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Tunisie : comment rebondir après la lourde chute face à la Belgique ?

  • 9 juin 2026
  • 8 min de lecture
Tunisie : comment rebondir après la lourde chute face à la Belgique ?

Restaurer la confiance et le moral des joueurs de la sélection tunisienne après le lourd revers concédé en amical face à la Belgique (5-0) constitue la priorité du staff technique dirigé par Sabri Lamouchi, ont estimé mardi l’ancien international et entraîneur Mokhtar Trabelsi ainsi que le journaliste Nabil Khairat, lors d’une rencontre-débat organisée au studio télévisé de l’agence Tunis Afrique Presse.

Les deux experts ont affirmé que « c’est aussi l’une des principales clés du succès des Aigles de Carthage » pour leur match d’ouverture à la coupe du monde 2026, qui les opposera à la Suède lundi prochain à l’aube (3h00, heure tunisienne).

Mokhtar Trabelsi a expliqué que « le sélectionneur national a voulu, à travers les deux matchs amicaux contre l’Autriche et la Belgique, tester un certain nombre d’idées et de solutions avant le Mondial. C’est une démarche normale compte tenu de l’importance de disposer de plusieurs scénarios en prévision des rencontres de la Coupe du monde ».

Il a précisé que la rencontre face à l’Autriche (perdue 0-1), a dégagé plusieurs points positifs. En revanche, le problème réside dans le schéma de jeu adopté contre la Belgique (0-5), où Lamouchi « a abandonné les constantes de la sélection, a mal évalué les points forts de l’adversaire et a modifié les postes des joueurs, ce qui a contribué à une lourde défaite dont tout le monde porte la responsabilité. On ne peut en tenir pour seul responsable le gardien Mouhib Chamekh », a-t-il souligné.

L’ex-entraîneur du CA Bizertin, qui en a aussi porté le maillot comme joueur, a ajouté que « Sabri Lamouchi est tenu d’adapter le système de jeu de la sélection tunisienne au Mondial en fonction des caractéristiques de chaque adversaire. Le premier match contre la Suède se distingue par une ligne d’attaque puissante emmenée par des joueurs évoluant en Premier League anglaise, à l’image d’Alexander Isak, attaquant de Liverpool, Viktor Gyokeres, joueur d’Arsenal, et Anthony Elanga, sociétaire de Newcastle, sans compter une grande condition physique qui exige de la prudence défensive ».

Selon lui, le plan approprié serait un 4-5-1 en rétablissant les constantes aux différents postes, afin que la défaite amicale face à la Belgique serve de leçon et de motivation psychologique pour réussir une bonne entame en Coupe du monde.

L’ancien international a poursuivi en insistant sur le fait que « l’importance d’obtenir un résultat positif au Mondial impose à Sabri Lamouchi de choisir correctement le onze de départ, car l’erreur est interdite pour déterminer la composition face à la Suède ».

Il a estimé dans ce contexte que l’arrière-garde doit se composer du quatuor Yann Valery, Ali Abdi, Montassar Talbi et Omar Rekik, tandis qu’il faut s’appuyer sur Ellyes Skhiri et Rani Khedira en sentinelles, avec un milieu de terrain complété par Hannibal Mejbri, Anis Ben Slimane et Elyes Saad, l’attaque tunisienne étant conduite par Firas Chaouat ou Hazem Mastouri. « C’est la composition adaptée pour affronter la Suède lundi à l’aube », a-t-il dit.

Pour Trabelsi, l’étude du style de jeu des sélections adverses revêt une importance exceptionnelle, la personne chargée de l’analyse et du suivi devant connaître toutes les caractéristiques de la Suède, du Japon et des Pays-Bas afin de choisir la formation adéquate.

Il a expliqué que « la gestion par Lamouchi des deux rencontres amicales n’était pas réussie, le bilan étant négatif et le doute s’étant insinué dans les rangs du staff et des joueurs après la lourde défaite de samedi dernier ».

Et d’ajouter : « la sélection tunisienne a toujours puisé sa force dans la cohésion de ses éléments et la solidarité de ses joueurs ; elle ne possède pas de joueurs stars capables de faire la différence dans les grands matchs comme ceux de la coupe du monde. Le football reste une affaire de moral. Partant de là, obtenir un résultat positif contre la Suède est une condition essentielle pour réaliser un beau parcours dans le Mondial ».

Pour l’ancien joueur du CS Sfaxien et de l’Etoile du Sahel « le succès face à la Suède impose à tous de faire primer l’intérêt national. La sélection tunisienne reste capable de briller en tenant compte de la défaite contre la Belgique et en l’exploitant de manière positive. Sabri Lamouchi est le chef du groupe et assume la responsabilité de ses choix ».

De son côté, le journaliste Nabil Khairat a affirmé que la lourde défaite essuyée devant la Belgique a « érodé la confiance des joueurs en leurs propres moyens et a tout remis à zéro, après les prestations abouties lors des matchs amicaux face au Brésil, à Haiti et au Canada ».

« La priorité absolue, à quelques jours du coup d’envoi du Mondial, est de rétablir la confiance », a-t-il insisté, ajoutant que « tous les membres de la sélection devraient s’inspirer des mots d’encouragement du président de la République, Kaïs Saïed, adressés aux joueurs avant leur départ du pays, pour oublier la défaite du match amical face à la Belgique, se concentrer sur les matchs à venir et, plus encore, exploiter positivement cette défaite pour en faire un moteur moral afin de relever le défi et de briller au Mondial, à commencer par le rendez-vous attendu face à la Suède ».

Khairat a poursuivi que « les changements opérés par le sélectionneur Sabri Lamouchi lors du match contre la Belgique n’étaient pas judicieux et les choix tactiques ont été un échec, car il n’est pas logique de continuer à réfléchir au onze de départ à quelques jours de la coupe du monde ».

Il a considéré que « toutes les sélections dont nous avons suivi les matchs amicaux se sont appuyées sur leurs formations habituelles. Le laps de temps ne permet pas de faire des expérimentations et ces choix nous ont coûté une défaite qui a sapé le moral de l’équipe et a même touché celui des supporters tunisiens ».

Il a, dans ce sens, souligné que le système défensif revêt une importance majeure dans les matchs de la coupe du monde 2026, compte tenu de la nature difficile du groupe dans lequel se trouve la Tunisie, ce qui exige d’adopter une approche équilibrée où tous les joueurs participent à la récupération du ballon, en commençant par l’attaquant.

« On ne peut tenir le gardien pour responsable des buts encaissés avec une défense aussi perméable », a-t-il dit, en espérant que le portier Mouhib Chamekh ne soit pas affecté par les cinq buts belges et par la campagne de cyberharcèlement dont il a été victime après la rencontre.

Revenant sur le match face à la Suède prévu lundi à l’aube, premier match du groupe F, Nabil Khairat a indiqué que « la Suède s’est qualifiée pour le mondial via les barrages européens et ses résultats lors des derniers matchs amicaux ont été modestes, ce qui a suscité la colère de la presse suédoise. Mais cela ne diminue en rien la force de cette équipe, qui compte des éléments dotés de grandes qualités techniques évoluant dans les plus grands championnats européens, comme le duo Alexander Isak et Viktor Gyokeres ».

Khairat a dit « appréhender les idées de l’entraîneur Sabri Lamouchi, ses choix pour le onze de départ et sa manière de gérer l’évolution du match et les changements, au vu de ce qu’a révélé la rencontre amicale face à la Belgique ».

Il a jugé « inadmissible de faire jouer des joueurs à des postes qui ne sont pas les leurs, comme cela s’est produit avec Adem Arous. La sélection tunisienne possède des constantes intouchables, notamment la composition de la ligne arrière qui doit être formée du quatuor Valery, Abdi, Talbi et Rekik. De même, la présence du duo de milieux récupérateurs Khedira-Skhiri, accompagné de Mejbri dans l’entrejeu, est impérative et vitale pour l’équilibre face à la Suède. »

Le journaliste a insisté sur l’importance du match d’ouverture, rappelant que la Tunisie n’a remporté qu’un seul match inaugural, face au Mexique lors du tournoi final de 1978. Une victoire lors du premier match contre la Suède ouvrirait grand les portes de la qualification au second tour, a-t-il lancé.

« La sélection tunisienne n’est pas favorite pour espérer enchaîner les résultats positifs ; elle doit exploiter l’effet de surprise et bien gérer des adversaires aux caractéristiques techniques et tactiques différentes. La Suède est une équipe scandinave qui se distingue par sa puissance physique, le Japon par sa vitesse de jeu, tandis que les Pays-Bas représentent le football total », a-t-il estimé.

Il a conclu : « Les matchs de coupe du monde se gagnent par des choix justes, une étude précise et approfondie des adversaires, ainsi que des ajustements techniques et tactiques adéquats en cours de jeu. Sabri Lamouchi assume et assumera l’entière responsabilité de la participation des Aigles de Carthage au Mondial à venir, après avoir bénéficié de toutes les conditions de réussite et d’une préparation optimale, sur les plans organisationnel et logistique. »

Auteur

La Presse avec TAP

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