Plus de 70 % des victimes d’infarctus en Tunisie sont des fumeurs, alerte un spécialiste
Plus de 70 % des personnes atteintes d’un infarctus du myocarde en Tunisie sont des fumeurs, a indiqué jeudi le chef du service de cardiologie à l’hôpital La Rabta, Mohamed Sami Mourali.
S’exprimant en marge de la deuxième édition du programme trilatéral tuniso-japonais « Cardiology for Africa », organisée à l’initiative du ministère de la Santé en coopération avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), le spécialiste a souligné que les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de décès en Tunisie et engendrent des coûts de prise en charge élevés.
Mourali a précisé que le tabagisme demeure le principal facteur de risque, aux côtés du diabète, de la sédentarité, de l’hypercholestérolémie, de l’obésité et de l’hypertension artérielle.
Il a, en outre, indiqué que le stress psychologique peut favoriser les maladies cardiaques, sans qu’aucune étude scientifique n’ait établi un lien direct avec l’obstruction des artères.
Dans ce contexte, le spécialiste a souligné l’importance de la prévention et de l’adoption d’un mode de vie sain, rappelant que les accidents cardiaques peuvent entraîner des complications telles que l’insuffisance cardiaque ou des atteintes rénales.
Concernant la plateforme numérique « Najda », déployée dans l’ensemble des gouvernorats pour accélérer la prise en charge des infarctus par angioplastie dans les centres les plus proches, Mourali a souligné que la rapidité d’intervention est déterminante pour sauver des vies, estimant que cette initiative stratégique a déjà permis de réduire la mortalité et pourrait être davantage renforcée.
La deuxième édition du programme de formation tuniso-japonais, lancée mercredi pour une durée de trois jours, réunit 17 cardiologues issus de dix pays africains anglophones et francophones, dont le Cameroun, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, la Mauritanie, le Nigeria, l’Ouganda, le Sénégal, le Soudan et la Tanzanie.
Selon Mourali, cette coopération, née dans le cadre de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) de 2022, vise à renforcer les compétences médicales en Afrique, notamment dans la prise en charge du rhumatisme articulaire aigu, une pathologie encore répandue sur le continent et responsable d’atteintes graves des valves cardiaques.



