Spécial démarrage BAC 2026 : Abordable, la philo !
C’est probablement la première épreuve à caractère décisif qu’ils passeraient de leur vie, mais certainement pas la dernière ! Des milliers de candidats au bac, toutes sections confondues, ont rejoint, hier, leurs lycées pour passer l’examen de philosophie. Certains devaient maîtriser davantage leur stress et agencer leur background pour passer outre la philo, une matière optionnelle.
La Presse — Il est 10h45 en ce mercredi 3 juin 2026. Au seuil du lycée Radhia-Haddad à el Omrane à Tunis, des élèves inscrits aux sections scientifiques (notamment la section économie, informatique, maths mais aussi sport) viennent de terminer l’examen de philosophie qu’ils jugent à la portée, surtout pour tout élève ayant persévéré durant l’année écoulée et ayant révisé ses cours dans les règles de l’art.
Gaïth Haj Salah, inscrit à la section économie, a su s’organiser, tout au long de l’année scolaire, afin d’être bien armé pour le bac. «Pour la philo, par exemple, je révisais au jour le jour. Puis, à la fin de chaque trimestre, je récapitulais ce que j’avais retenu. Au cours de la période de révision, j’ai parachevé quelques fiches.
Hier encore, poursuit-il, j’ai révisé un peu et j’ai appris par cœur quelques citations. Et c’est grâce à ce travail régulier que j’ai pu trouver l’examen facile aujourd’hui». Rined Yazidi, de la section économie, partage avec Gaïth la même conviction. «L’examen a porté sur la quasi-totalité des volets du programme, à savoir l’ipséité et l’altérité, la modélisation, le bien et le bonheur, l’Etat, ainsi que sur la confidentialité et l’universalité. C’est du gâteau pour tout élève ayant bien bossé tout au long de l’année», souligne–t-elle.
La priorité accordée aux matières de base !
Décidément, la philo implique compréhension, persévérance et concentration ; trois facteurs nécessaires à la réussite de l’examen. Or, certains élèves à vocation scientifique et cartésienne négligent les modules littéraires. Pour eux, le temps serait mieux exploité dans la révision des matières de base.
C’est le cas de Hiba Chihaoui, inscrite à la section économie. Bien qu’elle refasse l’année, elle ne croit toujours pas à la primauté de certaines matières littéraires, dont la philosophie. «Toute ma concentration a été axée sur les matières de base, notamment l’économie, la gestion et les maths. Seules l’histoire et la géographie ont eu droit à une place dans mon temps de révision. Cela dit, l’examen de philo semble facile cette année, en comparaison de l’année dernière», avoue-t-elle.
Investir son temps dans la philo semble être invraisemblable pour la majorité des scientifiques. Si le module les séduit, la langue, elle, leur fait souvent défaut ! Pour Seifeddine Gmati, section économie, comprendre la philosophie ne rime pas toujours avec réussir l’analyse. «C’est la langue qui me manque et qui entrave ma maîtrise de cette matière. Faute d’un lexique philosophique approprié, l’épreuve devient quelque peu rude», confie-t-il.
Des chapitres prévisibles
Eya Sliti, candidate à la section informatique, vient de terminer son examen de philo, le sourire aux lèvres. «L’examen était facile. Au cours de l’année, notre professeure nous a donné un examen similaire.
D’autant plus qu’il a porté sur des chapitres parfaitement prévisibles, à savoir la confidentialité et l’universalité, l’éthique, etc», indique-t-elle, soulagée. Cette élève, comme bon nombre de candidats au bac, a dû multiplier les cours particuliers dans l’optique d’y trouver un appui scolaire et une ambiance motivante.
Durant la période de révision, elle a consacré le montant de 500DT à des cours supplémentaires de programmation, de STI (Système technique d’informatique) et de math.
Elle ne ménage aucun effort pour réaliser son rêve : celui de devenir ingénieur en informatique.
De son côté, Rayen Marzouki, de la section sport, a jugé l’examen de philo à la portée de tous.
Ce jeune trouve dans cette matière le sens de la vie, de la communication et du savoir-vivre.
«La philosophie est essentielle à notre quotidien. Nous l’utilisons dans notre relationnel, notre langage, nos jugements sans même nous en rendre compte», souligne-t-il. Pour ce sportif, le bac est synonyme de sport, d’éthique mais aussi de zen-attitude.


