Dossier médical électronique : ce qui va changer pour les Tunisiens
Chaque citoyen tunisien disposera, avant la fin de l’année 2026, d’un identifiant sanitaire national unique, a annoncé lundi le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, dans le cadre de la stratégie de numérisation du système de santé et d’amélioration des services destinés aux citoyens.
S’exprimant lors d’une séance plénière de dialogue au Conseil national des régions et des districts, le ministre a indiqué que plus de 15 000 identifiants sanitaires ont déjà été attribués. Cette mesure vise à instaurer un système numérique unifié permettant de centraliser les données médicales des citoyens et de faciliter leur prise en charge au sein des différents établissements de santé.
Mustapha Ferjani a également annoncé le lancement prochain du portail national de santé “Sehatouna”, qui constituera une plateforme numérique sécurisée donnant à chaque citoyen accès à son dossier médical électronique grâce à son identifiant sanitaire personnel.
Selon le ministre, ce portail permettra d’assurer la continuité du suivi médical, d’améliorer la coordination entre les différents intervenants du secteur et de renforcer la protection des données personnelles et médicales.
Il a souligné que la numérisation n’a pas vocation à remplacer les médecins ou le personnel paramédical, mais à soutenir leur travail en rapprochant les services de santé des citoyens, en réduisant les contraintes géographiques, en accélérant la prise de décision médicale et en améliorant l’efficacité des interventions sanitaires.
Concernant le secteur pharmaceutique, Mustapha Ferjani a insisté sur le fait que le médicament constitue un enjeu de sécurité nationale. Toute perturbation de l’approvisionnement peut, selon lui, avoir des répercussions directes sur la santé des citoyens et sur le fonctionnement du système de santé.
Le ministère œuvre ainsi au renforcement de la sécurité pharmaceutique à travers une meilleure gouvernance des achats et de la distribution, le suivi des stocks stratégiques, le soutien à la Pharmacie centrale ainsi que le renforcement du rôle de l’Agence nationale du médicament et des produits de santé.
Le ministre a en outre indiqué que les autorités poursuivent leurs efforts pour encourager la production nationale de médicaments, promouvoir l’usage des médicaments génériques et des biosimilaires, simplifier les procédures d’enregistrement et d’autorisation et réviser certains mécanismes de fixation des prix.
Selon lui, la souveraineté sanitaire ne signifie pas l’isolement, mais la capacité du pays à garantir ses besoins essentiels, à développer son industrie pharmaceutique, à diversifier ses partenaires et à protéger les citoyens contre les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
La numérisation devrait également contribuer à améliorer la gestion des médicaments grâce à des données précises sur les besoins réels des établissements de santé et à la détection précoce des risques de pénurie.
Par ailleurs, le ministère poursuit la modernisation des systèmes de suivi et d’évaluation, la gestion des ressources humaines et des équipements médicaux à travers la numérisation des procédures administratives, le déploiement de systèmes d’information modernes et le développement de la formation à distance.
Mustapha Ferjani a reconnu que plusieurs défis persistent au sein du système de santé, notamment les délais d’attente pour certains rendez-vous, le manque de certaines spécialités médicales dans plusieurs régions, la pression exercée sur les services d’urgence ainsi que les difficultés occasionnelles d’approvisionnement en médicaments et en équipements médicaux.
Sur le plan des ressources humaines, le ministre a indiqué que le programme de recrutement de 4 000 postes se poursuit et que près de 50 % des recrutements prévus ont déjà été réalisés afin de renforcer les établissements de santé en personnel médical et paramédical.
Il a enfin assuré que le ministère met en œuvre une stratégie fondée sur des projets concrets et des réformes touchant les infrastructures, les équipements, les ressources humaines, la numérisation et le cadre réglementaire, dans l’objectif de garantir un accès équitable à des services de santé de qualité dans l’ensemble des régions du pays.
S.R



