L’Algérie va-t-elle construire une méga-centrale électrique de 1 400 MW en Tunisie ?
L’Algérie envisage de renforcer davantage sa coopération énergétique avec la Tunisie à travers l’étude d’un projet de construction d’une importante centrale électrique à cycle combiné sur le sol tunisien. Cette initiative, encore au stade de discussion, pourrait constituer l’une des infrastructures énergétiques les plus importantes du pays, avec une capacité estimée à 1 400 mégawatts.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique régionale visant à consolider la sécurité énergétique des deux pays, dans un contexte marqué par une hausse continue de la demande en électricité, notamment lors des pics estivaux liés à la climatisation et à la croissance de la consommation industrielle et domestique.
Selon des informations issues d’un échange officiel entre les autorités énergétiques des deux pays, le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a reçu à Alger une délégation de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). Cette rencontre a permis d’examiner plusieurs axes de coopération, notamment le développement des interconnexions électriques et la modernisation des infrastructures de production.
Dans ce cadre, le projet de centrale à cycle combiné en Tunisie a été présenté comme une option stratégique susceptible de renforcer la stabilité du réseau électrique tunisien et de réduire la dépendance aux importations d’électricité.
Une centrale de 1 400 MW pour stabiliser le réseau tunisien
Le projet en discussion prévoit la construction d’une centrale électrique d’une capacité de 1 400 MW, reposant sur la technologie du cycle combiné, qui associe turbines à gaz et turbines à vapeur. Ce système permet de récupérer la chaleur issue de la combustion du gaz naturel afin de produire de l’électricité supplémentaire, améliorant ainsi le rendement global de l’installation.
Cette technologie est considérée comme l’une des plus efficaces actuellement utilisées dans le secteur de la production électrique, notamment en raison de sa capacité à réduire la consommation de combustible et les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux centrales thermiques classiques.
Selon les premières orientations évoquées lors des discussions, cette future infrastructure aurait pour objectif principal de renforcer la stabilité du réseau électrique tunisien, souvent soumis à une forte pression durant les périodes de forte demande. Elle permettrait également de limiter les risques de coupures et d’assurer une meilleure continuité de service.
Le projet s’inscrit également dans une logique de coopération industrielle entre la société publique algérienne Sonelgaz et la STEG, avec l’ambition de développer des partenariats structurants dans le secteur énergétique en Afrique du Nord.
Une intégration énergétique régionale en construction
Au-delà du projet de centrale, les deux parties ont mis en avant la nécessité d’accélérer les projets d’intégration énergétique régionale entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye. L’un des axes majeurs évoqués concerne le renforcement des interconnexions électriques entre les trois pays, afin de faciliter les échanges d’électricité et d’améliorer la flexibilité des réseaux nationaux.
L’Algérie a également réaffirmé son engagement à continuer d’exporter de l’électricité vers la Tunisie, notamment durant l’été 2026, période durant laquelle la demande atteint généralement ses niveaux les plus élevés. Cette coopération intervient dans un contexte où la Tunisie fait face à une croissance rapide de sa consommation énergétique, sans augmentation équivalente de sa capacité de production locale.
Du côté tunisien, la STEG a exprimé son intérêt pour l’expertise algérienne dans les domaines de la production, du transport et de la distribution d’électricité, en particulier pour les projets de grande envergure et les technologies modernes de production.
Une dépendance énergétique encore marquée en Tunisie
Actuellement, la Tunisie reste partiellement dépendante des importations d’électricité, notamment en provenance de l’Algérie et de la Libye, afin de compenser le déséquilibre entre l’offre et la demande, surtout lors des périodes de forte consommation.
Le mix énergétique tunisien repose encore largement sur le gaz naturel, qui représente la principale source de production d’électricité. Les énergies renouvelables, bien qu’en progression, demeurent encore limitées dans la structure globale de production.
Dans ce contexte, l’ajout d’une centrale de grande capacité pourrait constituer un tournant stratégique. Il permettrait non seulement de renforcer l’autonomie énergétique du pays, mais aussi d’améliorer la résilience du système électrique face aux variations saisonnières de la demande.
Les autorités énergétiques estiment également que le développement de centrales à cycle combiné représente une solution intermédiaire efficace entre les centrales thermiques traditionnelles et les investissements massifs nécessaires dans les énergies renouvelables.
Si elle est concrétisée, la future centrale de 1 400 MW viendrait s’ajouter aux principales infrastructures de production électrique déjà existantes en Tunisie, contribuant à moderniser et renforcer le système énergétique national.
Elle pourrait également jouer un rôle structurant dans la transition énergétique du pays en améliorant l’efficacité globale de la production et en réduisant les coûts liés à la consommation de carburant.
Dans un contexte régional marqué par une demande énergétique croissante et une forte interconnexion des réseaux, ce projet illustre la volonté de l’Algérie et de la Tunisie de renforcer leur coopération stratégique dans un secteur considéré comme vital pour le développement économique et la stabilité des deux pays.
R.I



