L’équipe de Tunisie quitte le Mondial après le revers 4-0 devant le Japon : Un récital de « médiocrité » et de passivité !
La pilule Hervé Renard n’est pas passée. Lui n’a rien apporté par rapport au coaching de Lamouchi, ses joueurs étaient terrassés et si nuls et démobilisés qu’ils ont réédité la même copie que celle contre la Suède.
La Presse — Chemise blanche déboutonnée, colère et cris à l’encontre des joueurs, va-et-vient devant le banc, le style Hervé Renard n’a rien apporté hier. L’entraîneur français a, lui aussi, cédé sur un score large tout comme son prédécesseur Lamouchi sur un humiliant 4-0 devant un Japon privé de 4 cadors. Pire, Hervé Renard a fait du Sabri Lamouchi : il pensait que garder le système 5-3-2 et changer de gardien allait suffire pour rebondir. Lui aussi a joué la carte Saâd comme avant-centre, et lui aussi a repris l’axe défensif de Lamouchi en faisant rentrer Ben Hmida à la place de Bronn à la mi-temps. Renard n’est pas, honnêtement, coupable vu le peu de temps qu’il a eu, mais il n’a pas réussi à se démarquer de Lamouchi, il n’a pas créé ce fameux choc psychologique auprès de ses joueurs. Le comble, à 4-0, Renard fait rentrer Khedhira et Achouri à la 89’ ! Sans commentaire. Ce discours éloquent du nouveau sélectionneur envers les joueurs, les messages émotionnels et forts ont été sans effet. Le problème, comme nous le disons depuis des années, est général.
Ce 4-0 d’hier face au Japon veut dire quitter le mondial et ne pas lutter même pour la 3e place (au meilleur des cas, ce sera une place entre nous et les Suédois qui sont meilleurs). Indigne, inouï, invraisemblable, écœurant, déshonorant, catastrophique, vous avez tous les adjectifs pour qualifier cette participation au mondial 2026.
Un mondial où 8 équipes sur les meilleurs troisièmes passent, et en nous classant derniers après deux cartons, c’est la preuve que l’équipe de Tunisie n’a pas les moyens et les joueurs pour le faire. Et cela veut dire que la pilule Hervé Renard que Houcine Jenayeh voulait jouer pour détourner l’attention n’est pas passée. Le problème n’est nullement la défaite, mais deux scores larges en 6 jours, un seul but marqué, un seul tir cadré hier, échec total dans le placement et l’occupation des espaces ainsi que dans les relais et les duels, ce ne sont pas des choses simples à digérer. En football, ilyatoujourscefondàne pas toucher, eh bien notre équipe tunisienne l’a touché hier. La pire participation ? c’est secondaire honnêtement, parce que celle de 2002 avec Souayah, celle de 98 avec Kasperczak, celle de 2006 avec Lemerre, de 2018 avec le fameux Nabil Maâloul, étaient très faibles et nulles. Finalement, l’équipe de Jalel Kadri en 2022 a réussi à ramener 4 points et à battre la France et quitter la tête assez haute.
Choix discutables !
Revenons à la gestion du match d’hier. Nous étions étonnés de voir Renard agir de la même façon que Sabri Lamouchi avec une charnière à trois et une défense à 5 vu que Valéry et Abdi étaient plus des latéraux qu’excentrés. On pensait que le nouveau sélectionneur, qui avait quand même une certaine marge pour changer, allait jouer en 4-3-3 et qu’il opterait pour un attaquant de pointe qui pèse sur la défense japonaise pas très brillante. Rien de cela, il a, lui aussi, opté pour Saâd comme faux attaquant de pointe. Ses changements étaient Dahmane dans les bois, Bronn et Tounekti d’entrée pour un Ben Slimène reculé. Mais c’était le même plan faillible devant la Suède, et Renard, impuissant et déboussolé chaque fois que la caméra le prenait, était « contaminé » par cette impuissance collective dégagée par les joueurs. Le conservatisme de Renard n’a pas fonctionné, ses messages forts, sa rage qu’on a vue, ne se sont pas transmis aux joueurs. Et justement, quand vous avez une prestation pareille, des statistiques indignes en deux matches, vous comprenez vite que l’équipe de Tunisie n’a pas de grands joueurs. Des joueurs qui peuvent s’imposer, jouer sans complexes, rassurer en défense tel que l’ont fait les autres élections africaines. Nuls, impuissants, tardifs dans les duels au milieu, perdus en défense et dans les duels aériens, sans gardien qui, comme Chamekh, n’a pas pesé, les équipiers de Skhiri étaient un cran au-dessous du Japon. Les Japonais, eux, jouaient avec la tête à l’image de Nakamura et Ueda, alors que nous jouions sans tête ni cœur. On n’a pas besoin de creuser encore et de chercher des explications tactiques à un match que nous n’avons pas joué au départ. On était « off » tout court, traînant une prestation humiliante pour un football tunisien trahi par ses joueurs et ses dirigeants depuis des décennies. Et encore une fois, chapeau à la mémorable équipe de 1978 jamais égalée et jamais imitée. Eux étaient vraiment de grands joueurs, des gaillards, des patriotes qui ont ouvert la porte à l’Afrique en coupe du monde. Hier, Mejbri et ses équipiers ont sali le maillot. Et derrière eux un bureau fédéral indigne et coupable sans le moindre scrupule. Ce mondial 2026 restera une plaie ouverte pour des années encore.



