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Été 2026 : Sécuriser les ressources hydriques, un impératif national

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  • 13 juin 2026
  • 6 min de lecture
Été 2026 : Sécuriser les ressources hydriques, un impératif national

Cet été, annoncé comme l’un des plus chauds jamais enregistrés, rappelle l’urgence d’une politique hydraulique rigoureuse. Entre programmes d’urgence, modernisation des infrastructures et stratégie à long terme, l’État tente de sécuriser l’approvisionnement et de réduire les pertes. Une démarche qui traduit la volonté présidentielle de replacer la sécurité hydrique au cœur de la souveraineté tunisienne. La question de l’eau s’impose désormais comme une priorité nationale.

La Presse — L’été 2026 s’annonce comme l’un des plus chauds jamais enregistrés. Si les précipitations abondantes de la saison 2025-2026 ont permis d’améliorer sensiblement les réserves hydriques du pays et d’offrir un répit après plusieurs années de sécheresse, la Tunisie demeure confrontée à un stress hydrique structurel. Entre programmes d’urgence, investissements de grande ampleur et modernisation des infrastructures, les autorités tentent de renforcer la sécurité hydrique du pays.  

 Après la période de sécheresse qui a fortement affecté le secteur agricole du pays et s’est répercutée sur le quotidien des citoyens à travers des coupures d’eau à répétition, le ciel s’est montré plus clément durant la saison 2025-2026. Les précipitations ont dépassé les attentes, avec des bilans pluviométriques en hausse et un taux de remplissage des barrages dépassant 60%, atteignant même des pics de 75%.

Dame Nature nous a ainsi offert un répit bienvenu, qui doit toutefois être mis à profit par les décideurs aux plus hauts niveaux de responsabilité. Il convient surtout d’éviter la surconsommation. L’optimisation de l’utilisation de l’eau doit, pour cette raison, demeurer une priorité puisque la Tunisie figure parmi les pays les plus exposés au stress hydrique. Par conséquent, cette réalité nous impose une gestion plus rigoureuse des ressources en eau, notamment durant la période estivale.

Le temps des constats et des responsabilités

Certes, nous n’en serions probablement pas arrivés à cette situation difficile si les décideurs avaient, plus tôt, mis en œuvre des stratégies efficaces d’optimisation et de gestion des ressources en eau. L’analyse de la politique hydraulique menée en Tunisie depuis les années 1960 met en évidence des avancées significatives dans le développement des infrastructures. Toutefois, ces réalisations ont été accompagnées d’insuffisances persistantes en matière de gestion de la demande, contribuant à la surexploitation des ressources disponibles et à l’aggravation du stress hydrique.

Conscient de la gravité des enjeux, le Chef de l’État a, à plusieurs reprises, dénoncé lors d’audiences accordées aux membres du gouvernement les effets cumulés de la mauvaise gestion, le manque de maintenance des infrastructures hydrauliques et même de certaines pratiques de corruption. Dans ce contexte, il a également souligné que plusieurs barrages et réseaux de distribution se sont fortement dégradés au fil des années, compromettant ainsi la qualité du service et accentuant les difficultés d’approvisionnement en eau potable dans de nombreuses régions du pays.

«Il n’est plus question de priver le peuple tunisien de son droit d’accéder à l’eau potable» a-t-il encore martelé lors des audiences accordées aux premiers responsables du ministère de l’Agriculture et des Ressources hydriques et de la Pêche, ainsi que ceux de la  Sonede.

Plusieurs actions ont été menées depuis, dont la maintenance et le renouvellement de 26 stations de pompage, le renforcement et le renouvellement des réseaux de distribution les plus dégradés, la modernisation des réseaux avec le déploiement de systèmes intelligents de détection des fuites et de surveillance à distance afin de réduire les pertes d’eau dans les canalisations.

Une nouvelle feuille de route, mais …

Et c’est dans cette dynamique de réforme et de modernisation qu’un Conseil ministériel restreint consacré au secteur de l’eau s’est tenu mardi 9 juin à La Kasbah sous la présidence de la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri. Une panoplie de mesures destinées à renforcer concrètement la sécurité hydrique du pays, sécuriser l’approvisionnement en eau potable et améliorer la gestion des ressources hydriques a été prise à cette occasion.

On cite à cet effet le lancement d’un programme d’urgence de 81 projets, doté de 58 millions de dinars, pour sécuriser l’approvisionnement en eau durant l’été 2026. Ce plan prévoit notamment le forage de nouveaux puits, la réhabilitation des stations de pompage et le renforcement des réseaux de distribution. Parallèlement, 187 systèmes hydrauliques seront réalisés ou réhabilités au profit de près de 248.000 habitants, pour un investissement de 147 millions de dinars.

À plus long terme, les autorités misent sur la stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050, qui mobilisera 74,5 milliards de dinars pour moderniser les infrastructures, développer les ressources hydriques non conventionnelles et renforcer le recours aux énergies renouvelables.

Le programme prévoit également la numérisation de la gestion de l’eau, la généralisation de l’accès à l’eau potable, le transfert progressif des systèmes hydrauliques ruraux à la Sonede, ainsi que des mesures visant à réduire les pertes, lutter contre le gaspillage et améliorer la gestion des ressources hydriques.

Si les efforts engagés pour améliorer la gestion des ressources hydriques vont dans le bon sens, une interrogation demeure : pourquoi le nouveau Code des eaux accuse-t-il toujours un tel retard dans son adoption ? En effet, bien qu’il soit en préparation depuis plusieurs années afin de moderniser la gouvernance du secteur et de répondre au stress hydrique croissant, son adoption définitive n’est toujours pas intervenue.

Mais au-delà des mesures annoncées, certaines voix de la société civile mettent en avant les causes structurelles de la crise de l’eau. Réunis lors de la deuxième édition de la Rencontre nationale sur l’eau organisée par l’Observatoire tunisien de l’eau à Chenini (Gabès), le 26 avril dernier, les participants ont estimé que la crise hydrique que traverse la Tunisie est avant tout le résultat de choix de développement et de politiques publiques inadaptées, aggravés par les effets du changement climatique.

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Auteur

Samir DRIDI

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