Tunisie : 99 enfants morts sur les routes en 2025
Environ 99 enfants ont perdu la vie dans des accidents de la route en Tunisie durant l’année 2025, un chiffre “choquant et alarmant” qui relance le débat sur l’application effective des limitations de vitesse aux abords des établissements éducatifs. C’est ce qu’a déclaré, jeudi, la présidente de l’Association des ambassadeurs de la sécurité routière, Afef Ben Ghannia, à l’occasion d’un atelier consacré aux zones limitées à 30 km/h.
Organisée sous le thème “Les zones 30 km/h : du cadre juridique à l’application sur le terrain”, cette rencontre a réuni des responsables des unités de police et de garde de la circulation des gouvernorats du Grand Tunis, ainsi que des représentants de plusieurs ministères, des municipalités, de la société civile et de l’Observatoire national de la sécurité routière.
Dans une déclaration à la TAP, Afef Ben Ghannia a souligné que les enfants demeurent parmi les catégories les plus vulnérables face aux accidents de la circulation. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer l’application de la loi promulguée en juin 2023, qui impose une vitesse maximale de 30 km/h à proximité des établissements scolaires, universitaires, des centres de formation et des infrastructures sportives.
La responsable associative a également indiqué que les statistiques montrent que près de 50 % des victimes d’accidents de la route appartiennent à la tranche des jeunes, relevant une hausse préoccupante des accidents dans les zones urbaines pourtant soumises à des limitations de vitesse.
Face à cette situation, l’Association des ambassadeurs de la sécurité routière a lancé plusieurs campagnes de sensibilisation ciblant les municipalités, les directions régionales de l’équipement ainsi que les responsables des établissements éducatifs. L’objectif est notamment d’améliorer la signalisation routière et de renforcer le respect des limitations de vitesse dans les zones sensibles.
Selon Afef Ben Ghannia, l’atelier organisé en coordination avec les structures du ministère de l’Intérieur vise à promouvoir une application plus rigoureuse des mesures liées aux zones 30 km/h afin de mieux protéger les usagers de la route, en particulier les enfants et les jeunes aux abords des établissements scolaires.
Elle a rappelé que l’adoption de la loi de 2023 est le résultat d’une campagne menée depuis 2018 par l’association en partenariat avec plusieurs structures concernées. Cette mobilisation s’appuyait sur des études scientifiques ayant mis en évidence la gravité des accidents enregistrés près des établissements éducatifs ainsi que leurs conséquences humaines.
L’atelier ambitionne également de renforcer la culture de la sécurité routière comme responsabilité collective, d’identifier les obstacles à l’application des zones 30 km/h et de proposer des solutions concrètes pour améliorer la coordination entre les différents intervenants.



