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Formation professionnelle : Un répertoire national pour harmoniser les compétences et les certifications

  • 3 juin 2026
  • 7 min de lecture
Formation professionnelle : Un répertoire national pour harmoniser les compétences et les certifications

Plus que la rationalisation, c’est l’optimisation de la nomenclature qui liste, définit et codifie les spécialités de la formation professionnelle qui sera mise à niveau dans le cadre du Rnccfp qui devrait aboutir en 2028 et être opérationnel au plus tard en 2029 suite aux efforts conjoints à la fois des hauts fonctionnaires et cadres du Mefp, de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur. Pour l’émergence d’une nomenclature claire et harmonisée et conforme aux normes et standards internationaux.

La Presse — Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la réforme du système tunisien de formation professionnelle. Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle a officiellement lancé, mardi 2 juin 2026 à l’Académie diplomatique internationale de Tunis, les travaux d’élaboration du Répertoire national des compétences et des certifications de la formation professionnelle (Rnccfp), un projet structurant destiné à moderniser et à rationaliser la nomenclature des métiers, des compétences et des certifications en Tunisie.

Présidée par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, la rencontre s’est déroulée en présence de représentants de l’Union européenne, de la coopération allemande (GIZ) ainsi que de nombreux acteurs institutionnels, économiques et professionnels. Près de 120 participants ont pris part à cette journée d’information marquant le coup d’envoi officiel d’un chantier appelé à redéfinir l’architecture du système national de formation professionnelle.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme intégré d’appui au secteur de l’éducation (Pase-OS3), cofinancé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), pour une enveloppe globale de 22,5 millions d’euros selon ce qu’a rapporté Pierre Lucante, chef de programme à la GIZ et responsable du programme d’appui au secteur de l’éducation. Le programme est mis en œuvre par la GIZ en partenariat avec le ministère de l’Économie et de la Planification, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Une réponse à la multiplication des spécialités

Au cœur de cette réforme figure la volonté d’optimiser et d’harmoniser une offre de formation devenue particulièrement dense. Aujourd’hui, le système tunisien de formation professionnelle compte plus de 500 spécialités, réparties sur de nombreux secteurs d’activité. Selon les responsables du projet, le nombre exact de spécialités existantes et opérationnelles atteint 574, d’après les révélations de Laroussi Oueslati, coordinateur du programme de l’Education.

Pour le ministre Riadh Chaoued, cette diversité constitue une richesse mais nécessite désormais une meilleure structuration afin d’améliorer la lisibilité des parcours de formation et la reconnaissance des certifications. «Le point central de la réforme du système de formation professionnelle est le Code tunisien des compétences et des certificats de formation professionnelle. Il est essentiel d’harmoniser ces spécialisations, ce qui aura un impact positif sur la reconnaissance des contenus de formation», a-t-il souligné.

Le futur répertoire national devra ainsi permettre de centraliser, organiser et actualiser l’ensemble des données relatives aux compétences et aux certifications professionnelles. Il constituera une référence unique pour les apprenants, les employeurs, les investisseurs, les établissements de formation et les institutions publiques.

Une plateforme numérique au service de la transparence

Au-delà du travail de classification et d’harmonisation, le projet prévoit la mise en place d’une plateforme numérique nationale qui hébergera l’ensemble des informations relatives aux certifications et aux compétences professionnelles.

Cette plateforme vise notamment à faciliter la consultation des référentiels de formation, à améliorer la transparence du système et à renforcer la reconnaissance mutuelle des diplômes et certificats.

Le ministre a rappelé que de nombreux diplômés tunisiens rencontrent encore des difficultés lorsqu’ils souhaitent faire reconnaître leurs qualifications à l’étranger. Le futur code national devrait contribuer à résoudre une partie de ces obstacles en offrant une nomenclature claire et harmonisée, compatible avec les standards internationaux.

L’objectif est également de fournir aux investisseurs et aux entreprises une meilleure visibilité sur les compétences disponibles sur le marché du travail tunisien, tout en facilitant l’orientation des jeunes et des familles.

Un alignement sur les normes internationales

Pour les responsables du projet, l’enjeu dépasse largement la seule réorganisation administrative des spécialités de formation. Il s’agit également de rapprocher les certifications tunisiennes des référentiels internationaux afin de favoriser la mobilité professionnelle.

Présentant les grandes lignes du projet, Laroussi a expliqué que le futur Code tunisien des compétences et des certificats de formation professionnelle devra être articulé avec les référentiels nationaux existants, tout en établissant des passerelles avec les systèmes africains et européens.

Cette convergence permettra aux titulaires de certifications tunisiennes de mieux valoriser leurs qualifications à l’étranger et de faciliter leur insertion dans les marchés de l’emploi internationaux.

Les travaux porteront également sur le renforcement du lien entre le Répertoire des métiers et des qualifications professionnelles et le futur Répertoire national des compétences et des certifications, afin d’assurer une cohérence globale entre les métiers, les compétences recherchées et les parcours de formation.

Neuf mois de concertation sectorielle

La réalisation du Rnccfp se déroulera en plusieurs phases. La première étape consistera à harmoniser les secteurs et les spécialités existantes.
Viendra ensuite la conception de la plateforme numérique qui centralisera les données du système.

Selon les responsables du projet, un bureau spécialisé accompagnera les travaux et coordonnera une série d’ateliers sectoriels associant l’ensemble des parties prenantes durant une période de neuf mois.

Cette démarche participative doit permettre de prendre en compte les besoins réels du tissu économique et les évolutions du marché de l’emploi afin d’adapter l’offre de formation aux mutations technologiques, industrielles et sociales.

Un levier pour l’employabilité

Pour les autorités tunisiennes, le développement du capital humain demeure un choix stratégique dans un contexte marqué par l’accélération des transformations économiques et numériques.

Le futur Répertoire national des compétences et des certifications est ainsi présenté comme un outil de gouvernance moderne capable d’améliorer les capacités de planification, d’anticipation et d’évaluation des besoins en compétences.

En renforçant la lisibilité des certifications, en facilitant leur reconnaissance et en rapprochant davantage la formation des besoins des entreprises, ce chantier ambitionne également de contribuer à la réduction du chômage et à une meilleure insertion professionnelle des diplômés.

À travers cette réforme, la Tunisie entend ainsi se doter d’un système de référence moderne et reconnu, capable de valoriser les compétences nationales tout en renforçant le rayonnement régional et international de sa formation professionnelle.

Auteur

Mohamed Salem Kechiche

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