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Sport

Équipe nationale – Sabri Lamouchi limogé, Hervé Renerd le successeur : On tourne encore en rond !

  • 17 juin 2026
  • 7 min de lecture
Équipe nationale – Sabri Lamouchi limogé, Hervé Renerd le successeur : On tourne encore en rond !
Photo : ©Mokhtar HMIMA

Houcine Jenayeh et son intenable bureau fédéral continuent la diversion et usent des palliatifs. Maintenant, il faudra penser à la facture de ce choix.

La Presse — Ce qui s’est passé avant-hier pendant toute la journée du lundi au camp de la sélection au Mexique était inouï pour ne pas dire caricatural pour la FTF et pour le football tunisien. Ce qui s’est passé rappelle des périodes sombres du football tunisien des années 80 et 90 quand un sélectionneur va on ne sait comment, un autre débarque au gré des échecs et des coulisses de l’époque. Plus de 40 et 30 ans après, l’histoire se répète. Un cinglant 5-1 contre la Suède et voilà que tout s’effondre, que ce bureau fédéral de Houcine Jenayeh perde la boussole et ne sait pas quoi faire. Jenayah, justement, dirigeant amateur qui n’a aucune expérience et aucune sobriété pour diriger une structure comme la FTF, secondé par des membres fédéraux au rang de «sbires» cherchant les photos et les posts facebook, et conseillé par son ami Zyed Jaziri, qui se fait discret mais qui a tellement semé la ruine dans les lieux sans oublier un Khelil Chemmam effacé et occupé par le mercato de son ancien club, ont passé tous une longue journée à chercher une solution ou plutôt un palliatif. Les échos émanant de Moterrey sont ahurissants : des membres fédéraux en pleine guerre, un chaos total et de coups de fil pour demander l’avis de la tutelle, alors que Jenayeh, et Moez Nasri étaient élus pour trouver des solutions et ne pas compter sur le ministère du Sport. Cette journée du lundi était un long feuilleton turc : Lamouchi est appelé à s’en aller en cherchant une solution à l’amiable ( il a une clause de de résiliation de trois salaires, soient 110000 euros), avant que celui-ci refuse la démission ( question d’amour-propre). Il est même allé diriger une séance de décrassage. Et coup de théâtre, les joueurs, qui ont donné l’impression de le rejeter parce que son style est musclé et autoritaire, sont eux-mêmes qui réclament à Houcine Jenayeh et Zyed Jaziri de le maintenir. C’était un point crucial, un moment de vérité où les joueurs ont enfin assumé leurs responsabilités. On a fait marche-arrière et l’information du limogeage de Lamouchi a été supprimée de la page facebook de la FTF. Mais, encore une fois, le cirque se poursuit : Jenayeh et les membres fédéraux ont été sommés de limoger Lamouchi et lui verser trois salaires. C’est clair que le ministère du sport et l’Etat derrière lui avaient décidé de tourner la page de Sabri Lamouchi. Houcine Jenayeh et Zyed Jaziri, conseillés par un agent influent qui tire les ficelles dans les vestiaires et d’un groupe de membres fédéraux partisans et surtout un membre influent de la CAF, proposent le nom de Hervé Renard, qui vient d’être limogé de l’Arabie Saoudite après une mauvaise coupe arabe. Des négociations pénibles avec un entraîneur exigeant financièrement et au tempérament dur ont abouti à un accord. Ce serait une pige pour ce mondial, en attendant des négociations pour un engagement de deux ans et un salaire pas égal bien sûr à ce qu’il touchait en Arabie saoudite. Après toute cette journée mouvementée et qui traduit l’état piteux dans lequel la FTF se trouve, on engage Hervé Renard en pleine compétition sur un groupe qu’il ne connaît pas, avec qui il n’a jamais travaillé. Et bien sûr que le fameux Mondher Kebaier, l’homme à tout faire qui se trouve sur les lieux, va être le premier conseiller et adjoint de Renard. Pour Lamouchi, il sort par la petite porte avec un point noir dans son CV. Un seul match officiel dans la coupe du monde, et on le vire, lui qui vient d’être nommé en janvier. Son staff, en premier lieu, Wahbi Khazri, va rester alors que Renard emmène son staff avec lui. A-t-on idée où les choses sont arrivées en sélection ?

Hervé Renard-la solution idéale ?

A tête reposée, peut-on imputer tous les problèmes de l’équipe nationale et ce crash devant la Suède seulement à Sabri Lamouchi ? Ce serait réducteur de tout résumer en sa personne, lui qui était un ex-joueur de très haut niveau qui sait qu’est-ce que le monde du football. Ceux qui l’applaudissaient il y a quelques mois quand il a décidé de s’en passer de Sassi, Aidouni, Meriah, Ghandri, Sliti et les autres joueurs «finis» franchement sont ceux qui lui tirent dessus aujourd’hui. Il a sûrement pris le risque de changer un système de jeu et d’opter pour ce 5-4-1 des années 80, alors qu’il ne l’avait pas testé avant. Il a aussi cédé quelque part en obéissant aux vœux de la FTF pour quelques places dans la liste des 26, mais, globalement, il a essayé de changer, de lancer quelques noms qui n’auraient jamais rêvé de place avec Sami Trabelsi ou n’importe quel sélectionneur tunisien (c’est la vérité). Mais, quand le énième sélectionneur est viré en 5 ou 6 ans, cela veut dire que le mal est ailleurs. Hervé Renard, qui a réussi l’exploit de qualifier l’Arabie Saoudite au mondial avec une équipe moins étoffée quecellede2022oùilapu battre le champion du monde argentin avant de rater deux matches et sortir au premier tour du mondial qatari, est un entraîneur qui n’a pas connu dernièrement un énorme succès. Ses problèmes avec les dirigeants Saoudiens et avec les joueurs aussi en coupe arabe, on en parle encore. Son passage en équipe de France Dames (un choix bizarre à l’époque pour quelqu’un qui pouvait entraîner en France ou dans n’importe quel championnat de haut niveau), n’était pas aussi un énorme succès (il a été limogé après les JO de Paris). Ça reste, néanmoins, un grand nom, mais qu’est-ce qu’on peut lui demander en 5 jours ? C’est une coupe du monde finalement, et même si, logiquement, les chances de se qualifier sont faibles, on peut compter sur un sursaut d’orgueil et secouer les joueurs, qui restent les seuls acteurs sur le terrain quand la balle rebondit sur le gazon. Ni Lamouchi, ni Renard, la question est sûrement plus complexe. Houcine Jenayeh et Zyed Jaziri, le fameux duo, a réussi une malicieuse diversion du problème. Hervé Renard, débarqué en plein exercice sur un lieu qu’il n’a jamais côtoyé, devra inventer quelque chose pour les matches du Japon et de la Hollande. Les joueurs, eux, sont divisés : les pro Lamouchi ne sont pas contents, les anti Lamouchi jubilent. A eux de réagir et de jouer avec sérieux et sans peur. Le meilleur entraîneur du monde ne saura les aider à jouer comme costauds s’ils ne se sentent pas forts et convaincus.

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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