Le travail de récupération est un travail individuel et spécifique pour chaque élément. Des tests en début de prise en main sont en principe effectués pour décider de l’intensité de ce repos actif qui permet au joueur de récupérer tout en gardant sa condition physique.
La Presse — Piètre apparition que celle dont nous a gratifiés notre équipe nationale face à la Belgique. Sans pour autant souffler sur les braises qui consument bien des espoirs émis après la rencontre livrée à l’Autriche et qui avait laissé apparaître de réelles possibilités, il y a quand même des remarques à faire.
Face à la Belgique, un grand de haut rang, il ne fallait pas se faire d’illusions. La rencontre livrée par les Tunisiens, nous l’avions signalé, a été sans doute disséquée dans ses moindres détails. Les Belges ont certainement décidé de prendre leurs précautions pour ne pas se laisser surprendre par cette formation tunisienne qui se classe à la troisième place des équipes les plus jeunes de ce Mondial 2026.
En fin de compte, les circonstances en ont voulu autrement. On est tombé à bras raccourcis sur le sélectionneur. Il mérite ces reproches pour avoir choisi des joueurs au bout du rouleau, lessivés par leurs longues saisons au sein de leurs clubs respectifs et dont l’état physique ne permettait pas une participation étalée sur une longue durée.
Les Tunisiens ont donc fait le maximum lors de ce match livré à l’Autriche et sont rentrés dans les rangs. Ils avaient besoin de récupérer non pas des efforts fournis lors de cette rencontre, mais de leur saison de compétition au niveau de leurs clubs respectifs. A notre connaissance, il y a bien un préparateur physique.
Comment ne s’est-il pas rendu compte que ses joueurs étaient fatigués et qu’ils avaient besoin de souffler ? Le travail de récupération est un travail individuel et spécifique pour chaque élément. Des tests en début de prise en main sont en principe effectués pour décider de l’intensité de ce repos actif qui permet au joueur de récupérer tout en gardant sa condition physique. Une courbe de forme, cela se calcule, on l’entretient et on l’aménage.
Le test de la Hollande en souvenir
De toutes les manières, cela se voyait lors de cette rencontre à oublier, jouée face à des Belges en pleine possession de leurs moyens, techniquement supérieurs et qui ont certainement impressionné ceux qui les observaient.
Nos joueurs étaient lents, mal inspirés, statiques en défense cédant largement l’accès au but, contrairement à leurs habitudes. Les latéraux étaient bien discrets, hors du coup et n’ont aucunement aidé leurs camarades en attaque et ont, de ce fait, permis à leurs homologues belges de renforcer leurs lignes et de harceler davantage la défense tunisienne.
Ce 5-0 nous rappelle le 4-0 encaissé par l’équipe de 1978 face à la Hollande à la veille du Mondial qui a permis à l’équipe de Tunisie de révéler les capacités montantes du football africain. De bon augure ? Peut-être, mais il faudrait que les jeunes qui ont endossé la responsabilité comprennent que le football moderne, ce n’est nullement de la danse rythmique et que les gestes individuels pour amuser la galerie sont à écarter.
Le collectif, surtout pour les équipes en devenir, face aux puissances du football, plus complètes et plus solides à tous les niveaux, est à privilégier. Un jeune voudrait, bien sûr, montrer ce dont il est capable balle au pied, mais il faudrait qu’il le fasse en fonçant vers les buts adverses et non emmuré dans quatre mètres carrés, face à des défenses où la couverture et le flottement des positions de soutien ferment les accès. Une bonne leçon pour nos jeunots qui ont certainement retenu qu’ils ont encore du chemin à faire.



