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Compétitivité : un redressement à deux vitesses selon l’ITCEQ

  • 17 juin 2026
  • 3 min de lecture
Compétitivité : un redressement à deux vitesses selon l’ITCEQ

La croissance économique accélère nettement, portée par un rebond de l’industrie et un raffermissement de la consommation des ménages. C’est ce que révèle le tableau de bord sur la compétitivité de l’économie tunisienne, publié en mai 2026 par l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), qui dresse un panorama contrasté des grands équilibres macroéconomiques du pays.
Après une quasi-stagnation à 0,2 % en 2023, le produit intérieur brut a grimpé à 1,6 % en 2024, avant d’atteindre 3,2 % l’année suivante.

Cette dynamique s’explique par la reprise graduelle de l’appareil industriel, le redressement de certaines filières exportatrices et une demande domestique mieux orientée.
Les comptes extérieurs racontent une histoire tout aussi positive.

Les produits tunisiens ont gagné du terrain sur le marché européen, leur part passant de 0,42 % en 2022 à 0,52 % en 2023, puis 0,53 % en 2024, une progression que l’institut attribue notamment à l’envolée des ventes d’huile d’olive, dopées par la flambée du prix moyen à l’exportation.

Sur le territoire national, la production locale couvre désormais une portion croissante de la demande intérieure, sa part grimpant de 43,1 % en 2022 à 51,6 % en 2025.

Le solde des transactions courantes suit la même trajectoire favorable : son déficit s’est contracté à 2,1 % en moyenne sur 2023-2025, loin des 6,9 % enregistrés entre 2020 et 2022. L’ITCEQ relie cette embellie à la reprise du tourisme et à l’augmentation des envois de fonds des Tunisiens établis hors du pays. Pour mémoire, les statistiques douanières publiées début juin par l’Institut national de la statistique font état d’un creusement du déficit commercial à fin mai 2026, selon L’Economiste Maghrébin.
Les finances publiques affichent elles aussi une trajectoire d’assainissement. Le déficit budgétaire est passé de 9,7 % du PIB en 2020 à 5,4 % en 2025, grâce à la progression des recettes fiscales, à un meilleur contrôle de la masse salariale de l’État et à la réduction des subventions, particulièrement celles destinées à l’énergie. Parallèlement, l’endettement extérieur, mesuré en proportion du revenu national brut disponible, a reculé de 62,7 % à 44,1 % entre 2020 et 2024, sous l’effet des remboursements de capital sur la dette à long terme et d’un recours plus marqué aux financements intérieurs.
Côté prix, après deux années de tension marquée, 8,3 % en 2022, puis un pic à 9,4 % en 2023, l’inflation est redescendue à 5,3 % en 2025.

L’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers s’est également renforcée. Les flux d’investissements directs étrangers ont représenté 1,9 % du PIB en 2025, contre 1,3 % deux ans plus tôt, et leur poids dans la formation brute de capital fixe est passé de 8,1 % à 11,5 % sur la même période. L’industrie manufacturière demeure la destination privilégiée de ces capitaux, devant l’énergie et les services. Le taux d’investissement, lui, reste figé à 16 % du PIB sur l’ensemble de la période 2021-2025, tandis que l’ICOR, qui mesure l’efficacité du capital investi, s’est amélioré pour s’établir à 5,5 en 2025. Quant à l’épargne nationale, elle demeure limitée, à 5 % du PIB en 2024 puis 6 % en 2025.
Sur le plan fiscal, la pression exercée sur les agents économiques suit une pente légèrement descendante : 25,4 % en 2023, 25,1 % en 2024, puis 24,7 % en 2025. Le système bancaire, en revanche, montre des signes de fragilité accrue, avec une part des créances impayées passant de 15,7 % à 16,8 % entre 2024 et 2025. À l’inverse, la Bourse de Tunis a connu un regain d’activité notable : le volume des transactions sur titres a bondi de 1,8 % à 2,9 % du PIB entre 2023 et 2025, tandis que la capitalisation boursière progressait de 16 % à 18,9 % du PIB sur la même période.
S.M

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S. M.

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