CSS—La levée de l’interdiction de recruter n’a pas eu lieu à la date annoncée : Un indice pas rassurant
Imed Mseddi, premier vice-président du Haut Comité de soutien du CSS et fidèle lieutenant de son nouveau président, Moncef Sellami, regrette sans doute d’avoir, le 30 mai, fixé un peu trop vite la date du 10 juin pour le règlement des litiges encore en instance et la levée de l’interdiction de recrutement
La Presse —C’était plus qu’un engagement tenu de sa part mais une grande lueur d’espoir donnée aux fans sfaxiens sur l’imminence de la fin d’un long cauchemar. Trois jours après la fin de cette date butoir; l’épineux problème des dettes et litiges divers n’a pas été encore résolu et la crainte d’une nouvelle désillusion sur ce chapitre crucial est revenue planer sur le camp des «Noir et Blanc».
Pourtant le montant de 2, 7 millions de dinars pour régulariser la situation devenue accablante à force d’avoir trop traîné et pour obtenir la licence club pour pouvoir participer au championnat national 2026 /2027 et à la Coupe de la CAF n’est pas exorbitant si on le compare aux 5 ,4 millions de dinars que l’ESS , à titre d’exemple, doit réunir pour échapper elle aussi à cette épée de Damoclès brandie sur bon nombre de clubs tunisiens.
Une « mission » avortée
Ce n’est pas faute d’avoir essayé que le Comité provisoire de Mehdi Frikha a échoué d’être au rendez – vous fixé. Après avoir emprunté plus d’une piste de financement et étudié plus d’une option, Mehdi Frikha s’est trompé d’adresse en comptant sur une avance de 1, 3 million de dinars du Bureau Fédéral sur le montant total que devrait accorder la Fifa au CSS pour la participation au Mondial américain des deux portiers de la sélection Aymen Dahmen et Sabri Ben Hassen.
Pour ne pas « frustrer» le président sfaxien par un refus immédiat, le président de la Fédération Moez Nasri n’a pas opposé un non catégorique à sa demande et a laissé la porte ouverte à une suite favorable. Mais, en réalité, il ne pouvait concéder une telle faveur car nombreux auraient été les clubs qui lui auraient adressé la même requête.
Et même s’il n’ y avait pas un réel inconvénient à le faire, la situation de la trésorerie de la FTF très précaire en ce moment ne peut supporter une telle concession. Le plan du CSS de bénéficier de cette avance de 1,3 million de dinars et de compléter le reste du montant par des efforts conjugués entre le comité de soutien ( 1 million de dinars) et les supporters (400 mille dinars ) est donc tombé à l’eau et la levée de l’interdiction n’a pas pu avoir lieu.
Un échec stratégique dans la gestion de cette crise de dettes accumulées au fil de plusieurs années qui constitue de nouveau une menace pour l’avenir et fait craindre un retour à la case départ. Comme on s’y attendait, la fédération a, par contre, déployé de gros efforts auprès de la CAF pour «arracher» un sursis pour les clubs tunisiens qui va profiter au CSS. Efforts qui ont été récompensés par l’obtention d’une nouvelle date butoir : 30 juin . Soit 20 jours de répit pour Mehdi Frikha et son équipe afin de scruter d’autres horizons et de chercher d’autres solutions.
Belwafi, Mutyaba , Ben Ali : un trio à vendre ?
Devant un tel danger et pour parer à toute mauvaise éventualité, le Comité directeur provisoire dont le mandat expire le 3 juillet , jour de la tenue d’une assemblée générale élective, pourrait être obligé de céder durant le mercato estival trois de ses meilleurs joueurs piliers qui se sont distingués durant l’exercice écoulé.
Une hypothèse confortée par l’autorisation accordée à Iyed Belwafi pour effectuer un test avec le club allemand de deuxième division VTL Bochum. Travis Mutyaba serait également sur la liste des joueurs transférables avec des discussions avancées avec Al Sharjah des Émirats Arabes Unies et une offre de 600 mille dollars ( 1, 8 million de dinars) devant laquelle un CSS en difficulté financière ne pourrait rester indifférent.
Les dernières informations révèlent aussi que le jeune attaquant de 21 ans Omar Ben Ali, qui s’est distingué avec l’équipe nationale U 23 au tournoi Maurice Revello avec 3 buts inscrits avant la finale du 13 juin et qui a terminé au 2e rang des buteurs du championnat derrière Firas Chaouat, serait dans le viseur de plus d’un club européen avec une valeur marchande estimée à 1, 2 million d’euros.
Le transfert de ces trois joueurs cadres du compartiment offensif du CSS pourrait être une aubaine sur le plan financier mais il ne faut pas oublier le revers de la médaille et la grosse perte sur le plan sportif. Après avoir réussi à reconstruire l’ossature de l’équipe et avec l’obligation de la renforcer pour de meilleurs résultats en championnat national et une bonne aventure en Coupe de la CAF, cette marche arrière dans les objectifs tracés de faire revenir le CSS à son statut d’équipe de première ligne qui joue pour les titres pourrait être un mauvais tournant lourd de conséquences.



