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Sport

Un électrochoc pour rien !

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  • 22 juin 2026
  • 5 min de lecture
Un électrochoc pour rien !

Arrivé avec un grand effet d’annonce au chevet d’une équipe traumatisée par le revers du premier match contre la Suède, Hervé Renard n’a pas pu empêcher le naufrage face au Japon.

La Presse — En football, il n’y a plus de miracles ahurissants et des destins qu’on change avec le seul recours à des discours retentissants. «Ça n’arrive pas souvent», comme a tenu à le souligner Hervé Renard lui-même tout en insistant «qu’il faut quand même ne pas arrêter d’y croire». Ce n’est pas lui qui a choisi la liste des 26 et qui a appelé certains joueurs qui n’ont pas leur place et qui a écarté d’autres qui auraient certainement mieux faire. Ce n’est pas lui qui a été responsable du fiasco du premier match d’ouverture contre la Suède qui a compliqué la situation et la tâche de Mejbri et de ses compères dans la phase de groupes. Tout ce gâchis était l’héritage de son prédécesseur Lamouchi.

Une pression infernale

Bien avant le coup d’envoi, la pression est montée dans le camp tunisien après la victoire des Pays-Bas sur la Suède. Le pire scénario qui a mis l’équipe nationale devant l’obligation d’éviter une seconde défaite qui la mettrait out de cette Coupe du monde. Une pression à laquelle le onze rentrant n’a pas été hermétique, craquant dans la première demi heure de jeu avec deux buts encaissés sans en rendre aucun avant de déposer les armes en seconde mi-temps malgré les changements opérés dans la formation avec deux autres buts qui vont transformer la défaite en calvaire.

Hervé Renard a raté le coche en ne parvenant pas à trouver la bonne approche tactique pour mieux contre-carrer le jeu imprévisible et illisible des Japonais, basé sur deux qualités majeures : la variété dans l’élaboration des actions offensives et la vitesse d’exécution. Avec une ou deux touches de balle rapides et sans fioritures, les coéquipiers de Tanaka sont arrivés à créer de nombreux espaces et un très bon nombre d’occasions de but. En choisissant l’option d’un bloc arrière très bas avec une charnière à trois et un milieu de terrain collé à la défense, Hervé Renard a fourni à son adversaire l’arme avec laquelle ce dernier va le prendre à la gorge : le contrôle du match par la possession. En bridant son compartiment offensif et en tranchant pour une attaque molle sans joueur de pointe aux avant-postes, le sélectionneur de l’équipe de Tunisie s’est privé des moyens de pousser son bloc vers le haut. C’est quand même bizarre ce recours par Renard au même plan de jeu qui n’a pas réussi à Lamouchi contre la Suède et qui lui coûté un carton et le limogeage dès son premier match au Mondial. Si on n’est pas très proche du périmètre de vérité de l’adversaire, si on n’est pas omniprésent et si on ne porte pas assez le danger dans sa surface, c’est la meilleure façon de le mettre en confiance.

Des changements sans impact

Hervé Renard a multiplié les entretiens individuels et collectifs avec les joueurs dès sa prise de fonction et a axé son travail sur des discours répétés avec les mêmes mots forts pour décompresser son groupe. Ses efforts pour retaper le moral et motiver des joueurs à bout de souffle et en panne de confiance ont été vains. En faisant revenir Dahmen dans les buts et en mettant Rani Khedira out de la composition du milieu de terrain, la prestation de l’équipe n’a pas évolué et les erreurs individuelles sur les quatre buts encaissés ont été fatales. Dahmen n’a pas bien remplacé Chamekh comme dernier rempart et Ellyes Skhiri a récidivé avec une même imprudence qui a coûté le but qui a tué le match.

La preuve confirmée que les joueurs sont la matière première de toute équipe. Et que le sélectionneur national ne peut pas réaliser des miracles avec des joueurs qui ne sont pas au même niveau sur le plan physique. Si on ajoute le cas du vestiaire lézardé où il n’y a pas de patron de groupe et de leadership pour imposer discipline , rigueur et solidarité en dehors et à l’intérieur du rectangle vert, le cumul de lacunes et de handicaps est trop lourd pour nous donner autre que cette copie la plus désagréable et la plus désastreuse de nos sept participations en phase finale de Coupe du monde. L’effet Renard n’a pas eu lieu au grand dam du Bureau Fédéral qui a pris à la légère la préparation de cette Coupe du monde et n’avait un œil que sur le gain financier qu’elle lui apporterait, oubliant que pour gagner plus, il fallait travailler plus sur le plan résultats et qualification au second tour.

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Auteur

Hédi JENNY

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