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Economie

Billet – Gestion des ouvrages hydrauliques : Les barrages mis à rude épreuve

  • 23 juin 2026
  • 3 min de lecture
Billet – Gestion des ouvrages hydrauliques : Les barrages mis à rude épreuve

La Presse En Tunisie, la question de la sécurité des ouvrages hydrauliques s’impose aujourd’hui comme un enjeu central de la politique hydrique nationale, à mesure que les phénomènes climatiques extrêmes mettent sous pression les infrastructures existantes. L’objectif aujourd’hui est d’inscrire la sécurité des barrages dans une logique proactive, fondée sur la prévention plutôt que sur la gestion de crise.

Face aux inquiétudes liées à l’état de certains ouvrages anciens, les autorités devraient adopter de nouvelles règles strictes pour la surveillance et l’évaluation des barrages, et ce, afin de prévenir tout risque d’incident.

Le parc hydraulique tunisien est soumis à des pressions inédites et subit une fatigue structurelle accrue. Le remplacement des vannes anciennes et la modernisation des mécanismes de vidange nécessitent des investissements colossaux pour garantir la continuité du stockage et limiter les pertes économiques.

La panne technique survenue récemment au niveau de la vanne du barrage de Mellègue a entraîné une hausse du niveau des eaux et leur déversement vers l’Oued Medjerda.

Selon l’ingénieur et expert en ressources en eau, Mohamed Salah Glaïed, la protection des barrages commence en amont. Pour lui, « la durée de vie d’un grand barrage varie entre 50 et 100 ans. Elle dépend essentiellement de plusieurs paramètres, notamment morphologique, topographique, écologique de son bassin versant. Les bassins versants bien entretenus diminuent les apports solides et augmentent la durée de vie d’un barrage ».

Sur l’incident technique survenu au barrage du Mellègue, l’expert a précisé, dans une déclaration accordée à un média privé, que celui-ci, « qui dépasse les soixante-dix ans d’existence, aurait vraisemblablement atteint la fin de sa durée de vie théorique. Il sera prochainement remplacé par le barrage du Mellègue supérieur, dont le taux d’avancement des travaux s’élève à 98 % ».

Eu égard au rôle stratégique que joue le barrage du Mellègue, même après la mise en service de son successeur, «il ne sera pas mis hors service pour autant. Son entretien demeure indispensable, car il demeure un point de transit au cœur de l’interconnexion hydraulique Beni Mtir–Bouhertma–Sidi Salem ».

La gestion hydraulique requiert ainsi la disponibilité d’une infrastructure (barrages et canaux de transport d’eau) en bon état de fonctionnement, en mettant en œuvre les programmes d’entretien et de maintenance adéquats.

En effet, le patrimoine hydraulique national exige de plus en plus d’efforts en matière de maintenance et d’entretien, suivant les normes en vigueur, afin d’assurer son bon fonctionnement.

En plus des barrages, les programmes de maintenance et de réhabilitation des autres composantes de l’infrastructure hydraulique (canaux de transport, réseaux de distribution d’eau potable et d’irrigation) constituent un véritable défi pour la préservation et la sauvegarde du patrimoine hydraulique durant les années à venir.

C’est dire que l’amélioration de la sécurité hydraulique ne se limite pas à la protection des vies, elle est directement corrélée à la stabilité économique. Les barrages assurent l’irrigation de milliers d’hectares agricoles, la production d’électricité et la régulation des crues dans les zones urbaines. Selon les experts, une défaillance majeure d’un barrage stratégique pourrait coûter énormément en dommages directs et en pertes de production.

Auteur

Najoua Hizaoui

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