gradient blue
gradient blue
A la une Economie

Transition énergétique : la Tunisie devance le Maroc et l’Algérie dans le classement 2026

Avatar photo
  • 21 juin 2026
  • 4 min de lecture
Transition énergétique : la Tunisie devance le Maroc et l’Algérie dans le classement 2026

La Tunisie occupe la 62e place mondiale sur 120 pays dans l’édition 2026 de l’Energy Transition Index (ETI), publiée par le Forum économique mondial (WEF) en partenariat avec Accenture. Avec un score global de 56 points, le pays se situe dans la catégorie des performances intermédiaires, confirmant une position stable mais encore fragile dans la course mondiale vers la transition énergétique.

Ce classement, devenu une référence internationale, évalue chaque pays selon sa capacité à assurer une transition énergétique équilibrée. Il repose sur deux dimensions principales : la performance actuelle du système énergétique (sécurité, accessibilité et durabilité) et la préparation à la transition vers un modèle plus propre et plus innovant. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de mesurer la situation actuelle, mais aussi la capacité des États à transformer durablement leur modèle énergétique.

Un classement dominé par l’Europe du Nord

Sans surprise, les pays nordiques dominent largement ce classement. La Suède arrive en tête avec 75,3 points, suivie de la Finlande (74,1) et du Danemark (72,6). Ces pays confirment leur avance structurelle grâce à des politiques énergétiques cohérentes, des investissements massifs dans les renouvelables et une forte intégration de l’innovation dans leurs systèmes électriques. L’Estonie et la Norvège complètent le top 5 mondial.

Dans ce paysage dominé par l’Europe du Nord, la Tunisie trace sa propre trajectoire. Le pays se distingue d’abord au niveau régional. Avec sa 62e place mondiale, elle devance le Maroc (72e, 54,5 points), l’Algérie (94e, 50,7 points) et l’Égypte (84e, 52,6 points). Cette position confirme une réalité souvent observée dans les rapports internationaux : la Tunisie dispose d’un système énergétique relativement structuré par rapport à ses voisins immédiats, malgré des ressources limitées.

Les données détaillées du rapport permettent toutefois de nuancer ce constat. La Tunisie obtient un score de 62,4 points pour la performance de son système énergétique actuel, ce qui reflète une certaine stabilité en matière d’accès à l’énergie et de gestion du réseau. Mais en revanche, elle n’atteint que 46,3 points pour la préparation à la transition énergétique, un indicateur clé qui mesure la capacité d’un pays à attirer les investissements, moderniser ses infrastructures et accélérer l’adoption des énergies propres.

Cet écart entre les deux composantes raconte, à lui seul, le principal défi tunisien : un système qui fonctionne aujourd’hui, mais qui peine encore à se projeter pleinement dans le futur. Le pays dispose pourtant d’un potentiel important, notamment dans le solaire et les énergies renouvelables, mais la transformation de ce potentiel en projets concrets reste limitée par des contraintes d’investissement, de gouvernance et de cadre réglementaire.

À l’échelle régionale, la Tunisie se situe dans un groupe intermédiaire du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Elle est devancée par plusieurs pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis (49e), l’Arabie saoudite (55e) et le Qatar (58e), mais reste devant une grande partie des économies émergentes de la région. Cette position confirme un équilibre fragile : ni leader régional incontesté, ni pays en retard structurel.

Une Tunisie à deux vitesses

Le rapport du WEF souligne par ailleurs un contexte mondial de transition de plus en plus complexe. La hausse des coûts de financement, les tensions géopolitiques et les incertitudes politiques ralentissent les investissements dans les énergies propres, même dans les économies avancées. Dans ce cadre, la capacité des pays à sécuriser des financements et à offrir un cadre stable devient aussi importante que leurs ressources naturelles.

Pour la Tunisie, le message est clair. La base énergétique existe et permet d’assurer une certaine stabilité, mais la prochaine étape exigera un changement de rythme. L’enjeu n’est plus uniquement de produire et de gérer, mais de transformer, innover et attirer les capitaux nécessaires pour construire un modèle énergétique durable.

En somme, le classement 2026 dessine une Tunisie à deux vitesses : solide dans son présent énergétique, mais encore en quête d’un élan décisif pour son avenir. Une position intermédiaire qui offre des opportunités, mais qui impose aussi une accélération stratégique si le pays veut consolider sa place dans la nouvelle carte mondiale de l’énergie.

 

 

 

Avatar photo
Auteur

Meriem KHDIMALLAH

You cannot copy content of this page