Malgré une baisse globale des sinistres routiers, la mortalité ne cesse de grimper à cause d’une vitesse excessive. Face à ce constat alarmant, l’Observatoire national de la sécurité routière expose un dispositif réglementaire et technique bien plus musclé.
A première vue, les chiffres annoncés par aujourd’hui, mardi 9 juin 2026 par l’Observatoire national de la sécurité routière laissent présager une accalmie en matière d’accident. Cependant, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, si le nombre en soi des accidents de la route a bel et bien baissé, ces accidents observés, bien qu’en baisse, ont causé bien plus de mortalité. Un constat alarmant tant entre le début de l’année et la fin du mois de mai dernier, la Tunisie a certes enregistré une baisse du nombre d’accidents de la route, mais ceux-ci ont en parallèle enregistré une hausse significative du nombre de décès des victimes de la route.
La mortalité routière a plus que doublé
En effet, selon le colonel-major Chamseddine Adouani, chef du bureau de communication de l’Observatoire national de la sécurité routière, cette situation s’explique par l’explosion de l’indice de gravité des chocs. Et c’est bien l’excès de la vitesse qui demeure en cause de la mortalité routière ayant bondi de plus de 100,24 %.
S’exprimant en marge de l’atelier national consacré à la stratégie multisectorielle 2025-2034, le responsable a dévoilé un déploiement médiatique et opérationnel des autorités compétentes afin d’endiguer ce phénomène. Il a indiqué que la stratégie est déjà en marche, et est articulée autour de campagnes de sensibilisation mensuelles et de programmes d’action spécifiques menés, par les antennes régionales, sur le terrain.
Les motocycles, un véritable danger public
Pour renverser la vapeur, l’Observatoire mise également sur des réformes structurelles à court terme. Il s’agit notamment d’une refonte globale des lois et des décrets d’application. “Le ciblage des deux-roues devient une priorité avec la création d’un cahier des charges strict pour les motocyclettes”, a-t-il annoncé.
Oui, les motos sont à l’origine de bien des accidents de la route. Avec l’expansion spectaculaire des services de livraison, les conducteurs de motocyclettes, qui sont tenus de livrer des marchandises à la vitesse de l’éclair, se transforment en “Grande Faucheuses” d’autant plus qu’ils s’adonnent à tous les risques ! Et ce, à côté des mineurs survoltés qui se permettent bien des écarts de conduite, au sens littéral du terme, et ce, en mettant d’abord leur vie en danger et au grand dam de ceux qui croisent leur route !
Intervenant dans ce cadre, le colonel-major Chamseddine Adouani, a déclaré que les motocyclettes représentent un “véritable cauchemar” sur les routes ! Il a ajouté que la motocyclette est un véhicule fragile ce qui a nécessité la prise d’une série de mesures pour réduire sa dangerosité. Il s’agit notamment d’imposer, désormais, un cahier des charges qui vise la réglementation des opérations de distribution, de fabrication, d’assemblage, d’importation ainsi que la qualité des normes techniques. Et ce, parallèlement au contrôle a posteriori sur les marchés.
Adouani a également précisé que les dispositions techniques relatives au casque destiné à la protection des conducteurs ont été fixées, ainsi que l’application du décret gouvernemental n°510 de l’année 2018 relatif aux permis de conduire et fixant l’âge minimum autorisé pour la conduite à 15 ans avec l’obligation de porter le casque. Il a rappelé que la conduite d’une motocyclette sans permis est passible d’une amende de 500 dinars et de 6 mois d’emprisonnement. Pour pallier ce problème, il a signalé que l’Observatoire concentre son activité sur le volet de la sensibilisation, en particulier au sein des clubs de sécurité routière dans les établissements éducatifs et sur les routes. Dans cet ordre d’idées, M. Adouani a également indiqué que le “Taxi-Moto” est une activité illégale et inexistante dans les réglementations en vigueur. Il a précisé que le contrevenant est soumis aux procédures relatives au transport de personnes à bord d’un véhicule non assuré et sans autorisation.
La technologie s’y invite
Ceci dit, et sur le volet de la répression, la technologie va s’inviter dans le processus judiciaire de la stratégie précitée et exposée par l’Observatoire. De fait, les caméras de surveillance routière seront désormais officiellement reconnues comme outils de preuve pour valider et verbaliser les infractions au code de la route.
Par ailleurs, et pour rationaliser l’espace public, les sites dédiés aux examens pratiques du permis de conduire vont être entièrement réaménagés. Et ce, afin de ne plus perturber la circulation urbaine.



