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Impliquant Ghannouchi et Lâarayedh, le verdict sur « l’appareil secret » d’Ennahdha est attendu ce mardi

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  • 1 juin 2026
  • 3 min de lecture
Impliquant Ghannouchi et Lâarayedh, le verdict sur « l’appareil secret » d’Ennahdha est attendu ce mardi

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis doit rendre son verdict ce mardi 2 juin 2026 dans l’affaire très médiatisée de « l’appareil secret » du parti Ennahdha. Ce dossier aux ramifications politico-sécuritaires majeures implique 35 accusés, dont les plus hauts dirigeants du mouvement islamiste tunisien.

Le procès de cette affaire à caractère terroriste concerne 35 prévenus aux statuts judiciaires variés où 5 accusés sont placés en détention provisoire spécifiquement pour ce dossier, 7 prévenus sont déjà écroués dans le cadre d’autres affaires, 12 personnes comparaissent en état de liberté et 11 suspects sont actuellement en cavale et jugés par contumace.

Parmi les figures centrales sur le banc des accusés figurent Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha, son vice-président et ancien chef du gouvernement Ali Laarayedh, ainsi que plusieurs anciens hauts cadres du ministère de l’Intérieur. Mustapha Khedher, déjà lié à l’affaire dite de la « Chambre noire », fait également partie des prévenus.

La Chambre criminelle avait décidé vendredi dernier de reporter l’audience à ce mardi afin de procéder aux dernières formalités d’avertissement légal des accusés avant la mise en délibéré et le prononcé des peines.

Les assassinats de 2013

L’instruction de ce dossier par le Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme s’est clôturée à l’été 2024, avant d’être transmise à la Cour d’appel de Tunis le 16 juillet 2024. L’affaire avait été officiellement ouverte au début de l’année 2022 suite à des plaintes croisées du ministère public et du Collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, assassinées respectivement en février et juillet 2013.

Le Collectif de défense précité accuse directement cette structure clandestine d’Ennahdha d’avoir orchestré ces assassinats politiques, d’avoir mené des opérations d’espionnage et d’avoir infiltré les rouages de l’État. Rached Ghannouchi est désigné par l’accusation comme le superviseur direct de cet appareil. Les premières révélations publiques remontent à une conférence de presse d’octobre 2018, mettant au jour des documents confidentiels du ministère de l’Intérieur saisis chez Mustapha Khedher.

La défense dénonce un procès politique

De son côté, le mouvement Ennahdha continue de rejeter, et en bloc, l’existence même de cet « appareil secret » au sein de ses structures officielles. À travers plusieurs communiqués, la direction du parti dénonce un dossier purement politique et une instrumentalisation judiciaire visant à régler des comptes liés à l’après-révolution de 2011.

A rappeler qu’initialement l’affaire a été pilotée par le Tribunal de première instance d’Ariana, puis transférée en septembre 2023 au Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, seule juridiction légalement compétente pour statuer sur les infractions terroristes en Tunisie.

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Abir Chemli

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