A l’occasion de la Journée mondiale de la réfrigération, célébrée le 26 juin sous le thème « Le froid intelligent », l’Agence nationale de protection de l’environnement (Anpe), en partenariat avec l’Onudi, a mis en lumière le rôle stratégique de la chaîne du froid dans la sécurité alimentaire, la santé, le développement économique et la lutte contre le changement climatique. L’événement a également permis de présenter les avancées de la Tunisie dans la réduction des gaz réfrigérants nocifs ainsi que des projets innovants déployés en Afrique pour promouvoir un froid durable et accessible.
La Presse — À l’occasion de la Journée mondiale de la réfrigération, l’Agence nationale de protection de l’environnement (Anpe) a organisé un séminaire sur « Le froid intelligent », en coopération avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) et en présence de nombreux acteurs publics et privés.
L’investissement dans le froid a été présenté comme « facteur stratégique », dans la mesure où il touche des domaines aussi importants que d’actualité, à l’instar de la sécurité alimentaire, la santé, le développement économique et l’action climatique.
Selon Lassâad Ben Hassine, représentant de l’Onudi en Tunisie, pas moins de 526 millions de tonnes de nourriture sont perdues chaque année faute de continuité de la chaîne du froid, une quantité équivalente à 12% de la nourriture produite à l’échelle globale, suffisante pour nourrir 1 milliard de personnes.
Cette importance du froid est également déterminante dans le domaine de la santé, par exemple pour la conservation et le transfert des vaccins et autres médicaments, pour la compétitivité des entreprises, notamment dans l’agroalimentaire, mais aussi pour soutenir l’action climatique, en adoptant des choix propres et intelligents aussi efficaces que respectueux des normes climatiques et environnementales.
L’enjeu étant tel, M. Ben Hassine a insisté sur l’importance de l’intelligence humaine pour opter pour les choix adéquats de refroidissement qui, selon lui, ne consistent pas uniquement à installer des équipements de refroidissement, mais qui vont au-delà, appelant à entrevoir des choix judicieux à tous les niveaux de la chaîne, dont le volet juridique, l’institutionnel, la formation des ressources humaines, le recyclage des liquides utilisés, etc.
C’est, au fait, toute une filière à développer et dont la Tunisie a montré des preuves solides au niveau régional et mondial, ne serait-ce que pour se conformer aux exigences du protocole de Montréal adopté en 1987, voilà maintenant près de 4 décennies.
L’action de la Tunisie
Parmi les actions concrètes énumérées à cette occasion, la Tunisie a gelé depuis 2024 sa consommation en substances hydro-chlorofluorocarbures (Hcfc, gaz à effet de serre) dans la perspective de leur élimination totale d’ici 2030.
Selon Youssef Hammami, coordinateur de l’Unité nationale d’Ozone à l’Anpe, la Tunisie projette de réduire de 80% son utilisation des Hcfc d’ici 2045. Elle a également engagé un travail de reconversion des unités industrielles fabriquant des climatiseurs ainsi qu’un programme de formation des compétences dans le domaine de réfrigération/climatisation. Pas moins de 100 techniciens ont été formés et 10 centres de formation sont en cours d’installation, précise-t-on à l’occasion de cette journée.
M. Hammami évoque l’utilisation intelligente des équipements de refroidissement que ce soit au niveau de la fabrication, de l’installation ou de la maintenance.
Projets pilotes en Afrique
La célébration de la Journée mondiale de la réfrigération était l’occasion pour présenter deux projets pilotes réalisés dans 4 pays africains chauds et financés, entre autres, par l’Union européenne. Les deux projets, « Agricool » et « Sophia », démontrent comment la technologie a été déployée pour rationaliser la production, réduire les risques et obtenir des résultats à moindre coût.
Le projet « Agricool » consiste, en effet, à utiliser l’énergie solaire dans les zones chaudes isolées pour mettre en place un environnement permettant de conserver les produits agricoles frais, dont une grande partie pourrit rapidement, dans les conditions classiques, à cause de la chaleur. Des panneaux photovoltaïques permettent ainsi de produire de l’électricité en quantité suffisante pour alimenter des installations de refroidissement. Il s’avère au passage que les produits cultivés sous ces panneaux permettent des économies d’eau et, en conséquence, coûtent moins cher.
Pour le projet « Sophia », ce sont des produits pharmaceutiques, des hôpitaux et autres installations sanitaires qui bénéficient de meilleures conditions, plus confortables, grâce à l’énergie solaire, pour conserver les vaccins et les médicaments, obtenir de l’eau fraîche/chaude dans les régions isolées et fournir des prestations sanitaires et médicales plus confortables.
Il s’agit de « révolutionner » la chaîne du froid, a conclu Halima Thraya, présidente du groupe de travail de l’Institut international du froid (IIF) sur la chaîne du froid dans les pays chauds.
Qu’est-ce que la Journée mondiale de la réfrigération ?
Le 26 juin est le jour le plus frais de l’année ! Il a été choisi pour célébrer, depuis 2019, la Journée mondiale de la réfrigération. C’est également le jour d’anniversaire du pionnier de la réfrigération, Lord Kelvin.
L’événement vise à sensibiliser les opérateurs économiques, les décideurs institutionnels et le grand public à l’importance des technologies du froid, dont les retombées couvrent les dimensions alimentaire, économique, sociale, sanitaire et climatique.
Le froid a ainsi pris de l’importance, pas uniquement pour lutter contre le réchauffement climatique, mais comme vecteur de développement, de compétitivité et de création d’emplois.



