mixte destinée à alléger la charge initiale des bénéficiaires.
Le schéma prévoit un autofinancement facilité pouvant atteindre 20 % du prix du logement, accordé sous forme de prêt bonifié par la banque finançant l’acquisition. Ce montant est plafonné à 40 000 dinars, avec un taux d’intérêt préférentiel de 2 % et un remboursement différé de cinq ans, intégré dans la durée globale du crédit.
Le financement principal, représentant jusqu’à 80 % du prix du logement, est assuré par un prêt bancaire classique soumis aux conditions en vigueur dans le secteur bancaire tunisien.
Le dispositif autorise également une contribution personnelle complémentaire, sans toutefois dépasser 20 % du prix total du bien.
Par ailleurs, les logements éligibles doivent répondre à des normes précises : ils doivent être de type S+2 (deux chambres et un salon) et leur prix ne peut excéder 220 000 dinars hors taxes, soit environ 235 400 dinars TTC.
À travers ce programme, les autorités tunisiennes entendent renforcer l’accès à un logement décent pour les classes moyennes et les travailleurs, tout en stimulant le secteur de la promotion immobilière via une collaboration avec les promoteurs privés.
Le dispositif s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large visant à répondre à la demande croissante en logements accessibles, tout en favorisant la stabilité résidentielle des ménages et la dynamisation du marché immobilier national.



