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Culture

« GOURBI » : Nidhal Yahyaoui en avant-première : La mémoire musicale en laboratoire vivant

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  • 6 juin 2026
  • 3 min de lecture
« GOURBI » : Nidhal Yahyaoui en avant-première : La mémoire musicale en laboratoire vivant

Avec « Gourbi – Chapter 1 », présenté en avant-première au Théâtre du Quatrième Art aujourd’hui, l’artiste poursuit une recherche immersive où traditions, archives et électronique s’entrelacent pour redessiner les contours du son tunisien.

La Presse — Dans un paysage musical en constante mutation, Nidhal Yahyaoui poursuit un parcours singulier où la création ne se limite pas à l’interprétation du patrimoine, mais s’attache à en explorer les profondeurs, les failles et les possibles prolongements contemporains. Avec « Gourbi – Chapter 1 », présenté en avant-première aujourd’hui 6 juin à 19h00 au Théâtre du quatrième Art de Tunis, il propose une nouvelle étape de cette démarche, à la fois artistique et expérimentale.

Le projet s’inscrit dans une continuité de recherche autour des musiques traditionnelles tunisiennes, que l’artiste aborde depuis plusieurs années comme une matière vivante, en mouvement constant. Plutôt que de les figer dans une lecture patrimoniale classique, il les envisage comme des structures ouvertes, susceptibles d’être traversées, transformées et réactivées par des gestes contemporains.

Dans « Gourbi », cette approche prend la forme d’un espace scénique où se rencontrent voix, percussions et instruments populaires, confrontés à des dispositifs électroniques et à des traitements sonores actuels. L’enjeu n’est pas de juxtaposer ancien et moderne, mais de créer une zone de friction et de dialogue, où les temporalités musicales se superposent et se réinventent.

Le projet s’appuie également sur une pluralité de matériaux : fragments d’archives sonores, récits collectifs, mémoire orale et expérimentations numériques. Ces éléments, loin d’être traités comme de simples références, deviennent des matières premières à partir desquelles se construit une écriture musicale en constante évolution.

Cette dynamique donne naissance à un dispositif immersif, où le concert se rapproche du laboratoire. Les sons y sont déconstruits, recomposés, détournés, jusqu’à former des paysages inattendus, oscillant entre familiarité et étrangeté. Le spectateur est ainsi invité à une expérience d’écoute qui dépasse la simple performance musicale pour toucher à une forme de récit sensoriel.

Dans la continuité de ses précédents travaux, Nidhal Yahyaoui confirme ici son intérêt pour les zones de croisement entre mémoire et création, entre transmission et expérimentation. Son parcours témoigne d’une volonté constante de repenser la place du patrimoine musical, non comme un héritage figé, mais comme une ressource active pour interroger le présent.

Avec cette première de « Gourbi », l’artiste ouvre donc un nouvel espace de recherche et de partage, où la scène devient un lieu de transformation continue. Un espace où la mémoire tunisienne ne se raconte pas seulement : elle s’écoute, se traverse et se réinvente.

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Auteur

Asma DRISSI

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