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Société

Endoscopie interventionnelle — Entretien avec Dr Lamine Hamzaoui, Professeur agrégé en gastroentérologie à l’Hôpital Med Tahar-Maamouri (Nabeul) : L’expertise tunisienne au service des médecins de l’Afrique subsaharienne

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  • 20 juin 2026
  • 5 min de lecture
Endoscopie interventionnelle — Entretien avec Dr Lamine Hamzaoui, Professeur agrégé en gastroentérologie à l’Hôpital Med Tahar-Maamouri (Nabeul) : L’expertise tunisienne au service des médecins de l’Afrique subsaharienne

Dans le cadre du nouveau programme de formation triangulaire sur l’«Endoscopie gastroentérologique pour l’Afrique», dont le procès-verbal a été signé le 9 juin 2026 entre le ministère de la Santé, l’hôpital universitaire Mohamed Tahar-Maâmouri de Nabeul et l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), trois sessions de formation seront organisées entre 2026 et 2028, à raison d’une session par an.

La première session, prévue fin 2026, accueillera des participants issus de plusieurs pays africains francophones, et sera animée par le Dr Lamine Hamzaoui, chef du service de gastroentérologie à l’hôpital universitaire Mohamed Tahar-Maâmouri de Nabeul. Cet éminent spécialiste en gastroentérologie nous donne plus de détails sur ce programme. Interview.

En quoi consiste ce nouveau programme de formation triangulaire sur «l’Endoscopie gastroentérologique pour l’Afrique» signé le 9 juin 2026 entre le Ministère de la Santé, l’hôpital universitaire Mohamed Tahar-Maâmouri de Nabeul et l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) ?

Il s’agit d’une formation triangulaire organisée par l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), le ministère de la Santé et le service de gastroentérologie de l’hôpital universitaire Mohamed Tahar- Maâmouri à Nabeul en endoscopie digestive interventionnelle. Elle comprendra 3 sessions de «training» (3 jours par session de formation), à raison d’une session par an (de 2026 à 2028). La première aura lieu en novembre 2026.

Quel est l’objectif de ce programme ?

Son principal objectif est de permettre aux apprenants la maîtrise d’actes d’endoscopie digestive thérapeutique et leur perfectionnement à travers des ateliers sur simulateurs.

Quelle est la cible de ce programme ? Et avez-vous une idée sur le nombre de participants et leurs nationalités ?

Le programme de la formation est destiné à nos confrères des pays de l’Afrique subsaharienne. Il y aura 15 médecins originaires de 7 pays différents dont la liste est en cours de finalisation. Pour cette première session, il s’agira de pays d’Afrique francophone.

Les deux autres sessions sont prévues pour quand ? Et elles se tiendront où ? Toujours à l’hôpital Mohamed Tahar-Maâmouri ?

Les dates des deux autres sessions n’ont pas été encore fixées mais je pense qu’elles seront programmées pour la fin des années 2027 et 2028. Elles auront lieu entre un hôtel de Hammamet où il y aura les ateliers sur simulateurs et l’hôpital Mohamed Taher Maâmouri.

Comment ce programme pourra-t-il améliorer la qualité des services d’endoscopie dans les pays subsahariens ?

Pour cette première session, nous allons proposer un programme comprenant des actes et des gestes qui permettront de gérer des pathologies assez fréquentes en gastroentérologie, que ce soit en Afrique ou bien partout dans le monde, comme le traitement endoscopique des hémorragies digestives par exemple et qui représentent des urgences qui peuvent mettre en jeu le pronostic vital du patient mais aussi la résection de polypes recto-coliques et gastriques ainsi que d’autres techniques.

L’apprentissage et la maîtrise de l’endoscopie interventionnelle sont importants car ils font partie du traitement aussi bien curatif que préventif de plusieurs pathologies. Aussi, certaines techniques peuvent représenter une alternative au traitement chirurgical.

Quel est l’état des lieu de la qualité des services d’endoscopie en Tunisie ? Quels sont les défis à relever ?

L’endoscopie interventionnelle est un domaine qui évolue beaucoup. Le niveau des endoscopistes en Tunisie est bon mais nous aimerions bien introduire les techniques avancées aussi bien dans le secteur public que privé. Le principal problème limitatif est le manque de moyens et de matériel qui est coûteux.

Aussi, il faudrait former les endoscopistes, surtout les jeunes, pour maîtriser et développer ces techniques avancées et ceci dans plusieurs centres (hôpitaux et cliniques). Une fois le geste appris, l’endoscopiste devrait transmettre son savoir-faire et le partager avec les membres de son équipe. Ces formations sont, comme pour le matériel, assez coûteuses.

Il faudrait une collaboration entre les différents intervenants : le ministère de la Santé, la société tunisienne de gastroentérologie, le collège de gastroentérologie, etc. afin de faire évoluer ce domaine et atteindre le niveau des pays développés en endoscopie interventionnelle.

En tant que spécialiste, comment cette initiative peut-elle valoriser l’expertise tunisienne en gastroentérologie et renforcer les compétences des professionnels de santé africains ?

Je suis souvent frustré quand je vois le bon niveau de la médecine en Tunisie d’une part et le manque de moyens et parfois de volonté d’autre part pour proposer à nos patients des prestations de soins et des actes comme ceux qui se font ailleurs et ceci dans les différentes spécialités. Espérons que le meilleur reste à venir.

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Auteur

Abdel Aziz HALI

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