Mbarka Brahmi : Seule une justice équitable rétablira les torts et soldera les comptes de la décennie noire
Treize ans après les drames des assassinats politiques, les familles de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi saluent les récents verdicts et rappellent que la vérité sur le terrorisme est un droit pour tout le peuple tunisien.
La quête de vérité sur les assassinats politiques franchit un cap décisif en Tunisie. Intervenant ce mercredi 10 juin 2026 sur les ondes de la Radio Nationale dans ce cadre, Mbarka Aouainia, militante politique et veuve du martyr Mohamed Brahmi, a affirmé que le fait de rendre justice dans ces dossiers est avant tout une réhabilitation historique pour la nation toute entière. Elle a rappelé que la tragédie des assassinats dépasse largement le cas de son défunt époux pour englober des dizaines de familles tunisiennes meurtries par le terrorisme. « Les citoyens patriotes partagent une profonde soif pour connaître la vérité, ils veulent de la transparence quant au dénouement de ces procès » a-t-elle indiqué tout en exprimant sa pleine confiance envers les institutions actuelles de l’État et en insistant sur le fait que « cette période sombre de l’histoire du pays ne doit plus jamais se répéter ».
La famille Belaïd sur la même longueur d’onde
La vision d’une cause nationale évoquée par Mme Brahmi est partagée par Abdelmajid Belaïd, frère du martyr Chokri Belaïd. Ce dernier considère que « le combat contre l’impunité appartient au peuple tunisien et non aux seules familles des victimes ». Évoquant le point de départ de cette longue bataille judiciaire entamée dès le 6 février 2013, il a souligné que « ses proches avaient immédiatement désigné les responsables de ce crime d’État ». Il a dans ce cadre tenu à saluer la persévérance remarquable du collectif de défense qui a maintenu le dossier à bout de bras pendant plus d’une décennie, permettant aujourd’hui, « d’entrevoir des décisions de justice à la hauteur des attentes des familles et de la société », selon ses dires.
A noter que ces déclarations interviennent dans un contexte judiciaire brûlant, marqué par un tournant majeur dans l’assainissement de cette période. La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a en effet rendu ses verdicts dans le procès retentissant dudit «appareil secret du mouvement Ennahdha ». Les magistrats ont prononcé de lourdes sanctions contre les accusés, avec des peines d’emprisonnement allant de dix ans jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité, marquant ainsi une étape cruciale vers la clôture de ce dossier qui a longtemps paralysé la transition politique du pays.



