Huile d’olive tunisienne : Un réseau d’exportation local résilient
Les exportations tunisiennes d’huile d’olive misent sur de nouveaux records cette saison, notamment en termes de volume. Reste qu’au niveau de la valeur et malgré un taux de progression significatif, ce n’est pas encore le cas.
La Presse — Il est, donc, nécessaire comme le rappelle souvent le Chef de l’Etat, de revoir notre politique commerciale et créer nos propres canaux et circuits pour conforter et préserver l’identité de notre produit phare.
Les premiers signes sont plutôt flatteurs : pour la saison 2025-2026, les exportations de l’huile d’olive seraient exceptionnelles, notamment en termes de volume. La barre des 500 000 tonnes pourrait être, ainsi, dépassée. Un record !
Les dernières statistiques de l’Office national de l’agriculture, Onagri, affirment que pour la période entre novembre 2025 et avril 2026, nos exportations se sont situées à 295.400 tonnes, contre 180 000 seulement durant la même période de la saison écoulée. Une hausse de 63,9% pleine de promesses.
Cette performance aurait été beaucoup plus importante si la composante valeur avait suivi, ce qui n’est malheureusement pas le cas. Certes, les recettes ont enregistré une hausse significative de 49,2%, passant ainsi 2 442,4 millions de dinars à 3 643,8 millions de dinars durant la même période, mais l’on reste convaincu que ce montant reste quelque peu timide pour un produit qui ne cesse de multiplier les distinctions internationales.
Et c’est toujours cette question de conditionnement qui fait toujours défaut à nos exportations oléicoles. Les mêmes statistiques retiennent que 87,5% des ventes sont réalisées en vrac, ce qui sanctionne automatiquement leur prix de vente.
C’est pour cette raison, d’ailleurs, que nos premiers décideurs réaffirment, à chaque fois, la nécessité de revaloriser l’offre tunisienne, d’abord au niveau du stockage, toujours limité et ensuite du conditionnement, encore timide.
Savoir maximiser le profit
Des dispositions incontournables en raison de la forte demande de l’huile d’olive tunisienne sur le marché international.
L’on reconnaît, toutefois, que la commercialisation ne doit pas se limiter au stockage et au conditionnement, elle doit impliquer également la prospection. Car face aux perturbations géopolitiques, de plus en plus fréquentes, nos professionnels ne doivent pas s’enfermer au niveau de nos marchés traditionnels, européens surtout, mais doivent identifier de nouvelles filières, comme l’Amérique Latine ou encore l’Asie, de plus en plus attirées par la qualité de l’offre tunisienne. La prospection de tels marchés doit être bien planifiée pour maximiser le profit.
Ce qui est aussi important, c’est que notre pays arrive, comme le recommande souvent le Chef de l’Etat, à réduire sa dépendance commerciale à certains acteurs étrangers, qui risquent de ne plus offrir les mêmes garanties qu’auparavant.
Il faut, de ce fait, suivre notre propre politique et créer nos propres canaux et circuits pour conforter et préserver l’identité de notre produit. Cela est d’autant plus vrai que certains de nos principaux exportateurs étrangers risquent, pour une raison ou une autre, de faire faux bond.
C’est le cas du groupe émirati, Iffco, basé à Dubaï. En effet, présent en Tunisie à travers un grand nombre d’entreprises opérant dans l’agroalimentaire, notamment l’exportation de l’huile d’olive, cette firme pourrait faire l’objet, en raison d’importantes dettes dépassant les 2 milliards de dollars (voir la lapresse.tn du 12 mai), d’une restructuration judiciaire.
Ce qui fait que les répercussions sur ses unités implantées en Tunisie seraient, vraisemblablement, très importantes. Et cette question n’est, malheureusement pas, isolée. Ce qui donne toute son importance à la nécessité de disposer d’un réseau national résilient.



