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Tunisie : plus de quarante années d’histoire en coupe du monde

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  • 7 juin 2026
  • 5 min de lecture
Tunisie : plus de quarante années d’histoire en coupe du monde

Forte d’un héritage footballistique de plus de quatre décennies, mêlant débuts éclatants et apparitions timides lors des éditions suivantes, la Tunisie s’appête à écrire une nouveau chapitre de son histoire avec la Coupe du Monde, où elle abordera sa septième participation et troisième consécutive à l’occasion du Mondial-2026 prévu du 11 juin au 19 juillet aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique.

Partageant le record arabe de participations au Mondial avec l’Arabie Saoudite et le Maroc, la sélection tunisienne carresse néanmoins le rêve de franchir le premier tour, un cap qu’elle n’a jamais atteint malgré les ambitions grandissantes et les efforts consentis par plusieurs générations de footballeurs.

Le premier chapitre de l’histoire tunisienne remonte à 1978, édition au cours delaquelle les Aigles de Carthage étaient les seuls représentants du football africain en Argentine. Epopée qui a marqué les annales du football tunisien grâce à une génération dorée emmenée par des joueurs exceptionnels notamment Tarek Dhiab, Néjib Ghommidh, Temim Hzami, Ali Kaabi, Hammadi Agrebi et Mokhtar Naili. Le 2 juin 1978 reste une date mémorable pour tout le continent africain puisque l’équipe conduite par Abdelmajid Chetali est devenue la première équipe africaine à remporter un match de Coupe du monde grâce à sa victoire face au Mexique (3-1) à Rosario. Malgré une défaite contre la Pologne (0-1) et un match nul (0-0) face à l’Allemagne, championne du monde en titre, la Tunisie a laissé une empreinte durable qui a contribué à l’augmentation du quota africain à partir de 1982.

Il a fallu ensuite attendre vingt ans pour revoir les Tunisiens sur la scène mondiale. En France, lors du Mondial 1998, une génération talentueuse menée par Chokri El Ouaer, Hatem Trabelsi, Khaled Badra, Skander Souayah, Zoubeir Beya et Adel Sellimi nourrissait de grandes ambitions de passer le cap du premier tour. Toutefois, les défaites contre l’Angleterre (0-2) et la Colombie (0-1), suivies d’un nul face à la Roumanie (1-1) ont mis fin prématurément au parcours des protégés d’Henri Kaspeczak et Khemaies Labidi.

Le scénario se répétait au Mondial-2002 en Corée du Sud et au Japon. La sélection tunisienne conduite par le duo Ammar Souayah-Khemaies Laabidi, échouait de nouveau à atteindre le deuxième tour, malgré un effectif mêlant expérience et jeunesse, avec notamment Zied Jaziri, Ali Zitouni, Raouf Bouzaiene et Slim Ben Achour, se contentant d’un match nul contre la Belgique (1-1) et deux défaites face au Japon (0-2) et à la Russie (0-2).

Quatre ans plus tard, en Allemagne, la Tunisie ne parvenait pas toujours à chasser le signe indien. Un nul contre l’Arabie Saoudite (2-2) et deux revers face à l’Espagne (1-3) et à l’Ukraine (0-1) condamnaient une nouvelle fois les Tunisiens à une élimination précoce. Même si les espoirs étaient élevés, la formation tunisienne dont disposait le Francais Roger Lemerre, n’a pu atteindre l’objectif escompté malgré la présence de nombreux joueurs évoluant en Europe, comme Hatem Trabelsi, Riadh Bouazizi et Kaïs Ghodhbane, qui participaient à leur troisième Coupe du monde consécutive, et d’autres qui vivaient leur première expérience mondiale, à l’image de Alaeddine Yahia, Hamed Namouchi, Karim Haggui, Anis Ayari, Yassine Chikhaoui, Adel Chedly et Mehdi Nafti.

Après avoir manqué les éditions 2010 et 2014, la Tunisie effectuait son retour en Russie en 2018 avec une génération renouvelée comprenant des joueurs formés en Europe tels que Wahbi Khazri, Ellyes Skhiri, Dylan Bronn, Naïm Sliti et Seifeddine Khaoui, aux côtés de joueurs issus du championnat tunisien comme Aymen Mathlouthi, Ali Maâloul, Yassine Meriah, Ghaylène Chaalali, Ferjani Sassi et Sabeur Khelifa. Bien que cette participation ait permis à la Tunisie d’obtenir sa deuxième victoire en Coupe du monde, contre le Panama (2-1), elle ne dérogea pas à la règle des éliminations au premier tour après deux défaites face à l’Angleterre (2-1) et à la Belgique (5-2).

Au Qatar en 2022, le Onze national abordait le Mondial avec de grandes intentions de mettre fin à cette malédiction en comptant sur l’expérience acquise lors de l’édition précédente et sur l’apport d’autres joueurs tels que Aymen Dahmène, Wajdi Kechrida, Montassar Talbi, Aïssa Laïdouni, Hannibal Mejbri, Youssef Msakni et Anis Ben Slimane. Mais la sélection tunisienne subissait le même sort malgré une victoire historique contre la France (1-0) et un nul encourageant face au Danemark (0-0), car la défaite contre l’Australie (0-1) était décisive.

A l’approche de la Coupe du monde 2026, la question se pose toujours : la Tunisie parviendra-t-elle enfin à surmonter cette barrière psychologique qui l’accompagne depuis toutes ses précédentes participations et à atteindre pour la première fois de son histoire le deuxième tour, dans un groupe comprenant également les Pays-Bas, le Japon et la Suède ?

Cette édition revêt un caractère particulier puisqu’elle sera la première à réunir 48 sélections réparties en 12 groupes. Elle pourrait constituer une véritable aubaine pour les Aigles de Carthage et leur permettre de prendre leur envol vers le second tour. Le nouveau format permettra, en effet, aux huit meilleurs troisièmes de rejoindre les deux premiers de chaque groupe au tour suivant, offrant ainsi une opportunité supplémentaire à la Tunisie de briser la malédiction des éliminations au premier tour.

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Auteur

La Presse

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