Huit mesures gouvernementales pour une récolte céréalière record
Portée par une pluviométrie exceptionnelle et une stratégie agricole performante, la Tunisie s’apprête à enregistrer une récolte céréalière historique pour la saison 2025/2026. Selon les prévisions officielles du ministère de l’Agriculture, de la Production agricole et des Ressources hydrauliques, le volume global devrait dépasser les 20 millions de quintaux, soit une progression remarquable de 15 % à 20 % par rapport à l’année précédente. Sur les 991 000 hectares cultivés à travers le pays, principalement concentrés dans le Nord et le Centre, la qualité du grain est jugée très bonne pour 70 % de la production. Ce succès repose notamment sur une utilisation inédite de semences certifiées à haut rendement développées par la recherche tunisienne, telles que les variétés INRAT 100, Qods et Maktaris, qui ont couvert un tiers des besoins nationaux.
Alors que les opérations de moissonnage ont déjà débuté à Nabeul et à Gafsa, l’appareil logistique de l’État se déploie pour sécuriser la collecte et le stockage des grains, dont la capacité immédiate est estimée à 8 millions de quintaux sur un potentiel national de 15 millions. Face à l’imminence d’orages violents et de chutes de grêle annoncés dans les régions de Kasserine, Sidi Bouzid, Siliana, Kairouan et Zaghouan, les autorités ont émis un bulletin d’alerte maximale. Les agriculteurs sont instamment invités à acheminer d’urgence leurs récoltes vers des hangars étanches, à protéger les stocks temporaires sous des bâches imperméables et à ventiler les silos afin d’éviter l’humidité et de limiter les pertes aux champs, qui menacent d’atteindre 15 % de la production.
Pour encadrer cette campagne d’envergure, la Présidence du Gouvernement a validé un plan d’urgence structuré autour de huit mesures majeures. Sur le plan financier et technique, l’État maintient les prix d’achat de la saison précédente pour soutenir les producteurs, garantit le financement de la campagne et déploie un programme d’étalonnage pour 1 300 moissonneuses-batteuses afin de réduire le gaspillage. Côté logistique et sécurité, le gouvernement ordonne l’extension des espaces de stockage pour l’orge, l’intégration stratégique du réseau ferroviaire de la SNCFT pour accélérer l’évacuation des grains, ainsi qu’un contrôle strict des centres de collecte et de 26 laboratoires d’analyse certifiés. Enfin, une surveillance rigoureuse est imposée sur le terrain, obligeant l’ensemble des engins agricoles à s’équiper de dispositifs anti-incendie pour préserver cette récolte nationale cruciale pour l’autosuffisance du pays.



