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Economie Monde

L’Éthiopie devient le 7e producteur mondial de blé avec une récolte record de 33 millions de tonnes

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  • 24 juin 2026
  • 3 min de lecture
L’Éthiopie devient le 7e producteur mondial de blé avec une récolte record de 33 millions de tonnes

L’Éthiopie a réalisé une percée spectaculaire dans la production de blé, se hissant au septième rang mondial après avoir porté sa récolte à 33 millions de tonnes en 2026, contre seulement 2,5 millions de tonnes il y a moins de dix ans, selon des données officielles.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a affirmé que l’objectif d’autosuffisance en blé, considéré il y a encore quelques années comme difficilement atteignable, est désormais devenu une réalité. Avec ce niveau de production, l’Éthiopie rejoint le Canada parmi les principaux producteurs mondiaux, alors que la Russie demeure en tête avec environ 102 millions de tonnes, devant les États-Unis (44,9 millions de tonnes).

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), la production mondiale annuelle de blé avoisine 790 millions de tonnes.

Un levier pour la sécurité alimentaire africaine

Cette progression est perçue comme une avancée majeure pour la sécurité alimentaire du continent africain, qui importe chaque année près de 8 milliards de dollars de blé, principalement de Russie et d’Ukraine. D’après la Banque africaine de développement, près de 90 % des échanges commerciaux de l’Afrique avec la Russie concernent les importations de blé.

Les observateurs estiment que cette réussite dépasse le cadre national. Alors que l’Afrique possède environ 60 % des terres arables inexploitées de la planète, elle continue d’importer près de 40 % de ses besoins alimentaires. Dans le même temps, la demande alimentaire progresse d’environ 3 % par an sous l’effet de la croissance démographique.

Près de 278 millions d’Africains, soit un habitant sur cinq, souffrent encore d’insécurité alimentaire. La pression démographique constitue ainsi un défi majeur pour les gouvernements du continent, confrontés à une hausse constante des dépenses de soutien aux produits alimentaires.

Une stratégie agricole payante

La transformation du secteur céréalier éthiopien s’appuie sur une stratégie lancée en 2019 par le ministère de l’Agriculture et l’Institut éthiopien de transformation agricole. Celle-ci vise à réduire les importations grâce au développement de l’irrigation hivernale et à l’augmentation des surfaces cultivées.

La FAO a salué l’efficacité de ces mesures qu’elle qualifie d’« audacieuses » pour stimuler la production nationale. Au cours des trois dernières années, l’Éthiopie a également introduit de nouvelles variétés de semences améliorées, renforcé l’utilisation des technologies numériques et de l’innovation agricole, créé des coopératives et fixé un objectif annuel de culture de 1,3 million d’hectares.

Une réussite après des décennies de sécheresse

Cette envolée de la production intervient après plusieurs décennies marquées par les sécheresses et les crises alimentaires qui ont touché une grande partie de l’Afrique de l’Est depuis les années 1980. Ces épisodes ont affecté notamment l’Éthiopie, la Somalie, le Kenya et le Soudan.

Pour les experts, cette réussite s’explique par une combinaison de facteurs : investissements dans les projets de sécurité alimentaire, adoption de pratiques agricoles durables, recours accru à la technologie, amélioration des infrastructures rurales et meilleure gestion des ressources en eau. Une expérience qui pourrait inspirer d’autres pays africains confrontés aux défis de la sécurité alimentaire et du changement climatique.

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Auteur

La Presse

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