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Culture

Soirée de Stand-up au Théâtre T-ART : De l’humour engagé et partagé

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  • 12 juin 2026
  • 7 min de lecture
Soirée de Stand-up au Théâtre T-ART : De l’humour engagé et partagé

Le théâtre T-ART de Gammarth a accueilli le 6 juin une soirée de stand-up avec les artistes populaires comme Mehdi Bachtarzi et Sameh Sankari, en plus de Nadhir Louati et Tarek Hannachi. Ce type de spectacles ne cesse de gagner en succès, brisant les codes traditionnels du comique et du théâtre classique. Le stand-up serait-il  une alternative à l’humour conventionnel ?

La Presse — Un large public a été au rendez-vous pour le spectacle dont Mehdi Bachtarzi apparaît comme la figure centrale. C’est la soirée inaugurale du théâtre T-ART,  un espace scénique en plein air et doté de gradins avec une capacité de 400 personnes.

Une introduction musicale de Hosni Zaichi a suscité d’emblée l’enthousiasme de l’audience. Le public a repris en chœur avec lui des airs de Joe Dassin, Radiohead, Fairouz et d’autres chanteurs de renom. Place ensuite à l’humour, avec Mehdi Bachtarzi pour le premier passage de stand-up.

Ce genre artistique qui trouve ses racines aux Etats-Unis s’est imposé progressivement dans le paysage culturel et ne cesse de gagner en popularité partout dans le monde.  Selon le dictionnaire Le Robert, « un humoriste s’adresse au public directement, sans accessoires ni personnages, d’une manière spontanée, quasi improvisée ». Le principe est de raconter des histoires personnelles et commenter de façon caustique des scènes du quotidien, tout en impliquant la foule présente. Loin d’être une simple animation pour hôtels et petits espaces, les spectacles de stand-up dominent de plus en plus l’humour sur les scènes internationales. Ils misent sur un contenu qu’un public éclectique pourrait apprécier et un faible coût relatif de production. Jamel Debbouze est parmi les pionniers de ce style en France. Il l’a particulièrement popularisé grâce à l’émission Jamel Comedy Club qui a servi de tremplin à de nombreux jeunes humoristes.

Et, si la Tunisie s’inspire des modèles américain et français, elle a aussi su créer ses propres figures, devenues aujourd’hui des stars du genre.

La scène du théâtre T-ART a donc été sans décor, en dehors de la présence d’une peintre qui a réalisé un tableau en temps réel. Armés seulement d’un microphone, les quatre artistes ont livré des réflexions comiques en faisant preuve de talent, de créativité et de dynamisme. Ce style spontané qui dépasse l’idée d’un texte bien scénarisé comme dans les sketchs et les one man shows a trouvé un écho favorable chez l’audience.

La satire et les parodies étaient bien au rendez-vous pour un humour noir immédiat et interactif. L’approche comique plus directe, plus naturelle et plus libre ainsi que la proximité qui s’est installée entre les artistes et le publi contsuscité des rires et des applaudissements nourris.

Un rire interactif

Le stand-up est souvent considéré comme « la forme la plus libre d’écriture comique ». Ce qui rend ces spectacles plus captivants, c’est qu’ils servent à divertir tout en pointant du doigt des vérités cruciales. Le quotidien a été le thème de prédilection pour les quatre artistes lors de la soirée au théâtre T-ART, avec un humour engagé qui dénonce et qui incite à la réflexion.

Le principe est de rire de leurs expériences personnelles et de leurs maladresses, qui sont finalement proches des nôtres, et qu’ils ont racontées de manière décalée et audacieuse. Sameh Sankari s’est particulièrement penchée sur les enjeux du célibat et de la quête amoureuse. Les autres comédiens ont fait le tour de plusieurs sujets, du football à des clins d’œil politiques.

De nombreuses préoccupations et contradictions de notre société ont ainsi été abordées sous un angle humoristique. Derrière ce processus créatif, les ingrédients qui ont suscité les rires sincères du public sont à déceler : un bon sens de l’observation, un rythme rapide, de l’intelligence, des blagues efficaces sans vulgarité, des jeux de mots et des punchlines bien placés et une capacité d’improvisation bien maîtrisée et assumée qui rend chaque spectacle unique.

D’ailleurs, ce qui distingue le stand-up d’un sketch, c’est qu’il n’y a pas de script figé. C’est une expérience partagée entre les artistes et le spectateur. Les humoristes sont sortis du cadre des textes préparés à l’avance pour une connexion intellectuelle et émotionnelle puissante avec l’audience. Chacun des comédiens a, en fait, adapté son discours en fonction des réactions des spectateurs qui étaient actifs et impliqués dans le show. Cette interaction directe a rendu le spectacle plus divertissant, plus vivant et bien plus dynamique.

Des écrans à la scène, ou l’inverse

Comme le stand-up est un art en constante évolution, il a tiré profit de la révolution numérique pour plus de popularité et d’accessibilité. Mehdi Bachtarzi que le public a applaudi au théâtre T-ART est bien célèbre sur les réseaux sociaux. Ses vidéos cumulent des centaines de milliers de vues avec un contenu varié allant jusqu’à la vulgarisation de notions économiques complexes. Il a également fait de nombreuses représentations en Tunisie et à l’étranger de son spectacle « Touskié ».

Samah Sankari est une actrice bien connue, ayant joué dans des feuilletons comme « Oued El Bey » diffusé l’année dernière et la série « El Pharmacie ». Elle est aussi à l’affiche de la pièce de théâtre « Twerakh Tounes » de Hatem Karoui.

Les artistes ne se tournent certainement pas au stand-up par facilité, même si le genre n’est en aucun cas banal. Ils sont présents sur les écrans de nos téléphones, à la télé et d’autres formats encore. Un point essentiel à souligner, c’est que leur présence intensive sur les réseaux sociaux n’est pas un aspect péjoratif en soi. Même à l’échelle internationale, les humoristes utilisent les réseaux sociaux et comptent sur leurs algorithmes pour se faire connaître davantage et fidéliser leur audience. C’est la viralité des vidéos diffusées sur ces plateformes qui leur permet de gagner en visibilité. On ne peut donc ni les snober, ou les pénaliser pour être présents, ou même issus du monde des réseaux sociaux. Ce n’est qu’un aspect complémentaire de leur travail sur scène et qui ne devrait pas mettre en doute la qualité de leurs prestations.

La soirée au théâtre T-ART a prouvé l’engouement du public pour les stand-ups. Ce mode d’expression artistique se fonde sur l’authenticité d’un vécu personnel où chacun peut se reconnaître pour rire de soi et du monde.  Si de nombreux spectacles mettent en avant des comédiens talentueux, est-il temps pour eux d’investir les plus grandes scènes et d’être plus reconnus pour leur contribution au paysage culturel ?

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Auteur

Amal BOU OUNI

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