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Le consul général de France enclenche une mobilisation diplomatique contre la “mafia des rendez-vous visa” en Tunisie

  • 30 mai 2026
  • 3 min de lecture
Le consul général de France enclenche une mobilisation diplomatique contre la “mafia des rendez-vous visa” en Tunisie

Les autorités tunisiennes et françaises renforcent leur coopération pour lutter contre les réseaux de revente des rendez-vous de visa, un phénomène devenu récurrent et dénoncé comme une forme d’« économie parallèle » autour des démarches administratives.

Vendredi 29 mai 2026, le consul général de France en Tunisie, Dominique Mas, s’est entretenu, à sa demande, avec le président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC), Lotfi Riahi. Les discussions ont porté sur les abus constatés dans la prise de rendez-vous pour les demandes de visa auprès des prestataires, notamment TLScontact.

Les deux parties ont convenu de renforcer la coordination afin de lutter contre les intermédiaires et réseaux organisés qui accaparent les créneaux de rendez-vous avant de les revendre à des prix jugés excessifs et injustifiés. Ce phénomène, souvent qualifié de « marché noir des rendez-vous visa », suscite depuis plusieurs mois de vives critiques de la part des associations de défense des consommateurs.

Selon l’organisation tunisienne de défense du consommateur, ces pratiques traduisent une situation de quasi-monopole exercé par certains intermédiaires privés, transformant un service administratif en source de spéculation. L’organisation dénonce des coûts additionnels imposés aux citoyens pour des services basiques tels que la réservation de créneaux, la constitution de dossiers ou la soumission des demandes.

Dans ses positions récentes, l’OTIC estime que ces pratiques soulèvent des problématiques liées à la concurrence, à la transparence et à la protection des données personnelles. Elle appelle les autorités à renforcer le contrôle des sociétés prestataires et à appliquer les dispositions de la loi relative à la concurrence et aux prix, notamment en cas de pratiques abusives ou de distorsion du marché.

L’organisation plaide également pour une réforme du système, incluant une meilleure régulation des intermédiaires privés, ainsi que la mise en place de mécanismes garantissant davantage d’équité pour les demandeurs de visa, notamment en matière de frais et de traitement des dossiers.

Dans le même contexte, l’Otic propose le lancement de la « Déclaration de Tunis », une initiative visant à lutter contre les abus liés aux procédures de visa et à promouvoir davantage de transparence dans ce secteur.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de débats sur la gouvernance des services externalisés liés aux visas, alors que de nombreux citoyens dénoncent des difficultés d’accès aux rendez-vous et une hausse des coûts indirects.

Enfin, les acteurs impliqués appellent à la mise en place d’un dispositif officiel de suivi et de traitement des plaintes, afin de garantir davantage de transparence, de régulation et de protection des droits des demandeurs, dans un système jugé de plus en plus sous tension.

Auteur

R. I

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