Barrages: renforcer la maintenance et moderniser l’infrastructure hydraulique
L’expert en développement et gestion des ressources en eau, Houcine Rmili, a recommandé la mise en place d’un programme régulier d’entretien et de maintenance des barrages tunisiens à la suite de l’incident survenu récemment au barrage de Mellègue.
Dans une déclaration à l’agence TAP, il a également plaidé pour l’abandon des équipements anciens au profit de systèmes hydrauliques plus modernes. Selon lui, l’adoption de vérins hydrauliques permettrait d’améliorer la sécurité des installations et de limiter les pertes d’eau à l’avenir.
Pour rappel, dans la nuit du 17 au 18 juin 2026, une importante hausse du débit de l’oued Mellègue a été enregistrée à la suite de l’écoulement de grandes quantités d’eau stockées, provoqué par une défaillance technique affectant l’une des vannes du barrage.
Houcine Rmili a souligné que le barrage de Mellègue, mis en service en 1954, a aujourd’hui dépassé les 70 ans d’existence et que la plupart de ses composantes présentent des signes avancés de vétusté.
Il a rappelé que, selon les prévisions du ministère de l’Agriculture, cet ouvrage devrait être mis hors service en septembre 2026 et remplacé par le barrage de Mellègue supérieur, dont l’entrée en exploitation est prévue à la même période.
L’expert a expliqué qu’une opération de lâcher de 100.000 mètres cubes d’eau était initialement programmée au profit des périmètres irrigués de Jendouba pour les cultures saisonnières. Toutefois, une panne soudaine de la vanne a provoqué l’écoulement d’importants volumes d’eau vers les zones situées en aval du barrage.
Il s’est toutefois voulu rassurant, précisant que les eaux déversées, estimées à plus de 21 millions de mètres cubes, n’ont pas été perdues. Elles ont été acheminées vers l’oued Medjerda avant d’être stockées dans le barrage de Sidi Salem.
Selon lui, la principale préoccupation porte désormais sur les moyens de compenser ces volumes d’eau durant la saison estivale au profit des agriculteurs pratiquant les cultures saisonnières, qui devaient initialement bénéficier de ces ressources.
L’expert a également estimé que l’incident est survenu sur un ouvrage déjà largement envasé, dont près des trois quarts de la capacité sont occupés par les sédiments. Le barrage fonctionne ainsi davantage comme un réservoir d’eau que comme un barrage pleinement opérationnel, en attendant la mise en service du nouveau barrage de Mellègue supérieur.
De son côté, le ministère de l’Agriculture avait indiqué, dans un communiqué publié le 18 juin 2026, que la situation ne présentait aucun danger pour les riverains. Le ministère avait assuré que le lit de l’oued Medjerda était en mesure d’absorber l’ensemble des volumes d’eau écoulés entre Mellègue et le barrage de Sidi Salem.
Les inspections techniques réalisées ont par ailleurs confirmé que l’intégrité de l’ouvrage n’était pas menacée et que l’incident n’avait aucune conséquence sur la sécurité des citoyens ou des zones environnantes.



