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La Tunisie adhère à l’Initiative «TeraMed» – 2030 : L’énergie pour tous..

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  • 8 juin 2026
  • 8 min de lecture
La Tunisie adhère à l’Initiative «TeraMed» – 2030 : L’énergie pour tous..

Lancée en octobre 2024, à l’issue de la COP 28- novembre 2023, à Dubaï, l’initiative «TeraMed», un projet méditerranéen pour la production de 1 TeraWatt d’électricité à partir des énergies renouvelables, continue à faire du chemin et mobiliser tant d’acteurs engagés pour la même cause. L’ambition est légitime mais elle devrait se traduire dans les faits.

La Presse — Son coordinateur régional, le Réseau arabe pour l’environnement et le développement (Raed), dont le siège est au Caire (Egypte), y met du sien, en étroite collaboration avec ses antennes dans la région, mais aussi en Tunisie, représenté par Youssef Nouri, président de l’Association de protection de la nature et de l’environnement de Kairouan (Apnek). Sa collègue Najoua Bouraoui, à la tête de l’Association de protection de l’environnement et du développement durable de Bizerte (Apeddu.B), veille à ce que cette initiative se déroule dans les meilleures conditions. Plus qu’une idée, «TeraMed» est la mission d’une nation.

Soleil et vent, un potentiel important

Volontiers, société civile, institutions publiques, secteur privé, médias, tous sont manifestement déterminés à relever un défi énergétique en si peu d’années, plaçant la barre haut pour atteindre, d’ici à 2030, 1 TeraWatt d’énergie propre. Soit la quantité dont on aurait besoin au sud de la Méditerranée. L’ambition est légitime, mais 2030, c’est demain, et il ne nous reste que cinq ans ou presque. Aussi est-il temps d’accélérer le pas et passer la vitesse supérieure, vers une transition énergétique juste, équitable et durable. Surtout que la région méditerranéenne au climat aride et semi-aride se dote d’un gisement énergétique stratégique. Soleil et vent autant qu’on le souhaite, leur exploitation à bon escient permettrait d’illuminer assez de foyers et d’éclairer tout un continent.

Et pour cause ! Agir dans ce sens n’est plus un choix, encore moins un diktat, mais un état d’esprit collectif disposé à s’adapter aux aléas du climat et changer d’habitudes et modes de consommation. Certes, cela ne peut se faire du jour au lendemain, d’autant qu’il ne peut également attendre longtemps. Il y a deux ans que l’Apnek et l’Apeddu.B ont donné le ton, à coup de rencontres et réunions, sur fond d’échange et de concertations avec tous les intervenants. Le débat s’est, déjà, focalisé sur la communication et la sensibilisation quant à la portée d’un plaidoyer pour une «TeraMed», génératrice de 1 TeraWatt. Un modèle d’économie verte censé alléger la facture d’électricité et nous épargner les coûts supplémentaires de compensation carburant. Ceci étant, outre les bienfaits de l’énergie propre et durable. 

En fait, après Bizerte, Kairouan et Tataouine, cette campagne mobilisatrice a débarqué, tout récemment, au sein de l’Inrat, l’Institut national des recherches agricoles de Tunis, qui avait abrité les assises d’une conférence nationale intitulée «stratégie nationale de transition énergétique et lancement de l’initiative «TeraMed» en Tunisie». Ainsi se poursuit la réflexion sur les pistes d’un passage au vert. Bien qu’étant en gestation, cette initiative méditerranéenne semble avoir tenu la route, en Tunisie. «D’ailleurs, Raed, en tant que coordinateur régional de l’Initiative, nous a demandé de la faire connaître à l’échelle de notre pays et communiquer sur son objectif idéal visant à produire, d’ici à 2030, 1 TeraWatt d’énergie renouvelable, puisant ainsi  dans les enjeux et défis de la stratégie nationale de transition énergétique en Tunisie», souligne Dr. Najoua Bouraoui, présidente de l’Apeddu- Bizerte, misant sur une mobilisation citoyenne massive autour de ce mégaprojet auquel adhèrent une cinquantaine de pays euro-méditerranéens dont ceux de la rive sud, à savoir l’Egypte, le Maroc, l’Algérie, la Jordanie, la Syrie, le Liban, la Palestine, l’Irak et la Tunisie.

1 TaraWatt illumine un continent !

Et d’ajouter qu’il serait, a priori, judicieux de recueillir toutes les recommandations qui sont y liées issues de tous ces pays dans le but de pouvoir formuler une feuille de route arabo-méditerranéenne. L’énergie verte se pose, alors, en alternative à la fois écologique et économique, devant accroître les campagnes de sensibilisation quant à l’urgence d’y adhérer et s’y investir à satiété. « On voudrait, par ces rencontres, cibler tous les acteurs clés, à même de les impliquer dans cette démarche participative et inclusive, et ce, depuis par le rôle qui incombe à chacun de nous. Et puis, personne n’y est resté indifférent. De même, l’Etat, par le biais des ministères de l’Environnement, de l’Industrie et de l’Agriculture, devrait, lui aussi, mettre le paquet», renchérit-elle. Il y a intérêt commun, insiste Dr. Bouraoui, à faire appel à nos jeunes promoteurs, les incitant à s’investir davantage dans l’énergie verte, secteur d’avenir aux perspectives professionnelles très prometteuses.

Arriver à 1 TeraWatt d’énergie, à l’horizon 2030, est primordial, mais comment aboutir, concrètement, à ce résultat ? «Ce pic souhaité est l’équivalent de 1000 gigawatts, soit mille milliards de watts (10¹² W), représentant environ 1% de ce que produisent, aujourd’hui, tous les pays du monde réunis», décortique Youssef Nouri, président de l’Apnek et coordinateur national du réseau «Raed» en Tunisie. Et pour comprendre la réalité des choses, cela permettrait, en quelque sorte, d’alimenter en électricité plus de 500 millions de foyers, soit la population de la Méditerranée tout entière. Voilà pourquoi l’on devrait atteindre 1 TeraWatt d’énergies renouvelables, en tant qu’objectif global de «TeraMed». «En sa 2e phase, l’initiative en question continue, cette année, à éveiller la conscience énergétique auprès du large public et susciter l’intérêt des experts et scientifiques pour agir en connaissance de cause», retrace-t-il encore.

Energie et écologie vont de pair

Certes, il n’est pas aussi facile d’en parler à tout le monde, mais il n’est pas, non plus, impossible de gagner les cœurs et les esprits des plus exposés aux impacts du changement climatique et ceux dont la consommation d’électricité leur alourdit le fardeau. «Outre les charges énergétiques de trop que subit l’Etat sous forme de subventions, les dépenses mensuelles des ménages destinées seulement à l’électricité et au carburant de véhicules particuliers atteignent jusqu’à 20% de leurs budgets», argumente Noômen Fehri, géomorphologue à l’université de La Manouba, lors de son intervention intitulée «les grandes lignes de la stratégie nationale d’énergies à l’horizon 2035». Sur le plan environnemental, poursuit-il, le secteur d’énergie représente, à lui seul, 60% des émissions carbone en Tunisie. «Il s’agit, là, d’une politique climatique qui traduit les engagements du pays, dans le cadre de l’accord de Paris en 2015, pour la décarbonation de son économie, réduisant ainsi l’empreinte carbone à hauteur de 45%, d’ici à 2030, par rapport à 2010, année de référence», précise Fehri.

Somme toute, cette transition énergétique semble aller de pair avec celle écologique, puisant dans les mêmes objectifs économiques. Cap sur une économie verte, solidaire et circulaire, censée relever les défis du développement durable et créer un nouveau modèle d’économie beaucoup plus inclusif, équitable et durable. «La CDN 3.0 (Contribution déterminée nationale), tel qu’établi dans sa version actualisée, recommande aussi l’élaboration de ladite iInitiative «TeraMed», de par l’importance de l’énergie propre dans la protection de l’environnement et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces défis sont de nature à ponctuer l’accélération de la transition énergétique dans le pays», affirme, dans son allocution sur la transition énergétique dans le cadre de la CDN 3.0, Mohamed Ben Saïd, ingénieur, sous directeur chargé de la prospection et de planification à la direction de la qualité de vie au ministère de l’Environnement, et point focal national de lutte contre les risques des catastrophes.

Et partant, l’investissement dans l’énergie renouvelable demeure, plus que jamais, irrévocable. Car la rareté des ressources énergétiques conventionnelles et la flambée des prix du pétrole, marquées par les aléas du climat, ont dû nous mettre tous devant le fait accompli. Soit une question de vie ou de survie ! «La conférence d’aujourd’hui, à l’Inrat à Tunis, couronnant les trois réunions régionales précédentes à Bizerte, Kairouan et à Tataouine, s’inscrit, d’ailleurs, dans le droit fil de cet élan de sensibilisation conduit par «Raed» sur la nécessité d’accélérer la transition énergétique pour en finir avec des énergies fossiles si polluantes et émettrices des gaz à effet de serre», rappelle, en conclusion, Youssef Nouri.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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