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Entre impératif écologique et enjeu économique : Le pari de l’économie circulaire

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  • 6 juin 2026
  • 5 min de lecture
Entre impératif écologique et enjeu économique : Le pari de l’économie  circulaire

Face à la raréfaction des ressources, à la hausse des coûts de l’énergie et aux nouvelles exigences des marchés internationaux, l’économie circulaire s’impose progressivement comme un levier stratégique de compétitivité. Entre cadre réglementaire, solutions innovantes et mécanismes de financement, les entreprises tunisiennes sont appelées à accélérer leur transition pour transformer les contraintes environnementales en opportunités de croissance.

La Presse —Comment faire des défis de l’économie circulaire un levier de compétitivité pour les entreprises ? Quel cadre réglementaire et quels outils financiers sont adaptés à cette transition, devenue aujourd’hui non seulement une obligation environnementale, mais également un enjeu économique majeur ? C’est autour de ces questions qu’a été organisée récemment la rencontre «Économie circulaire et compétitivité industrielle : accélérer la transition des entreprises», à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (Ccitf). Réunissant des acteurs institutionnels, des experts et des représentants d’entreprises, l’événement a abordé le sujet à travers trois axes principaux : le cadre réglementaire, la réalité du terrain à travers les solutions innovantes, ainsi que les outils financiers permettant d’accompagner cette transition.

Ouvrant la rencontre, Khelil Chaibi, président de la Ccitf, a souligné que l’enjeu de l’économie circulaire dépasse désormais la seule dimension écologique pour devenir un véritable levier de performance économique, notamment dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources et la hausse de leur coût. «Lorsqu’on parle d’économie circulaire, on pense souvent à la protection de l’environnement. Mais, aujourd’hui, l’économie circulaire est bien plus qu’un sujet écologique. Elle est devenue un véritable levier de performance économique face à la raréfaction des ressources, à la hausse et à la volatilité des coûts de l’énergie et des matières premières, ainsi qu’aux nouvelles exigences réglementaires et aux attentes croissantes des marchés internationaux», a-t-il affirmé.

Il a ajouté, dans ce même contexte, que les modèles industriels sont aujourd’hui en pleine transformation, une réalité qui pousse les entreprises à s’adapter, à innover et à repenser leurs modes de production et de consommation des ressources.

Structurer les pratiques de réemploi et de valorisation des ressources

Pour Khelil Chaibi, cette évolution revêt une importance particulière pour les entreprises tunisiennes. «Notre économie est étroitement intégrée aux chaînes de valeur européennes, où les exigences en matière de durabilité progressent rapidement. L’écoconception, la traçabilité, la réduction de l’empreinte carbone, le recyclage ou encore la valorisation des déchets deviennent progressivement des facteurs de compétitivité et parfois même des conditions d’accès au marché», a-t-il précisé. Il a ajouté, dans ce contexte, que la transition vers une économie plus circulaire ne doit pas être perçue comme une contrainte supplémentaire.

Elle représente, au contraire, une opportunité d’innovation, de différenciation et de création de valeur. Les entreprises qui sauront anticiper ces mutations pourront, d’après ses dires, renforcer leur résilience, améliorer leur compétitivité et être mieux armées pour saisir les opportunités de demain. «La Tunisie dispose d’ailleurs de nombreux atouts pour réussir cette transition. Les pratiques de réemploi, de réparation et de valorisation des ressources font déjà partie de notre culture économique», a-t-il indiqué.

Selon lui, l’enjeu consiste désormais à structurer ces initiatives, à les intégrer dans une véritable stratégie industrielle et à leur permettre de changer d’échelle. Une telle transformation nécessite la mobilisation de l’ensemble des acteurs, un cadre réglementaire adapté, des mécanismes de financement accessibles, des dispositifs d’accompagnement efficaces ainsi qu’une coopération étroite entre les secteurs public et privé. Le président de la Ccitf estime également qu’il est possible de s’inspirer de l’expérience française, dans la mesure où les entreprises tunisiennes sont confrontées à des défis similaires.

Les échanges d’expériences, les partenariats technologiques, les projets communs et les solutions de financement peuvent, selon lui, constituer de puissants accélérateurs de transformation. Chaibi a par ailleurs rappelé que cette thématique s’inscrit pleinement dans les priorités de la Ccitf, qui a récemment obtenu le label Positive Company, une distinction traduisant, selon lui, la volonté de l’organisation d’accompagner les entreprises face aux grandes mutations économiques, industrielles et environnementales. «Nous nous attachons à mobiliser notre réseau, à favoriser le développement des différents acteurs de l’écosystème et à créer des passerelles entre les expertises tunisiennes et françaises autour de sujets majeurs tels que l’économie circulaire, la décarbonation, la transition énergétique ou encore le développement des compétences.

La richesse des expertises réunies aujourd’hui permettra de nourrir la réflexion collective et, surtout, de faire émerger des pistes d’action concrètes au service d’une économie tunisienne plus compétitive, plus innovante et plus durable», a-t-il conclu.

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Auteur

Marwa Saidi

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