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« Valo-Zit », un système de gestion de nos huiles alimentaires usagées : Trop de consommation, moins de valorisation !

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  • 11 juin 2026
  • 6 min de lecture
« Valo-Zit », un système de gestion de nos huiles alimentaires usagées : Trop de consommation, moins de valorisation !

En célébrant la Journée mondiale de l’environnement, autant de questions intimement en rapport nous reviennent en mémoire, d’autres se présentent encore à l’esprit, dont la réponse est en deçà des attentes. La prolifération des déchets et assimilés en est des plus préoccupantes, dont la gestion, autrefois, timidement lancée, selon des systèmes de recyclage et récupération spécifique à leur nature et types d’usage (éco-piles, éco-batteries, éco-zit, éco-pneus..), a fait long feu.

La Presse — Tout projet de valorisation qui s’ensuivit n’a pas été aussi concluant. Toutefois, l’on ne peut, en aucun cas, lâcher prise ou renoncer à son droit de vivre dans un environnement sain et propre. Pour y arriver, il n’y a plus d’autre choix que d’opter pour la valorisation de nos déchets, sous lesquels croule tout un pays.

Faute de volonté politique et d’initiatives privées, on n’avait pas trouvé les moyens de faire de nos ordures une source de richesse, génératrice d’emplois verts. Pourtant, il existe, depuis bien longtemps, un cadre institutionnel et juridique l’organisant. Ainsi, la loi 96-41 du 10 juin 1996, relative aux déchets, au contrôle de leur gestion et de leur élimination est encore en vigueur, dont l’application demeure sur le papier.

Sauf qu’une tendance aussi improvisée commence à émerger, face à une réticence quasi collective à prendre conscience de l’apport significatif de la valorisation des déchets dans le développement de l’économie circulaire et les offres d’emplois à générer.

Un potentiel sous-exploité !

« Valo-Zit », objet d’un atelier de travail, tenu dernièrement, à Gammarth, à l’initiative de l’Anged, Agence nationale de gestion des déchets, est un nouveau système de valorisation des huiles alimentaires usagées. « Parce que plus de 200 mille tonnes d’huiles alimentaires sont consommées chaque année dont 40% sont transformés en déchets rejetés dans la nature, sans tenir compte des risques de pollution qu’ils pourraient engendrer..», recense Badreddine Lasmar, directeur général de l’Anged.

Et pour cause ! Secteur privé, municipalités, société civile sont interpellés à mettre la main à la pâte et contribuer à la sensibilisation quant à l’importance de valoriser de ces huiles usagées. « Cela est possible pour les hôteliers, les restaurants, les casernes et autres, de par les grandes quantités d’huiles collectées. Ce qui n’est pas le cas pour les ménages, du fait que la collecte des petites quantités produites à domicile, soit 60%, pose problème», indique- t-il encore. D’où, « Valo-Zit » demeure la solution.

Et lorsqu’on sait, poursuit-il, qu’à peine 45% de ces huiles usagées sont, aujourd’hui, valorisées, et que 10 mille tonnes en sont uniquement exportées après traitement, l’implication des associations partenaires dans cette action semble de mise. « Il y a, alors, de quoi mobiliser les médias pour faire campagne auprès du large public et mettre en relief la nécessité de collecter ces déchets liquides et de les valoriser », appelle-t-il. Ceci étant, les médias, relais d’information et véritable courroie de transmission, sont appelés à faire passer le message clé.

« On est en train de soutenir la création de petites entreprises de collecte et de recyclage et de contacter les habitants des quartiers et les syndics des résidences d’habitation, tout en y menant une vaste campagne de sensibilisation », se targue le DG de l’Anged, rappelant que ce processus avait, d’emblée, débuté en 2024. Théoriquement oui. Mais, sur le terrain, on n’a rien vu venir, jusque-là. Pourtant, Badreddine Lasmar, nous a confirmé qu’il y a eu des visites dans des municipalités à travers nombre de régions.

En réalité, la valorisation des déchets n’a jamais été perçue comme une solution à la pollution et encore moins une source de revenu, à double impact écologique et économique. Ce potentiel d’investissement vert très porteur demeure encore sous-exploité. A vrai dire, il n’y a pas de marché censé promouvoir ce secteur. De même, les projets privés de gestion et de récupération lancés dans ce domaine ont du mal à trouver le chemin de la réussite.

60% de ces huiles usagés rejetés

Par ailleurs, Awatef El Arbi Messaï, ingénieure principale, chargée de la gestion à la direction générale de l’environnement et de la qualité de la vie, au ministère de tutelle, a recadré l’objet de l’évènement : « Valo- Zit », qui s’aligne sur la stratégie nationale de transition écologique, adoptée en 2023, et comportant cinq axes déclinés en 53 mesures, correspond notamment aux axes 4 et 5 liés respectivement aux modes de consommation et production durables et à la culture environnementale.

« Et si l’on parle, aujourd’hui, de 60% des huiles alimentaires usagées produites à domicile, il serait, donc, fructueux de s’appliquer à la valorisation de ces quantités et leur traitement, générant ainsi du biogaz, considéré comme énergie propre », estime-t-elle, soulignant la portée d’un tel atelier pour solliciter la participation des médias dans la sensibilisation sur cette question.

Abir Sassi, directrice du recyclage et de la valorisation à l’Anged, est entrée dans le vif du sujet, évoquant l’expérience pilote effectuée dans certaines municipalités du Grand Tunis, de Bizerte et de Nabeul, avec le concours des scouts et du Croissant-Rouge tunisiens. « II s’agit de nos communes partenaires à ce projet « Valo-Zit », avec qui on avait lancé une campagne de sensibilisation et de communication auprès de leurs habitants, les incitant à y adhérer massivement.

D’ailleurs, on avait mis à leur disposition des conteneurs spécifiques pour leur faciliter la collecte des quantités d’huiles de friture usagées », a-t-elle rappelé. Il n’y a pas que les municipalités, poursuit Mme Sassi, les échoppes, les superettes et les grandes surfaces des quartiers sont aussi mobilisées pour participer à ces efforts de valorisation.

Mais toujours est-il qu’un tel projet, bien que fort soutenu par des communes et des résidences d’habitation n’est pas suffisamment transmis et encore moins médiatisé. Son maître d’œuvre, l’Anged, le sait, certes, très bien, ayant, parfois, agi de manière appropriée et déployé les moyens nécessaires à l’action. S’engager ainsi pour une bonne gestion des déchets, l’Anged devrait, alors, changer d’outils et de stratégie de travail, agissant mieux sur le terrain, sans faire de sa mission pour laquelle a été créée, il y a 21 ans, une œuvre d’exception.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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