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Indice africain de sécurité sanitaire : la Tunisie dans le peloton de tête

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  • 15 juin 2026
  • 5 min de lecture
Indice africain de sécurité sanitaire : la Tunisie dans le peloton de tête

Réunis à Tunis à l’occasion du premier Forum tuniso-africain sur la résilience, les risques sanitaires, les épidémies et l’équité en santé, experts, chercheurs et décideurs ont débattu des moyens de renforcer la préparation des systèmes de santé africains. L’événement a également été marqué par la présentation des travaux de l’Indice africain de sécurité sanitaire, un outil inédit destiné à évaluer la capacité des pays du continent à faire face aux crises sanitaires.

La Tunisie a accueilli, lundi, le premier Forum tuniso-africain sur la résilience, la gestion des risques, des épidémies et l’équité en santé, organisé par l’Université de Tunis El Manar dans le cadre du projet de l’Indice africain de sécurité sanitaire. Cette initiative est menée en partenariat avec plusieurs institutions internationales, dont le Centre des pandémies de l’Université Brown aux États-Unis et la Fondation Science for Africa.

L’objectif de ce forum est de renforcer la coopération scientifique africaine et de promouvoir des systèmes de santé plus résilients, capables de prévenir et de gérer efficacement les crises sanitaires qui affectent le continent.

Intervenant à cette occasion, Hanen Boussi, professeure à l’Université de Tunis El Manar et responsable du projet, a indiqué que la Tunisie figure parmi les pays africains les mieux classés en matière de sécurité sanitaire. Elle a souligné que le pays poursuit ses efforts pour moderniser ses infrastructures sanitaires et améliorer sa capacité de réponse face aux risques épidémiques.

Selon elle, l’Indice africain de sécurité sanitaire s’inspire du Global Health Security Index, qui mesure les capacités des États à prévenir, détecter et gérer les épidémies et les pandémies. Toutefois, l’outil développé pour l’Afrique prend en compte les spécificités du continent, notamment la prévalence de certaines maladies infectieuses, les défis climatiques et les contraintes propres aux systèmes de santé africains.

L’évaluation repose sur plusieurs critères, parmi lesquels la prévention, la qualité de la prise en charge médicale, les investissements dans les infrastructures sanitaires, la formation des ressources humaines, la recherche scientifique, ainsi que la capacité des États à faire face aux conséquences sanitaires du changement climatique.

Hanen Boussi a précisé que la Tunisie a enregistré des progrès notables dans plusieurs de ces domaines, notamment grâce aux avancées réalisées en matière de numérisation des services de santé et de développement des infrastructures. Elle a toutefois relevé certaines insuffisances, notamment au niveau de la communication institutionnelle et de la visibilité internationale de la recherche scientifique tunisienne, encore peu publiée en langue anglaise.

Pour sa part, le directeur général de la coopération internationale au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Malek Kachlaf, a souligné que la tenue de ce forum intervient dans un contexte marqué par la résurgence de plusieurs maladies infectieuses en Afrique, dont le virus Ebola dans certains pays du continent.

Il a rappelé que la Tunisie a coordonné, dans le cadre de ce projet, l’analyse et l’évaluation des systèmes de santé de 64 pays africains afin d’identifier leurs points forts ainsi que les insuffisances nécessitant des mesures correctives.

M. Kachlaf a également mis en avant la contribution des universités tunisiennes au développement d’outils fondés sur l’intelligence artificielle pour améliorer la précision de l’Indice africain de sécurité sanitaire. Il a souligné l’importance des partenariats académiques internationaux noués par la Tunisie avec des établissements de référence, à l’image de l’Université Brown.

De son côté, le président de l’Université de Tunis El Manar, Moez Chafra, a indiqué que ce projet international est piloté par la Tunisie à travers plusieurs institutions nationales, dont l’Institut Pasteur de Tunis, la Faculté de médecine de Tunis, l’Institut de recherche vétérinaire ainsi que plusieurs laboratoires de recherche, en collaboration avec des partenaires d’Afrique du Sud, du Kenya, du Royaume-Uni et des États-Unis.

Selon lui, l’étude a permis de collecter et d’analyser un volume important de données relatives aux systèmes de santé de 64 pays africains. Les résultats de cette évaluation et le classement des pays selon les différents indicateurs de sécurité sanitaire doivent être présentés à l’issue du forum.

Le Forum tuniso-africain a réuni des experts, chercheurs, responsables institutionnels et acteurs du secteur de la santé venus échanger leurs expériences et formuler des recommandations pour construire des systèmes de santé africains plus robustes, inclusifs et durables, capables de répondre efficacement aux défis sanitaires futurs.

R.I

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Auteur

La Presse

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