À l’approche de la haute saison estivale, des informations largement relayées sur les réseaux sociaux ont laissé entendre que le ministère de l’Intérieur aurait décidé de supprimer les frais de stationnement dans l’ensemble des parkings situés à proximité des plages tunisiennes. Une affirmation qui a suscité l’enthousiasme de nombreux estivants, mais qui ne correspond pas à la réalité juridique.
Aucune décision générale du ministère de l’Intérieur n’a été prise pour abolir les frais de stationnement sur toutes les plages du pays. La gestion des parkings relève en effet des compétences des collectivités locales, qui peuvent en confier l’exploitation à des opérateurs dans le cadre de concessions ou de procédures réglementaires prévues par la législation en vigueur.
L’origine de cette confusion provient essentiellement des récentes campagnes de contrôle menées sur le littoral tunisien. Les autorités ont multiplié les opérations visant à lutter contre les exploitations anarchiques du domaine public et les prélèvements illégaux imposés aux vacanciers.
Les services de l’État ont notamment rappelé que l’accès aux plages tunisiennes demeure un droit garanti à tous les citoyens. Le domaine public maritime ne peut être privatisé, ni faire l’objet d’une appropriation exclusive par des établissements touristiques, des cafés ou des exploitants privés.
Ainsi, aucun établissement ne peut légalement exiger un paiement pour accéder à la plage, s’installer sur le sable ou profiter de la baignade. Les campagnes de lutte contre l’occupation anarchique du littoral visent précisément à préserver ce principe de libre accès.
La situation est toutefois différente pour les parkings automobiles. Contrairement à l’accès aux plages, le stationnement n’est pas systématiquement gratuit. Les municipalités disposent de la possibilité d’organiser l’exploitation des parkings à travers des concessions attribuées conformément aux procédures administratives et aux appels d’offres.
Dans ce cadre, les tarifs appliqués doivent être officiellement approuvés et la perception des redevances doit être accompagnée de tickets ou de justificatifs permettant d’identifier l’exploitant autorisé.
En revanche, les individus qui s’installent de manière informelle à proximité des plages et réclament des sommes d’argent sans autorisation légale exercent une activité considérée comme illégale. Ce sont ces pratiques qui font actuellement l’objet des interventions des services de contrôle et des forces de sécurité.
Dans certaines zones côtières, des municipalités ont effectivement annoncé la gratuité des parkings en raison de l’absence d’un exploitant légal ou de l’inachèvement des procédures d’attribution des concessions. Dans ces cas précis, les citoyens sont invités à ne verser aucune somme aux gardiens informels ou aux personnes occupant illégalement ces espaces.
Face à cette situation, les autorités recommandent aux estivants de vérifier l’existence d’un ticket officiel ou d’un document portant le cachet de la municipalité ou de l’organisme autorisé. L’absence de justificatif ou toute tentative de pression pour exiger un paiement peut être signalée aux unités sécuritaires ou aux autorités locales compétentes.
Au final, la gratuité de l’accès aux plages tunisiennes constitue un principe juridique clairement établi. En revanche, les frais de stationnement ne sont pas automatiquement supprimés. La véritable distinction se situe entre les parkings légalement exploités dans le cadre de concessions municipales et les pratiques anarchiques de perception d’argent qui demeurent interdites par la loi.
R.I



