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Société

Barrage Mellègue : les eaux déversées absorbées et redirigées avec succès

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  • 23 juin 2026
  • 5 min de lecture
Barrage Mellègue : les eaux déversées absorbées et redirigées avec succès

L’incident survenu récemment au barrage de Mellègue (Mellègue/Mellegue), à la suite d’une défaillance de l’une de ses vannes d’évacuation, n’a eu aucun impact sur les réserves en eau. Les services compétents sont parvenus à maîtriser la situation en récupérant et en redirigeant correctement les volumes d’eau déversés, a affirmé Faez Moslem, directeur général des barrages et des grands travaux hydrauliques au ministère de l’Agriculture.

Dans une déclaration accordée à l’agence TAP, le responsable a expliqué que l’incident s’est produit le 17 juin 2026, après l’achèvement d’une opération de lâcher d’eau destinée au périmètre irrigué de Jendouba. Cette opération, portant sur un volume de 100 000 m³, s’est déroulée entre 20h00 et 21h06. Lors de la fermeture de la vanne utilisée, celle-ci est sortie de son axe.

Selon lui, la manœuvre concernée est une procédure de routine réalisée manuellement par deux agents. Toutefois, la perte de contrôle sur un débit particulièrement important, estimé à près de 400 m³ par seconde, a suscité des inquiétudes. Il a précisé que la vanne concernée est un ouvrage imposant de 70 tonnes, en service depuis la construction du barrage en 1954 et difficilement remplaçable.

Dès la survenue de l’incident, une équipe technique de la Direction générale des barrages ainsi que le secrétaire d’État chargé des Ressources hydrauliques se sont rendus sur place. La priorité a été donnée à la protection des habitants des zones avoisinantes, en coordination avec la Protection civile et les autorités locales des gouvernorats du Kef et de Jendouba, afin d’éviter tout dommage aux personnes, aux habitations, aux routes ou au cheptel.

Dans une seconde phase, les équipes ont assuré le suivi des volumes d’eau acheminés vers l’oued Medjerda puis vers le barrage de Sidi Salem. L’ensemble des quantités déversées a été absorbé sans provoquer de dégâts. Les premières inspections ont par ailleurs confirmé l’absence de dommages structurels au barrage.

Faouzi Moslem a souligné que cette gestion efficace de la situation a été facilitée par le projet de protection de la vallée de la Medjerda contre les inondations, lancé fin 2025 et s’étendant de la frontière algérienne jusqu’au barrage de Sidi Salem. Les travaux déjà réalisés ont permis de mieux maîtriser les écoulements.

Il a également indiqué que les premières arrivées d’eau au barrage de Sidi Salem ont été enregistrées dès le dimanche 21 juin 2026.

Le barrage de Mellègue, doyen des barrages tunisiens

Construit en 1954 sur l’oued Mellègue, connu pour son caractère torrentiel, le barrage avait pour vocation principale de protéger la ville de Jendouba contre les crues et d’assurer l’approvisionnement en eau des gouvernorats du Kef et de Jendouba.

Arrivé aujourd’hui à la fin de sa durée de vie théorique et fortement envasé — près de 80 % de sa capacité étant occupée par les sédiments — il doit être remplacé par le barrage de Mellègue supérieur. Lancé en 2016, ce nouveau projet devrait être achevé d’ici fin septembre 2026. Selon le directeur général des barrages, les travaux sont actuellement dans leur phase finale, comprenant notamment le déplacement de la route et la remise en état du chantier.

Concernant les 29 millions de m³ d’eau qui se sont écoulés à la suite de l’incident, il a précisé qu’environ 8 millions de m³ ont pu être préservés, un volume jugé suffisant pour couvrir les besoins du périmètre irrigué de Jendouba pendant trois mois.

Il a ajouté que l’alimentation des zones irriguées de Nebeur et Sidi Kheïr, dans le gouvernorat du Kef, n’est pas assurée par cette vanne mais par des pompes installées au sein du barrage. Quant à la région irriguée de Jendouba, elle sera désormais alimentée à partir du barrage de Bouhertma.

Des barrages soumis à un suivi permanent

Abordant la question du vieillissement des barrages tunisiens, Faouzi Moslem a assuré que l’ensemble des ouvrages fait l’objet de programmes réguliers d’entretien, incluant la maintenance périodique, préventive et corrective, conformément aux normes de la Commission internationale des grands barrages.

La Tunisie compte actuellement 37 barrages en exploitation et quatre autres en cours de construction : Kalaâ Kebira (Sousse), Douimis (Bizerte), Khelad (Béja) et Saïda (La Manouba). Leur mise en service est prévue en 2026, à l’exception du barrage de Saïda, dont l’achèvement est retardé par des difficultés d’approvisionnement en matériaux rocheux.

Le responsable a également annoncé le lancement, en janvier 2026, des travaux du barrage de Raghai à Ghardimaou, dans le gouvernorat de Jendouba.

S’agissant de la stratégie future de mobilisation des ressources hydriques face aux changements climatiques, il a estimé que l’évolution de la répartition géographique des pluies ne justifie pas, à ce stade, une révision complète de la politique de construction des barrages. Les zones côtières orientales, où les précipitations tendent à se concentrer davantage, présentent en effet des reliefs peu propices à l’implantation de grands ouvrages hydrauliques.

Il a néanmoins indiqué que les études détaillées du futur barrage de Malah supérieur, affluent du barrage de Sidi El Barrak, sont actuellement en cours, tandis que la réalisation du barrage de Boulâaba dans le gouvernorat de Kasserine ainsi que le rehaussement du barrage de Siliana figurent parmi les projets programmés.

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Auteur

La Presse

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