Avec la nouvelle formule adoptée, passer au second tour est moins exigeant. Gagner contre la Suède ouvrira les portes des seizièmes. Mejbri et ses équipiers sont prévenus et savent quoi faire.
La Presse —Dans ce genre de présentation d’un premier match d’une coupe du monde, ce sont les mêmes formules et idées classiques qui reviennent tous les quatre ans.
L’équipe nationale a rendez-vous avec l’histoire, elle porte les espoirs de millions de Tunisiens, elle doit bien aborder la compétition et faire montre de courage et de technicité pour réussir.
Les joueurs et leur sélectionneur le savent bien, et cela se dit et se répète depuis des années sans que l’on puisse passer enfin au second tour du mondial. L’objectif est bien celui-là et non autre chose : si dans une formule où il y a 12 groupes en jeu, et où 8 des 12 classés troisièmes passent aux seizièmes, notre équipe nationale ne passe pas, c’est qu’elle ne le mérite pas et qu’elle est loin du compte.
On nous dira que notre groupe est délicat par rapport aux autres, mais en même temps, le Japon et la Suède, par exemple, ne sont pas injouables.
En 2022, nous avons réussi un point précieux au premier match devant le Danemark avant de fléchir face à l’Australie. Cette année, on joue la Suède, une sélection qui a de fortes traditions en football, et qui reste une équipe respectable malgré sa qualification aux barrages et in extremis. De plus, c’est un premier match, l’aborder comme il faut est une question de présence physique, technique et aussi mentale.
Cette impression qu’on laissera après ce match est fondamentale pour la suite du parcours, que l’on veuille ou non. Avons-nous les moyens de piéger la Suède ? En football, rien d’impossible, et pour le cas de l’équipe nationale, c’est jouable. L’équipe de Tunisie est souvent une équipe imprévisible qui aime jouer sous pression et qui surgit au moment où personne ne l’attend.
Quand elle est bousculée, quand elle est critiquée et même en doute, l’équipe nationale peut réussir et briller tout d’un coup. Actuellement, et après le sévère revers en amical devant la Belgique, beaucoup restent dubitatifs et ont peur que les équipiers de Hannibal Mejbri calent. Mais chaque fois où elle subit un choc, l’équipe parvient souvent à se remobiliser et à se relever. C’est ce qu’on espère tous.
Le rôle de Lamouchi
La défaite contre la Belgique a créé une atmosphère malsaine autour de la sélection. Beaucoup de rumeurs, d’histoires pas très amicales sur les vestiaires et les rapports entre les joueurs ont dominé les débats. Et un Sabri Lamouchi qui a perdu en crédit et en autorité auprès des supporteurs.
Demain matin, Lamouchi, qui a essayé depuis son arrivée de changer et d’innover son équipe, aura un rôle sacré et sensible pour trouver l’énergie et les idées du jeu, et, bien sûr, les joueurs dans l’espoir de déboussoler la Suède. Lui, qui connaît bien maintenant les possibilités de son effectif, va-t-il changer son casting par rapport au dernier match de la Belgique ? En tout cas, certains tauliers vont reprendre leurs places, question de mettre les atouts de son côté. On pense notamment à Hannibal Mejbri, à Ali Abdi, Valéry ou Rani Khedhira.
Va-t-on évoluer en 4-4-2 ou, comme les échos venant de Monterrey le disent, en 5-4-1 ? Peut-être bien que Lamouchi, soucieux d’améliorer l’aspect défensif, veut sécuriser la charnière centrale en lançant Adem Arous aux côtés de Talbi et Rekik. Skhiri sera sûr de commencer le match, alors que Gharbi et Ben Slimane se disputent la place qui reste en milieu.
En attaque, Chaouat part avec plus de chances que Mastouri avec un rôle de fixation à jouer. Si on opte pour un 4-4-2, Achouri est le mieux placé pour faire le deuxième attaquant sur le couloir. Reste le poste de gardien de but. Là, Mouhib Chamekh, très lent face à la Belgique même s’il jouait sans défense, a plus de chances de garder les bois que Dahmane. Dans tous les cas, jouer en bloc médian, réduire les espaces, et opter pour les transitions rapides qui découlent sur des décalages à partir des couloirs, sont les clefs tactiques que Lamouchi soigne depuis son arrivée.
Ceci demande surtout des joueurs sobres et pas affolés, des joueurs « fous de rage» qui militent durant les 90’. C’est une coupe du monde, la plus prestigieuse des compétitions pour un joueur. Allez, bonne chance !



